Les chiffres de la Coupe du Monde 2014 du Brésil sont dégueulasses

Rumeurs
Screen shot 2014-07-15 at 1.06.29 PM

Le party de la Coupe du Monde au Brésil est maintenant terminé et j’ai peur que le lendemain de veille du pays hôte soit désastreux. Et je ne vais même pas aborder les impacts psychologiques de la déconfiture de l’équipe sur le terrain. Je dresse seulement les conséquences financières.

Dépense : 14 milliards

Au niveau des dépenses (ou investissement selon la FIFA) pour organiser cet événement, le gouvernement du Brésil a craché 14 milliards. Au lieu d’investir ces gros dollars de fonds publics pour développer le pays, améliorer les soins de santé ou au pire donner l’accès à 50 % de la population rural aux services essentiels comme l’eau courante et l’électricité, on a construit des stades, des hôtels et amélioré la sécurité au goût des dirigeants de la FIFA. Du côté positif, les services de transport, comme les aéroports, ont été améliorés.

Revenu : 4,5 milliards

La Coupe du Monde 2014 a généré des revenus de 4,5 milliards grâce aux commandites, aux droits de diffusion télé, vente de billets, produits dérivés, etc. Ce montant ne retourne pas dans les poches du gouvernement brésilien. Il va dans les coffres de la FIFA. Notez que cet organisme « à but non lucratif» a des réserves de 1,4 milliard en argent liquide.

Salaire : 400 millions

Environ 1 % des revenus générés par la FIFA sont redistribués aux équipes. Des 400 millions accordés aux clubs, 70 millions sont donnés directement aux joueurs. Chacun des 736 joueurs participants à cette Coupe du Monde reçoit 2 800 $ par jour qu’ils sont au tournoi. De plus, les 32 équipes qualifiées reçoivent chacune 1,5 M$ pour payer leurs déplacements, leurs frais d’entraînement et autres dépenses courantes.

Bonus : Max de 35 millions

Chaque équipe reçoit un montant en fonction de ses performances; il va à la fédération de soccer du pays. La distribution des revenus est à la discrétion de l’organisation. En gagnant le mondial, l’Allemagne a touché un bonus de 35 millions de la FIFA. Le club a décidé de verser 400 000 $ à chacun de ses joueurs pour leur exploit. Voici les autres montants accordés aux clubs de la Coupe du Monde 2014.

Gagnant : 35 M$
Finaliste : 24 M$
3e place : 20 M$
4e place : 18 M$
Quart de finale : 14 M$
16e de finale : 9 M$
Première ronde : 8 M$

Au moins, l’équipe de foot du pays hôte ne part pas les mains complètement vides. Ils ont une somme de 18 M$ pour se payer une nouvelle équipe d’entraîneurs. Le sélectionneur Scolari a démissionné/congédié hier.

Retombées économiques : 90 milliards ou 5 milliards?

Là, on tombe dans du gros n’importe quoi. Pour justifier ces folles dépenses, le ministre du Sport du Brésil, Aldo Rebelo, a mentionné qu’il s’attend à voir  90 milliards de plus dans son PIB au cours des 10 prochaines années. La FIFA ajoute que les nouveaux stades vont augmenter les assistances des futurs matchs de soccer au Brésil. Faut-il croire les propos des bonzes de cette Coupe du Monde 2014?

Détruisons tout de suite l’argument de la FIFA concernant les assistances. Un nouveau stade, nommé Arena da Amazonia, a été construit au milieu de nulle part au coût de 303 M$. On l’a utilisé 4 fois pour le remplir de 40 000 spectateurs. La 2e vie de ce stade sera quoi? On tente de nous faire croire que ce stade va accueillir une équipe de division-4 qui habituellement joue devant une foule de 1 500 personnes. Comment cette équipe va-t-elle réussir à profiter de ce nouveau domicile qui vient avec des frais d’opération et d’entretien qui devraient s’élever à 250 000 $ annuellement? Il a définitivement des éléphants blancs qui vont pousser dans cette région du Brésil.

Un économiste allemand, Markus Kurscheidt, a évalué les retombées économiques de la Coupe du Monde de 2006, qui a eu lieu en Allemagne. Selon ses calculs, à la fin de 2021, cette Coupe du Monde de 2006 aura des retombées économiques de 5 milliards de dollars. Actuellement, on est à 3 milliards, mais il faut être d’accord que l’impact s’essouffle après 8 ans. Je me demande comment les gens du Brésil et de la FIFA ont fait pour arriver à 90 milliards? Peut-être qu’ils faisaient leur meeting aussi sérieusement que dans la télésérie Mad Men, soit complètement saoul.

Quand on regarde tout cela, c’est évident que les dirigeants du Brésil ont dépensé comme un mec en manque de sexe pâmé devant les faux seins d’une barmaid qui lui fait croire qu’acheter une bouteille de champagne va faire en sorte qu’elle va finir sa soirée avec.

Si vous n’êtes toujours pas convaincu du «evilness» de la FIFA, je vous invite à écouter ce plus que parfait monologue de l’animateur John Oliver. Il dure 13 minutes. Chaque seconde mérite d’être entendu.

John Olivier: FIFA and the World Cup