Des joueurs de la LNH se préparent déjà pour le prochain lock-out

Avec la convention collective qui vient à échéance en septembre 2022, c’est beaucoup trop tôt pour parler du prochain lock-out. Ceci étant dit, c’est difficile de ne pas s’apercevoir que certains des meilleurs joueurs de la LNH se préparent déjà pour le prochain conflit de travail, qui devrait avoir lieu en 2020 alors que l’association des joueurs et la ligue auront une clause de sortie.

Pour un joueur de la LNH, la meilleure façon de se protéger contre un lock-out est un bonus de signature lors de la saison du conflit de travail. Ces bonus sont distribués le premier juillet et le lock-out commencerait en septembre. Comme leurs chèques de paie normaux commencent à arriver en octobre, c’est la seule façon de recevoir un peu d’argent de la LNH en cas de conflit de travail.

Depuis le dernier lock-out, 45 joueurs ont signé un contrat qui sera encore en vigueur en 2020-21 (la première saison menacée par le prochain lock-out). Dans le groupe, 17 gars ont des bonus de signature d’au moins 1 M$ pour cette saison-là. Ça veut dire que plus que le tiers des joueurs sous contrat recevront un peu d’argent en cas de conflit de travail.

Deux joueurs (Gallagher et Tarasenko) ont opté pour une autre sorte de protection. Les deux ont un contrat avec un salaire clairement inférieur pendant l’année menacée par le lock-out. Tarasenko s’est même protégé en 2022-23 juste au cas. Lors de ces deux saisons, l’attaquant des Blues fera 5,5 M$, ce qui est une bonne baisse de salaire par rapport au 9,5 M$ qu’il gagnera en 2019-20 et en 2021-22. La baisse de Gallagher est plus subtile puisqu’il a un salaire de 4 M$ en 2019-20 avant de gagner 2,5 M$ la saison suivante.

Il y a donc 19 joueurs de la LNH qui ont pris le possible lock-out de 2020 en compte pendant leurs négociations de contrat. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les partisans puisque ça nous rappelle que cette possibilité est bien réelle. Ceci étant dit, ces protections font en sorte que les propriétaires auront 56,75 M$ à verser en bonus même s’il y a un lock-out.

Les équipes les plus touchées sont les Blackhawks (11,5 M$), les Penguins (10 M$), les Canadiens (7 M$) et les Rangers (7 M$). Même si on parle d’organisations assez riches, ce serait surprenant que les proprios acceptent de verser des montants aussi importants tout en sacrifiant une tonne de revenus avec l’annulation de plusieurs matchs.

Les propriétaires auront une partie de leurs salaires à verser peu importe ce qui se passe en 2020 et ces dépenses seront certainement plus faciles à avaler si elles leur permettent d’engranger des revenus. La somme de 56,75 M$ n’est pas extravagante, mais en approchant le conflit potentiel, on devrait voir plus de contrats du genre, ce qui veut dire que la facture finale sera plus salée.

Les fans pessimistes peuvent donc voir chaque bonus de signature cédulé pour 2020 comme une mauvaise nouvelle puisque ça nous montre que le joueur (et son agent) croient vraiment à la possibilité du lock-out. Les plus optimistes croiront plutôt que ce bonus se rajoute aux coûts fixes des proprios pendant le conflit de travail, ce qui pourrait les motiver à revenir au jeu plus rapidement.

Liste des joueurs protégés avec un bonus

P.K. Subban (6 M$)
Ryan O’Reilly (5 M$)
Jonathan Toews (5 M$)
Patrick Kane (5 M$)
Evgeni Malkin (5 M$)
Phil Kessel (5 M$)
Jakub Voracek (4 M$)
Corey Perry (3 M$)
Ryan Getzlaf (3 M$)
Derek Stepan (3 M$)
Marc Staal (3 M$)
Johnny Boychuk (2,75 M$)
Dion Phaneuf (2,5 M$)
Artem Anisimov (1,5 M$)
Patrice Bergeron (1 M$)
Jeff Petry (1 M$)
Henrik Lundqvist (1 M$)

Via TSN & General Fanager