Calem Burger

Édito: Mettons fin à la glorification de la violence

Crédit photo - Toronto Star

Avant même d’écrire ces lignes, je sais qu’elles susciteront la désapprobation de plusieurs amateurs de sports.

Je tiens toutefois à le clamer haut et fort: il faut mettre fin aux sports de combat.

 

Adonis Stevenson: de Lex Luthor à Superman

L’incident de samedi au Centre Vidéotron est d’abord et avant tout un drame humain.

Qu’on l’aime ou pas, Adonis Stevenson lutte actuellement pour sa vie et pour sa qualité de vie. La seule réaction possible est d’offrir notre soutien à lui, ses 5 enfants, sa famille et ses amis.

On ne peut souhaiter à personne ce qui est arrivé aux boxeur cette fin de semaine. Oui, il a opéré un réseau d’escortes. Oui, il a battu des prostituées. Il n’est pas question ici de diminuer la gravité de ces crimes ni l’impact de ceux-ci sur les victimes. Il y a une vingtaine d’année, Adonis Stevenson a posé des gestes horribles. Des gestes pour lesquels il a été emprisonné d’ailleurs.

Néanmoins, ces gestes ne justifient en rien les commentaires de haine qui circulent depuis samedi soir sur les médias sociaux. Jusqu’à preuve du contraire, Adonis Stevenson a payé pour ses crimes et a tenté de rebâtir sa vie de A à Z. Il a réussi un changement de direction louable qui doit être salué.

Car ne l’oublions pas: l’objectif d’une peine d’emprisonnement n’est pas seulement punitif. Le but est aussi et surtout la réhabilitation de la personne incarcérée. Et de ce côté, on ne peut que saluer la manière dont Adonis Stevenson a effectué son nouveau départ.

Celui-ci a réussi à donné un nouveau sens à sa vie, à réellement repartir à neuf après avoir atteint le fond du baril.

Il est passé du rôle du méchant Lex Luthor à celui de Superman.

 

Ensemble pour Adonis et contre la boxe

S’il faut être solidaire envers le boxeur et ses proches, il y a un ennemi à abattre et il s’agit de l’apologie de la violence.

Peu importe les règles, l’arbitre, le décorum et le support médical, il en demeure pas moins que l’objectif de la boxe est de briser physiquement un adversaire. C’est le seul but d’un boxeur ou d’une boxeuse qui monte dans un ring.

Bien sûr, il y a de la violence au hockey, au football et dans de nombreux autres sports. Le problème, c’est que des ces disciplines, la violence est accessoire et, avec la volonté nécessaire, elle peut être éradiquée.

On ne peut éradiquer la violence de la boxe. Elle est au cœur même du sport. Elle est la raison d’être de cette discipline. Plus tu frappes fort ton adversaire, plus tu lui fais mal, plus tu as de chances de gagner. Le lien est direct. Tu réussis à lui passer le KO? Bravo! Tu a gagné ton combat. C’est ainsi que fonctionne la boxe.

Comme tout sport, la boxe permet le dépassement de soi, mais c’est surtout au détriment de l’adversaire. C’est le dépassement de soi en écrasant l’autre physiquement. Ce n’est pas un sport sain. Regarder une personne brutaliser un autre être humain ne doit pas être un divertissement.

Si la violence est présente dans d’autres sports, il faut mettre les efforts pour la réduire le plus possible, voire l’éliminer complètement. Pour la boxe et les autres sport de combat, il n’y a pas d’autre solution que de souhaite la fin de leur existence.

Parce que oui, je suis conscient que ce n’est pas un problème qui touche seulement la boxe. C’est la même chose pour les MMA, le Muay Thaï et les autres sports où l’objectif est de tellement faire mal à son adversaire qu’il ne puisse plus tenir sur ses deux jambes.

Au hockey, si un joueur tente de blesser un adversaire, l’arbitre a comme mission de le punir en l’envoyant au banc des pénalités. Dans un ring, plus le coup est violent, plus la foule acclame celui qu’il l’a porté.

 

Faire de la place pour les sports sains

L’idée n’est pas de mettre fin au sport en général, mais de mettre de côté ceux qui sont malsains. Si le public détourne son attention de la boxe et du UFC, il aura plus de temps pour regarder des sports amateurs qui ne jouissent pas des gros revenus publicitaires.

Vous savez, ces sports qu’on regarde une fois aux quatre ans? Les athlètes ne compétitionnent pas seulement une fois aux quatre ans. Ils s’exécutent plusieurs fois par année, bien souvent loin des projecteurs.

C’est sûr que le sport de haut niveau, ça use le corps prématurément. Faire un marathon, ce n’est pas une activité saine pour le corps humain, mais au moins le marathonien ne cause pas de tort à quelqu’un d’autre que lui. Comme tout sport, il s’agit d’un choix personnel, sauf que celui qui le pratique est complètement maître de son destin.