Une adversaire gênante pour Marie-Ève Dicaire ?

Crédit photo - Capture d'écran Instagram

Marie-Ève Dicaire l’a annoncé cette semaine: elle disputera la première défense de son titre le 23 mars.

La boxeuse québécoise est devenue championne IBF des super-mi-moyens le 1er décembre dernier. Elle tentera de conserver sa ceinture devant ses partisans, au Casino de Montréal.

L’athlète de 32 ans fera face à Lina Tejada. La pugiliste dominicaine possède une fiche de 12 victoires et 5 défaites. Celle qui aura 26 ans lors du combat a perdu deux de ses trois plus récents affrontements.

 

Une boxeuse de seconde classe

Marie-Ève Dicaire l’a avoué elle-même en conférence de presse cette semaine: elle n’a pas été emballée lorsqu’elle a vu la fiche de son adversaire.

La Québécoise affirme cependant qu’après avoir visionné certains combats de sa future adversaire, elle a changé d’opinion. Le style de Tejada lui a rappelé Marisa Gabriela Nunez, celle contre qui Dicaire a connu son plus difficile combat en carrière. Le 15 février 2018, la boxeuse québécoise avait dû se contenter d’une victoire par décision partagée contre Nunez.

Marie-Ève Dicaire estime que son combat face à Tejada permettra de se prouver à elle-même et au reste du monde qu’elle peut tenir tête à une boxeuse au style hargneux comme Tejada et Nunez.

Dans le Journal de Montréal, le chroniqueur Réjean Tremblay met en lumière ce matin qu’en plus d’avoir une fiche ordinaire, Lina Tejada a remporté l’ensemble de ses victoires contre des boxeuses médiocres ou sans expérience.

En effet, lorsqu’on regarde les précédentes adversaires de Tejada, on n’a pas l’impression qu’elle a remporté une seule victoire contre une boxeuse intéressante.

Les 12 victoires de Lina Tejada

  • Rocio De Leon : 1-21-2
  • Diana Garcia Dominquez : 14-26-0
  • Rossy Gonzalez : 0-2-0
  • Maribel Batista : premier combat professionnel
  • Yoseidy Zarzuela : 2-11-0
  • Ana de la Rosa :  premier combat professionnel
  • Zuleidy Diaz : 0-12-0
  • Manuela Vargas : 0-2-0
  • Victoria Almonte : premier combat professionnel
  • Gloribel Perez : premier combat professionnel
  • Magolia Ramirez : 0-2-0
  • Rocio De Leon : 0-13-1

On constate donc que 9 de ses 12 victoires ont été remportées contre des adversaires qui n’avaient jamais remporté un seul combat professionnel. Disons que c’est bien faible pour une boxeuse qui se retrouve à disputer un combat de championnat du monde.

 

Marie-Ève Dicaire et Yvon Michel ne sont pas à blâmer

L’idée n’est pas de ternir l’image de Marie-Ève Dicaire. La boxeuse québécoise a pleinement mérité son titre de championne du monde. C’est une boxeuse redoutable, qui possède en plus un charisme indéniable et qui s’exprime avec aisance.

Selon Réjean Tremblay, le promoteur Yvon Michel n’avait pas l’embarras du choix quant à la prochaine adversaire de Marie-Ève Dicaire. La boxeuse québécoise n’a malheureusement pas encore acquis la réputation suffisante pour remplir le Centre Bell ou le Centre Vidéotron.

L’autre problème, c’est que les boxeuses de premier plan chez les super-mi-moyens sont très peu nombreuses. Et apparemment, aucune d’entre elles n’était disponible à court terme pour affronter la Québécoise.

 

Que faire ?

En fin de chronique, Réjean Tremblay suggère à Marie-Ève Dicaire de tempérer son enthousiasme face à son prochain combat. Sur ce point, je suis en complet désaccord.

Premièrement, Marie-Ève Dicaire a réussi à gagner en popularité au cours de la dernière année par ses performances, mais aussi par sa personnalité positive et dynamique. On ne veut surtout pas qu’elle modifie ça : c’est son ADN.

Ensuite, si elle se met à réduire la valeur de ses adversaire en entrevue, elle va se tirer dans le pied. Premièrement, c’est un manque de respect pour les autres boxeuses et deuxièmement, ça ne va certainement pas l’aider à faire grimper sa popularité.

Il faut être conscient que la boxe est une business. Marie-Ève Dicaire et son promoteur doivent vendre des billets. Ils ne réussiront pas s’ils tiennent des propos tièdes en parlant des rivales de la Québécoise. Tout ce que le clan Dicaire peut faire, c’est faire de son mieux pour attirer des adversaires intéressantes en multipliant les apparitions médiatiques et en s’assurant que l’athlète continue de tout donner à l’entraînement. Sur ce point, on ne saurait douter que le nécessaire sera fait.

Chose certaine, on ne peut certainement pas reprocher à Marie-Ève Dicaire d’être enthousiaste et de tout faire pour attirer les amateurs à chacun de ses combats.