Procès Jimmy Boisvert: cris, leggings roses et justifications bidons

Crédit photo - Sylvain Mayer / Le Nouvelliste

Le procès de Jimmy Boisvert se déroule cette semaine à Trois-Rivières.

L’ex-entraîneur de Simon Kean est accusé d’agression sexuelle et jeudi, sa présumée victime a raconté sa version des faits.

Un article du Nouvelliste nous raconte en long et en large le témoignage de la jeune femme.

En 2017, cette dernière s’entraînait au Club de boxe Performance, dont Jimmy Boisvert avait la responsabilité. L’entraîneur aurait fourni quelques conseils à la femme de 31 ans, mais leurs échanges se seraient arrêtés là, puisqu’elle était entraîné par quelqu’un d’autre.

Le 18 novembre 2017, la boxeuse était présenté à un gala de boxe au Club Performance où elle était venue encourager des pugilistes. Jimmy Boisvert l’aurait ensuite invitée à aller fêter avec l’équipe au bar La Petite Grenouille, dont il était propriétaire.

Agression au sous-sol

Là-bas, il aurait commencé à lui faire des avances sexuelles, lui demandant entre autres si elle criait aussi fort au lit que lorsqu’elle assistait à un match de boxe. La jeune femme aurait répliqué qu’elle était intense dans toutes les sphères de sa vie. Jimmy Boisvert aurait répliqué qu’il aimerait la faire crier au lit. Il lui aurait carrément demandé si elle avait déjà pensé coucher avec lui. Ce à quoi, la boxeuse a répondu qu’elle le trouvait bel homme et qu’il pourrait voir la réponse dans ses yeux. La conversation se serait toutefois arrêtée là.

Un peu plus tard, Jimmy Boisvert l’aurait invitée à aller voir son premier gymnase de boxe, dans le sous-sol du bar. c’est à ce moment qu’il aurait tenté de l’embrasser et aurait même passé ses mains dans ses leggings afin de lui caresser les fesses. La présumée victime aurait détourné son visage et se serait raidie. L’entraîneur aurait toutefois poursuivi ses attouchements en tentant d’atteindre ses parties génitales, mais aurait arrêté lorsque la jeune femme lui a dit qu’elle était menstruée.

À ce moment, Jimmy Boisvert aurait sorti son sexe en lui demandant de le toucher. La plaignante affirme qu’à ce moment, elle a crié : « c’est assez! ». L’entraîneur de boxe lui aurait ensuite demandé de ne pas parler de cet incident à personne. La jeune femme serait remontée au bar et serait partie se réfugier aux toilettes afin de reprendre ses esprits.

Des excuses bidons

Plus tard dans la même soirée, Jimmy Boisvert l’aurait encore abordée. Il lui aurait touché le dos et les cuisses, tout en continuant ses avances sexuelles. L’entraîneur lui aurait demandé si elle aimerait coucher avec un homme marié. Elle affirme avoir refusé et tenté de quitter les lieux sur-le-champ. Jimmy Boisvert l’aurait alors embrassée dans le cou et lui aurait mordu les oreilles, avant de lui dire de ne pas revenir dans son gym avec ses « petits leggings roses. »

Les deux jours suivants, le présumé agresseur aurait écrit à la jeune femme sur Messenger en s’excusant d’avoir été « tannant ». Il a toutefois ajouté que c’était de sa faute à elle, parce qu’elle l’avait excité avec ses cris durant le gala.

Quelques jours plus tard, la boxeuse a porté plaine à la police et a cessé d’aller s’entraîner au Club Performance.

Mon grain de sel

Le procès de Jimmy Boisvert est couvert par plusieurs médias et je pense qu’il serait important que certains fassent plus attention au choix de mots qu’ils utilisent. Dans quelques articles, en français comme en anglais, on peut lire que la jeune femme aurait été agressée « à cause de ses leggings ».

Même s’il s’agit de paroles de Jimmy Boisvert, je suis d’avis qu’il faut éviter d’utiliser cette formulation, surtout dans un titre et surtout sans les guillemets. Ça lance le message que l’habillement d’une femme peut être la cause d’une agression et ça, c’est tout simplement inacceptable. Une agression est toujours la faute de l’agresseur, jamais de la victime.