Le mythe du défenseur robuste qui peut nettoyer le devant du filet

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Depuis quelques années, une des critiques que plusieurs amateurs ont envers le Canadien est le manque de robustesse de l’équipe, particulièrement à la ligne bleue. Alexei Emelin tient le fort depuis un bon moment à ce niveau et le peu d’aide qu’il a reçu est venu de Douglas Murray.

Ce débat a été relancé la semaine dernière lorsque l’équipe a fait l’acquisition de Bryan Allen, ce qui a forcé la rétrogradation de Beaulieu à Hamilton. Les fans de robustesse étaient heureux de voir Allen arriver en renfort alors que plusieurs fans se plaignaient du développement de Beaulieu encore une fois ralenti.

Il faut dire que bien que la robustesse soit encore apprécié par les amateurs, cet aspect du jeu a perdu de l’importance avec les nouveaux règlements de la LNH. On voit beaucoup moins de gros double-échec pour nettoyer le devant du filet ou d’obstruction contre les joueurs adverses trop rapides. Donc, ce n’est pas parce qu’un joueur est robuste qu’il amène les résultats auxquels on est habitué pour ce genre de défenseur.

On peut mieux le voir grâce aux Hextally de l’excellent site War-on-ice. Un Hextally nous permet de voir d’où viennent les lancers accordés lorsqu’un joueur en particulier est sur la glace à égalité numérique. On peut comparer la performance lorsqu’un joueur est sur la glace à celle de l’équipe lorsqu’il est au banc. Dans ce cas-ci, nous allons comparer les Hextally de deux défenseurs anonymes du Canadien pour comparer leurs résultats.

Défenseur 1

Défenseur 1

Défenseur 2

Défenseur 2

La patinoire gauche du graphique nous montre les lancers accordés lorsque le défenseur est sur la glace alors que la patinoire de droite nous montre lorsque le joueur en question est au banc. Les chiffres sont là pour comparer leur performance au reste de la LNH. Si un chiffre est en bas de 1, c’est que le joueur accorde moins de lancers à partir de cette zone que la moyenne de la ligue. Si c’est au-dessus de 1, c’est qu’il en accorde plus de cette région.

Le chiffre le plus près du filet représente les zones à plus haut risque. Le chiffre au milieu représentent les lancers à risque moyen alors que celui en haut à gauche représente les lancers avec un risque faible de déjouer le gardien. La séparation de ces zones est faite ici, mais en gros, le haut risque représente la slot alors que le risque moyen représente le reste des chances de marquer. Les lancers à risque faible comptent tout le reste.

Donc, maintenant qu’on peut comprendre le graphique, on voit que le défenseur 1 excelle pour limiter les lancers de la slot alors que le reste de l’équipe en arrache drôlement quand il n’est pas sur la glace. Pour le reste des chances de marquer, il fait mieux que la moyenne de la LNH, mais moins bien que ses coéquipiers qui dominent cette partie de la glace, probablement grâce au schéma défensif de Therrien. Pour les autres lancers, il fait à peu près comme le reste de l’équipe et de la LNH.

Lorsqu’on se tourne vers le défenseur numéro 2, on voit qu’il est une étoile éviter les chances de marquer à l’exception de la zone hautement à risque. Il est également meilleur que la moyenne de la ligue et de ses coéquipiers pour les lancers à faible risque. Là où ça se gâte, c’est dans la slot où il fait définitivement moins bien que ses coéquipiers et que le reste de la ligue.

Si l’on avait à deviner qui étaient ces 2 défenseurs, on penserait que le premier est le maître pour libérer le devant du filet et qu’il se débrouille bien contre les chances de marquer. On penserait donc instinctivement à un gros défenseur capable de faire sa loi dans sa zone.

Le 2e défenseur est capable de limiter à peu près tous les lancers sauf les plus payants où il n’arrive clairement pas à s’établir. On penserait donc à un défenseur rapide, mais un peu faible pour vider le devant du filet. Je te laisse donc deviner qui sont les deux défenseurs.

Tu reçois un morceau de robot si tu avais deviné Tom Gilbert pour le défenseur 1. En effet, celui que l’on ne cesse de critiquer pour ses revirements et son jeu défensif est un des meilleurs défenseurs de l’équipe pour éliminer les lancers accordés à haut risque. Il fait également mieux que le reste de la LNH pour les autres chances de marquer. C’est bizarre avec ce qu’on entend à son propos cette saison.

Le 2e défenseur est plus facile à deviner étant donné l’introduction. Il s’agit d’Alexei Emelin, le gros défenseur robuste du Canadien. Le Russe n’est pas mauvais dans sa zone, mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, il en arrache énormément dans l’enclave. C’est juste un rappel que ce qui était vrai avant 2005 ne l’est peut-être plus en 2014 et que la valeur des défenseurs robustes avec une carence au niveau du coup de patin en a pris un coup au passage. Ils ont encore une valeur, mais libérer le devant du filet n’en fait plus partie.