5 questions rapides par rapport à l’offer sheet de Shea Weber avec les Flyers

Au cas où vous ne le saviez pas déjà, Shea Weber, des Prédateurs de Nashville, a accepté une offer sheet de la part des Flyers de Philadelphie. Cette offre serait de 14 ans et vaudrait plus de 100 millions de dollars. Maintenant, les Prédateurs ont 7 jours pour décider s’ils égalent l’offre ou non. Comme les détails exacts de l’entente ne sont pas connus au moment d’écrire ces lignes, il est impossible de savoir exactement quelle serait la compensation que les Prédateurs recevraient si jamais ils n’égalaient pas l’offre. Ce sera  2 choix de 1e ronde, 1 choix de 2e ronde et un choix de 3e ronde.

Cela confirme-t-il la fin de Chris Pronger?

Pronger était l’âme des Flyers avant de tomber au combat avec une commotion cérébrale en Octobre dernier. Cette blessure l’a gardé à l’écart lors du reste de la saison. Nous n’avions pas de nouvelles par rapport à un possible retour. En fait, les seules histoires qui sortaient du processus de réhabilitation de Pronger étaient négatives et faisaient état d’une situation qui ne s’améliorait pas. En faisant cette tentative de signature, la direction des Flyers semble montrer qu’elle est prête à passer à un autre dossier. On dirait bien que Pronger a joué son dernier match dans la LNH. Par contre, si jamais il revient au jeu  il formerait un duo incroyable avec Weber. En attendant ce retour, si jamais il survient, Weber prendra les minutes de Pronger à la ligne bleue et Giroux devrait s’occuper du leadership.

Est-ce que les Preds devraient égaler l’offre?

Bien évidemment, la compensation semble très intéressante pour l’équipe de Nashville, mais lorsqu’on regarde de plus près, la situation est moins rose. Les Flyers ont été dans le dernier tiers du repêchage lors des 4 dernières années et l’ajout potentiel de Weber ne nuira pas à cette situation. À ce moment du repêchage, on retrouve rarement des joueurs de concession et ça a beaucoup moins de valeur qu’un choix des Leafs par exemple… De plus, si les Preds laissent partir Weber, leur défenseur le mieux payé sera Hal Gill. Le reste de la défensive serait composé de Roman Josi, Kevin Klein, Ryan Ellis, Jonathon Blum et un autre qui impressionnera lors du camp d’entrainement. Disons que ce n’est pas la crème de la crème. Également, Nashville a amplement de place sous le plafond salarial, même qu’ils doivent atteindre le plancher. Donc logiquement, les Preds devraient égaler l’offre, car Weber est le visage de l’équipe tout en étant le capitaine et le meilleur joueur. Le seul problème qui pourrait se présenter dans cette situation est l’aspect monétaire. Si les propriétaires de l’équipe ne peuvent pas se permettre l’entente, ils devront laisser partir leur joueur vers Philadelphie. Cela pourrait être le cas si le contrat était très front-loaded comme on en a maintenant l’habitude. Darren Dreger parle même d’une année ou Weber toucherait 27 millions de dollars. Il faut se rappeler que l’argent qui est compté comme boni dans un contrat est touché même s’il y a un lockout. C’est le genre de dépense qui fait mal à une équipe qui ne roule pas sur l’or comme Nashville.

Est-ce que le contrat va rester intact ?

On le sait, les propriétaires et les joueurs sont présentement en négociations pour le renouvellement de la convention collective. Les demandes des proprios étaient assez clairs par rapport à la longueur des contrats. Ils ne voulaient pas de contrats plus longs que 5 ans. S’ils réussissent à obtenir cela, est-ce que les contrats signés avant le renouvellement sont touchés? Si c’est le cas, la signature est bien moins pire pour les deux directions. Si Philadelphie obtient Weber, ils comptent sur lui pendant 5 ans à un salaire abordable et peuvent lui faire signer une extension dans 5 ans. Pour les Preds, ils auraient le lourd salaire relativement parlant de Weber pendant 5 ans seulement et le fait de ne pas avoir un engagement de 14 ans pour une organisation de classe moyenne est un énorme plus. De ce côté, ce sont les Flyers qui ont la chance d’avoir l’information de première qualité. Il faut bien que ça serve à quelque chose d’avoir son propriétaire à la table des négociations de la convention collective…

Comment Holmgren va faire rentrer le tout sous le plafond ?

On parle d’un contrat de plus d’une centaine de millions sur 14 ans. On parle donc d’un impact minimum sur le plafond de 7,15 millions. Présentement, les Flyers ont 7,8 millions d’espace sous le plafond salarial. À première vue, cela ne représente pas trop un problème, mais il faut savoir que Jakub Voracek, Harry Zolnierczyk, Tom Sestito et Marc-André Bourdon sont toujours sans contrat. Il est vrai que les 3 derniers ne devraient pas passer la totalité de l’année à Philadelphie, mais il reste quand même Voracek qui peut commander un salaire bien respectable. Holmgren devra donc trouver une façon de faire de la place, mais ses options sont plutôt limités. Timonen, Pronger, Coburn, Luke Schenn, Grossmann, Bryzgalov, Brière, Hartnell et Fedotenko ont tous une clause de non-échange quelconque. De plus, dans le cas de Pronger, même s’il prend sa retraite, son contrat reste sur la masse parce qu’il avait plus de 35 ans lors de la signature de son contrat. Bien sûr cette clause pourrait disparaitre dans la prochaine convention collective… Cela serait une échappatoire pour Holmgren et ce serait un cadeau du propriétaire. Si ce n’est pas le cas, il devra envoyer Simmonds et/ou Shelley ailleurs en échange de joueurs des mineurs ou de choix au repêchage. Il devra également envoyer Lilja ou Gervais dans les mineurs, le tout pour sauver de l’argent sur la masse. Disons que le DG de Philadelphie doit espérer que son propriétaire l’aide avec la nouvelle convention collective, sinon il aura de durs choix à faire.

Signature d’offer sheet: anomalie ou début d’une tendance?

Cette signature est la 7e offer sheet depuis la convention collective de 2005. C’est un contrat en moyenne par an. Or, sur les 6 autres offer sheets, seul Dustin Penner a changé d’adresse, passant des Ducks aux Oilers. Les autres qui ont accepté une telle offre, mais qui sont restés avec leurs équipes sont Ryan Kesler, Tomas Vanek, David Backes, Steve Bernier et Niklas Hjalmarsson. On voit que ce n’est pas une habitude chez les directeurs-gérants de la LNH. D’ailleurs, la majorité de ces offres ont créé des conflits. On se rappelle de Brian Burke qui voulait se battre avec Kevin Lowe après la signature de Dustin Penner. Il avait même loué une grange pour le combat. Ce ne sont pas les seuls qui se sont détestés après une telle situation. Les Blues ont offert une offer sheet à Steve Bernier, alors avec les Canucks, après que ces derniers aient fait la même chose avec David Backes. D’ailleurs, David Poile est reconnu comme un DG assez émotif et il ne serait pas surprenant qu’il cause du trouble aux Flyers avec des offres à Bourdon et Voracek par exemple. Toutefois, c’est difficile de voir une tendance se développer dans les conditions que l’on connait aujourd’hui dans cette ligue. Les DGs ne font pas de collusion, mais ce n’est pas bien loin de ce côté. Ce sont des mouvements qui sont souvent utilisés en dernier recours. Par contre, vous pouvez être sur que des joueurs comme Evander Kane, P.K. Subban, Dmitry Kulikov, Sergei Kostitsyn et Michael Del Zotto espèrent être les prochains. Ces joueurs sont tous susceptibles d’obtenir une telle offre et leurs agents vont certainement tout faire pour en obtenir une. En fait, la seule chance que cela devienne une tendance est le fait qu’il y en ait une ou deux, comme celle de Weber, qui brise le moule. Lorsqu’on regarde la cuvée de l’an prochain, on voit quelques joueurs assez tentants pour forcer les directeurs-généraux à quitter leurs habitudes. On pense notamment à Alex Pietrangelo, Milan Lucic, Tyler Seguin, Taylor Hall, Oliver Ekman-Larsson, Cody Hodgson et Max Pacioretty. Si quelques équipes commencent à en faire, leurs rivaux ne se laisseront pas faire et cela créera une nouvelle façon de faire. Cela serait excellent pour les jeunes joueurs de la ligue qui doivent présentement négocier leurs ententes sans véritable compétition.

Finalement, si Weber termine bel et bien à Philadelphie, on se sent bien mal pour Pekka Rinne qui a renouvelé son entente de 7 ans à Nashville en début de saison. Disons que sans Weber et Suter, il devrait trouver le temps long…