Calem Burger

Le Canadien doit-il absolument nommer un capitaine?

Canadiens

Depuis le 1er juillet, on a vu pas moins de 3 capitaines quitter leurs équipes respectives. John Tavares a décidé de se joindre aux Leafs, laissant les Islanders sans leur capitaine, mais également leur meilleur joueur et le visage de l’organisation.

Cette semaine, le CH a envoyé son capitaine Max Pacioretty à Las Vegas alors que les Sénateurs ont échangé Erik Karlsson aux Sharks. Ajoutez à ça les Canucks qui ont vu leur capitaine Henrik Sedin et son frère Daniel prendre leur retraite et ça commence à faire beaucoup de mouvement de capitaine depuis la fin de la dernière saison.

À Montréal, comme dans plusieurs autres équipes sans capitaine, on s’interroge sur l’identité du joueur qui pourrait endosser ce rôle. On devrait pourtant se demander si une équipe a absolument besoin d’un capitaine.

 

Dans le doute, mieux vaut s’abstenir

Prenons le cas du Canadien, Max Pacioretty a été élu par ses pairs il y a 3 ans. Depuis, la plupart de ceux qui l’ont choisi ont quitté le CH. Pacioretty s’est visiblement brouillé avec son patron Marc Bergevin et a été échangé parce que ça ne pouvait plus fonctionner à Montréal.

Maintenant, deux candidats semblent en lice pour hériter du C: Shea Weber et Brandon Gallagher.

Le premier est un vétéran établi, qui a le respect des joueurs à travers la ligue ainsi que des arbitres. Cependant, il s’agit aussi d’un défenseur vieillissant, ralenti par les blessures et qui cadre plutôt mal dans la reconstruction qu’entame le Canadien.

De l’autre côté, on a un fougueux Brandon Gallagher, qui possède certainement des qualités de leader, mais qui jouit aussi d’une bien mauvaise réputation à travers la ligue, que ça soit chez ses adversaires ou chez les officiels. Gallagher est davantage reconnu comme le joueur qui allume les feux que celui qui impose le respect aux autres équipes.

On peut donc en conclure qu’il n’y a pas de candidat idéal au titre de capitaine. Alors pourquoi en nommer un à tout prix ? Pour agir à titre de leader? Les joueurs qui ont un ascendant sur leurs coéquipiers exerceront leur leadership peu importe s’ils ont un C, un A ou rien du tout sur leur chandail. Le leadership n’est pas un poste, c’est une qualité que certains ont naturellement ou via leur expérience. Si Shea Weber est le véritable chef de meute du Canadien, il exercera son influence qu’il soit capitaine ou pas. Même chose pour Brendan Gallagher, Carey Price ou n’importe quel joueur.

Il y a des équipes qui ont la chance de compter sur des Sidney Crosby, des Alex Ovechkin, Jonathan Toews, des leaders naturels qui sont également des joueurs d’élite. Ce n’est malheureusement pas le cas de toutes les formations.

 

Brendan Gallagher a raison

Lors du tournoi de golf du Canadien lundi, Brendan Gallagher a tenu des propos plein de sagesse lorsqu’on lui a parlé de la possibilité de devenir le prochain capitaine du CH. Le petit attaquant a dit que peu importe si un capitaine était nommé ou pas, l’ensemble des joueurs devaient ramer dans la même direction et être imputables pour les succès et les échecs de l’équipe.

Le danger est trop grand de nommer un capitaine qui deviendrait un bouc émissaire lorsque l’équipe perd. C’est rajouter une pression inutile sur un seul joueur. Vaut mieux que l’équipe au complet réponde de ses échecs. Tirer l’équipe vers le haut, ça se fait en groupe; ce n’est pas la tâche d’un ou deux joueurs.