Warrior, ou comment lancer la mode des films de MMA

Rumeurs

Le mardi 30 août dernier, l’équipe du 25stanley.com a été invitée au visionnement de presse du film Warrior au Cinéma Banque Scotia. Voici donc la critique de ce film à saveur MMA de Martin ITFOR de La Vie Est Une Puck. Pour visionner la bande-annonce du film, cliquez ici.

Bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis ces VHS de «combats ultimes» qu’on retrouvait au milieu des années 90 dans les club-vidéos, caché à quelque part entre dans les cassettes de lutte. Vous savez, ces vidéos de Mixed Martial Arts au stade préembryonaire avec plus ou moins de règles du genre pas de gants et où le sang coulait à flot. On est passé d’un sport très controversé sans trop de règles unifiées à une industrie qui de nos jours génère des millions de dollars et qui est en soi le sport le plus en expension dans le monde. J’ai d’ailleurs eu la chance de travailler assez longtemps dans un gym pour voir la transition lente des fans de lutte en fans de MMA. De nos jours, on retrouve des centaines de produits dérivés de MMA, figurines, jeux vidéos et surtout ces vêtements qui font en partie de l’identité MMA en tant que tel. Il est donc normal dans ce mouvement de voir poindre à l’horizon des superproductions hollywoodiennes avec ce jeune sport à l’avant-plan. C’est le cas de Warrior de Gavin O’Connor.

D’emblée, j’ai l’impression qu’on a fait le tour il y a longtemps des films basés sur des sports de combats et le MMA n’a que très peu de chance de trouver une nouvelle manière de réeinventé une roue si bien représentée par des films remarquables du passé comme Rocky ou bien certainement le grandiose Raging Bull. Après tout, qu’est-ce qu’on y trouve de plus souvent qu’une quête, une quête souvent de rédemption, de gloire, de vengeance ou les trois mélangés.

C’est donc dans la facture que tout doit se jouer et je crois que pour lancer en grandes pompes le style «film de MMA», on a fait appel au bon réalisateur. Il y a quelques années, Gavin O’Connor a réalisé Miracle, vous vous rappelez ce film à propos de la médaille d’or américaine des Jeux de 1980 si efficace en construction de mythe qu’on en oublie la perruque de Kurt Russell à l’écoute. Et bien O’Connor a certainement été le bon choix pour introduire dans l’univers cinématographique le MMA avec de la viande. Il a d’ailleurs déjà produit un documentaire pour HBO sur le MMA, plus particulièrement à propos du combattant Mark Kerr, The Smashing Machine. Alors il connait son affaire.

Warrior, bien au-delà du MMA, c’est avant tout l’histoire d’une famille brisée dont le père, sobre après un passé trouble qui l’a isolé de ses deux fils, est joué un Nick Nolte viellit (ou rendu vieux). Parce que si il y a une chose à retenir dans tout ça, c’est que le sport c’est seulement le maquillage. Le film se déroule en racontant en parallèle l’histoire de ces deux frères ayant vécu séparément depuis des années et qui ont des raisons différentes de se retrouver sur un ring et de performer à tout coup. Les deux se retrouveront (parce qu’ils ne se croisent que très tard dans le film) dans un immense tournoi dont le vainqueur emportera 5 million de dollars et le perdant ne remportera rien. En plus de ces frères, un méchant russe (référence au vénérable Rocky IV? En plus qu’il porte les couleurs (Tapout) de l’URSS) joué par le lutteur Kurt Angle qui est apparemment imbattable prendra part au tournoi dans ce qui sera ses premiers combats en Amérique…

C’est ici dans le scénario que tout aurait pu foutre le camp mais où le génie de la réalisation et de la scénarisation prend le dessus. On a suivi l’histoire des frères, une histoire difficile sur fond de retour de l’Iraq et de crise immobilière et on se retrouve au tournoi. Surprenament, on ne tombe pas dans le piège qu’aurait pu être le tournoi en prenant des allures de Bloodsport ou même de Mortal Kombat. On reste dans la vraie vie… Le tournoi ne se déroule pas dans un endroit mystico-mystérieux avec un méchant maître du tournoi, on ne voit le d’ailleurs promoteur qu’en fond car il n’a pas rapport à l’histoire, pas d’adversaires caricaturaux sortis d’une BD et non plus de déviation du scénario déjà chargé de l’histoire des deux frères. Le tournoi n’est peut-être qu’un apparat mais c’est d’ailleurs lors de ces scènes de tournoi que je me suis vraiment surpris à aimer ce film pour une seule raison, il y a un enjeu à la fin… On vient vraiment à se demander, après ces deux histoires de vie, donc la construction de deux héros un peu puckés, comment le tournoi va se terminer, qui va gagner ou comment ça va finir sur le plan humain… C’est en soi un brillant tour de force…

Il y avait des choses pas trop réalistes, j’ai interviewé par exemple des combattants de MMA après un combat et je doute fort à la vue des veines qui voulaient leur sortir de la tête qu’il aurait pu se battre une seconde fois le même jour, mais on a affaire à un excellent film captivant. (Quoi qu’on m’a dit depuis que ça se fait au Japon des tournois de la sorte.) En plus d’un très bon scénario et d’une production efficace où les scènes de combats sont rapides et violentes, donnant justice à ce jeune sport, la performance des deux acteurs personnifianttt ces frères, Tom Hardy et Joel Edgerton, est asseconvaincantete que je me suis surpris en revenant à la maison de vérifier s’ils faisaient vraiment du MMA…

Bref, Warrior est un film très efficace qui semble très bien faire un portrait réaliste de son sujet et qui mettra probablement pour l’avenir la barre assez haute pour les autres films de MMA qui viendront certainement dans un futur rapproché…