Christophe Perreault

Tomas Tatar est un pari intéressant pour le Canadien

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Il ne faut pas se tromper, Nick Suzuki est la pièce maîtresse de l’échange de Max Pacioretty. Par contre, ça ne veut pas dire que Tomas Tatar et le choix de deuxième ronde n’ont pas de valeur. En partant, grâce à la rétention de salaire précise, on sait que l’ancien attaquant des Red Wings a été inclus pour égaler les salaires cette saison.

Tatar sera aussi très important pour la stratégie de relations publiques du Tricolore sur deux aspects. Tout d’abord, la direction refuse de parler de reconstruction et à ce chapitre, l’attaquant de 27 ans va un peu prendre le rôle de Max Pacioretty. Bien évidemment, il ne sera pas aussi efficace, mais il reste un marqueur de top six sur les ailes, ce qui comble en partie le départ du capitaine.

Ensuite, il est le seul atout de cet échange qui est assuré de commencer la saison à Montréal. Si la direction croit que le meilleur geste pour le développement de Nick Suzuki est de le renvoyer dans la OHL (ce qui semble être le cas), ils pourront le faire sans avoir à se soucier du fait qu’il ne resterait rien de l’échange de Pacioretty dans l’alignement actuel. Ultimement, ce n’est pas la fin du monde, mais quand tu vends que ce n’est pas une reconstruction, c’est une autre histoire.

Heureusement, Tomas Tatar n’a pas seulement une utilité marketing. C’est aussi un bon joueur de hockey qui, comme Pacioretty, vient de connaître une mauvaise saison. Il faut dire qu’il a commencé l’année avec les putrides Wings, qui voulaient clairement l’échanger, et qu’il l’a fini avec Vegas, où il ne fittait pas avec le système malgré la pression qui venait avec le prix ridicule que les Golden Knights avaient payé pour ses services (des choix de 1re, 2e et 3e ronde). On était donc très loin des circonstances idéales.

Malgré ça, il a trouvé le moyen d’atteindre la marque des 20 buts pour une quatrième campagne consécutive. La saison avant le début de cette séquence, il en avait marqué 19 en 73 matchs, donc c’est un gars assez stable à ce niveau. Lorsqu’on plonge un peu plus loin dans les chiffres de la dernière saison, on voit que ses problèmes à Vegas sont en partie liés à un PDO qui a crashé, ce qui laisse souvent entrevoir un rebond la saison suivante.

C’est donc dire que Marc Bergevin vient de mettre la main sur un atout sous-évalué et même s’il ne cadre pas avec la fenêtre dans laquelle le Tricolore va pouvoir se remettre à rêver à la Coupe Stanley, c’est la job du DG de faire des acquisitions du genre. En plus, son contrat fait en sorte que s’il n’y a pas de conflit de travail en 2020, il sera très facile à échanger parce qu’après lui avoir versé un peu plus de 90% de son bonus de signature le 1er juillet, Montréal devra le payer un peu moins de 2,89 M$ au cours de la saison malgré son impact salarial de 5,3 M$. Il n’a également pas de clause de non-échange parce qu’elle ne l’avait pas suivi de Detroit à Vegas.

Bref, Tomas Tatar n’est pas un sauveur et il n’est pas aussi bon que Max Pacioretty, mais ça reste un bon ailier de deuxième trio qui a été obtenu alors que sa valeur était plancher. Il rendra donc des services honnêtes au Canadien dans un rôle similaire à celui de Pacioretty avant de probablement se faire échanger comme joueur de location en 2021.