Le prochain lock-out va coûter cher à Geoff Molson

Dimanche soir, le site web de Sportsnet a publié la répartition des salaires de Carey Price dans sa prolongation de contrat. Le salaire annuel de 15 M$ pour les deux premières saisons est probablement ce qui va attirer l’attention de Geoff Molson, mais comme ça a été le cas avec tous les autres contrats signés cet été, c’est le bonus de signature en 2020 qui m’a intéressé.

On observe ce chiffre de près parce que c’est l’année du prochain lock-out possible dans la LNH. Avec l’historique de la ligue de ce côté, c’est malheureusement une date à laquelle on doit porter attention et les joueurs le savent. Dans la majorité des contrats signés jusqu’à cette saison, on trouve des bonus de signature importants pour cette année-là. Les joueurs insistent là-dessus parce que ces bonus ne peuvent pas être rachetés et qu’ils sont versés le 1er juillet à chaque année, ce qui veut dire qu’ils auront leur argent peu importe ce qui arrive.

Dans le cas de Carey Price, on savait déjà que la majorité de son contrat était payé en bonus de signature parce que c’était plus avantageux pour lui, mais Geoff Molson risque quand même de faire le saut le 1er juillet 2020. Au cours des dernières semaines, Marc Bergevin a distribué 12,25 M$ en bonus de signature à 3 joueurs qui seront payés le 1er juillet 2020 peu importe la situation de travail dans la LNH. Bien évidemment, Price recevra le plus gros montant à 8,75 M$, mais Jonathan Drouin a quand même un 2 M$ qui l’attend et on parle de 1,5 M$ dans le cas de Karl Alzner.

Lorsqu’on ajoute ça à Jeff Petry (1 M$) et Brendan Gallagher (1,75 M$), on se retrouve avec une facture de 15 M$ pour Geoff Molson. En fait, les deux seuls joueurs signés cette saison-là sans bonus de signature sont Shea Weber et Andrew Shaw. Dans le cas de Weber, son contrat est trop vieux pour prendre ce lock-out en compte tandis que Bergevin semble avoir offert plus d’argent à Shaw pour éviter ce bonus de signature en 2020 puisque c’est la seule saison qui n’en contient pas lorsqu’on regarde les 3 dernières années de son contrat.

Ce n’est rien qui va faire trop mal au propriétaire du Canadien sur le plan financier, mais c’est clairement le genre de situation qui va lui donner le goût de remplir le Centre Bell plus rapidement et c’est certainement une bonne nouvelle pour nous. Malgré la hausse de paiement de ce côté au cours des dernières semaines, on voit que c’est un dossier qui préoccupe de plus en plus la direction du Tricolore.

La situation de Shaw rend la chose évidente, mais c’est aussi intéressant pour le contrat de Carey Price puisque son bonus de 8,75 M$ vient entre des bonus de 13 M$ en 2019 et de 11 M$ en 2021. C’est donc dire que le Tricolore s’est « protégé » avec un plus petit montant l’année du possible lock-out afin de s’assurer que la facture ne soit pas trop salée. Price ne leur a pas fait de cadeau dans cette situation puisque 2020 et 2022 (l’autre année possible du lock-out) sont les seules saisons pendant lesquelles son salaire de base est à 1 M$ au lieu de 2 M$. Les deux côtés se sont donc arrangés pour mettre moins d’argent en jeu lors des saisons mises en doutes par un conflit de travail.

C’est une stratégie intéressante puisqu’on voyait normalement les joueurs faire ça pour éviter de perdre trop d’argent dans le conflit de travail, mais c’est normal que les rôles soient inversés dans un contrat où la majorité des paiements se font en bonus de signature puisque l’argent est versé peu importe ce qui arrive. Ça donne donc un incitatif à l’équipe de mettre moins d’argent sur la table cette année-là.

On ne sait pas si la directive vient de Geoff Molson, qui veut éviter de surpayer l’année du lock-out, ou de Marc Bergevin, qui ne veut pas arriver avec une trop grosse facture en 2020 sachant qu’il pourrait y avoir une baisse de revenus. Ça importe peu, mais c’est bon à garder en tête puisque ça pourrait influencer les situations contractuelles de Max Pacioretty, Phillip Danault, Artturi Lehkonen et Alex Galchenyuk au cours des prochaines années.