Un député libéral en poste depuis 1994 se fait tasser pour laisser la place à Enrico Ciccone

Drama

On a appris la semaine dernière que l’ancien dur à cuire de la LNH Enrico Ciccone serait candidat pour le Parti libéral du Québec lors des élections du 1er octobre. On sait maintenant qu’il se présentera dans la circonscription de Marquette à Montréal. Or, ce comté était représenté depuis 1994 par le libéral François Ouimet. Afin d’y présenter Enrico Ciccone, le chef libéral Philippe Couillard a tout simplement décidé d’écarter celui qui représentait la circonscription depuis 24 ans.

François Ouimet a fait une sortie très médiatisée mercredi pour expliquer comment il se sentait trahi par son chef. Visiblement ému, le politicien de 58 ans a répété qu’il méritait mieux que de se faire écarter de la sorte.

 

Une décision stratégique

À son avis, il y a deux explications derrière cette manœuvre libérale. D’une part, le parti souhaite renouveler ses candidats et ainsi redorer l’image du parti. Un assez grand nombre de députés et même de ministres libéraux ont annoncé au cours des derniers mois qu’ils ne se représenteraient pas aux prochaines élections.

D’autre part, François Ouimet y voit une tactique du Parti libéral afin de faire du chef de la CAQ François Legault le doyen de l’Assemblée nationale. Selon le député sortant de Marquette, le PLQ voudrait attaquer Legault en insistant sur le fait qu’il n’incarne pas le changement souhaité par les Québécois, puisqu’il serait le député en poste depuis le plus longtemps à l’Assemblée nationale. Or, si François Ouimet était réélu le 1er octobre, il serait devenu le doyen de la chambre, ce qui aurait contrecarré les plans de sa formation.

Une entrée en politique à l’image d’Enrico Ciccone

Bien qu’il ne soit pas responsable de cette situation, on ne peut que constater que l’entrée dans l’arène politique d’Enrico Ciccone ne se fait par sans heurt. Indirectement, l’ancien homme fort du hockey tasse un vétéran et à toutes fins pratiques, il met fin à sa carrière. Ce parallèle politico-sportif a d’ailleurs été soulevé de manière très peu subtile par une journaliste de l’Assemblée nationale hier lors du point de presse de François Ouimet.