Ne chialez pas contre la NFL, c’est tout ce qu’elle veut

Drama

Tout d’abord l’histoire : les Saints de la Nouvelle-Orléans ont été reconnus coupables par la NFL d’entretenir de 2008 à 2011 un système de primes monétaires à tout joueur de l’unité défensive blessant un adversaire. C’est-à-dire que si un joueur de la défensive des Saints plaquait un joueur et que celui-ci ne revenait pas dans la rencontre, le joueur recevait de l’argent. Cash. De la part de l’organisation. On parle de 1500$ lorsque l’équipe des soigneurs est dépêchée sur le terrain. C’est le coordonnateur défensif des Saints, Gregg Williams, qui est l’instigateur de ce système – il payait les primes de sa propre poche.

À ESPN on s’est empressé de nous dire que c’était dégueulasse. Que la NFL devrait avoir honte de cette histoire et que l’intégrité des hommes à la tête des Saints était entachée. Je comprenais pas de quoi ils parlaient. C’est la NFL. Depuis que je suis en couche que j’écoute le football, je crois que mes premiers mots ont été ARE YOU READY FOR SOME FOOTBALL!!! je ne manquerais le Super Bowl pour rien au monde. Ma blonde souffre d’un malaise cardiaque et réclame ma présence à l’urgence. Too bad. De toute façon, notre histoire est vouée à l’échec. Si tu me déranges durant le Super Bowl pour quelques raisons que ce soit, c’est que t’as rien compris de ma personne.

Je ne dis pas que je connais le football, mais s’il y a une chose dont je suis sûr, c’est que j’aime le football. D’amour. Et je ne suis pas tombé en amour avec le football parce que c’était un sport rempli de belle valeur comme la tolérance et la compassion. Non. Si je m’intéresse, et continue à être un passionné de football, c’est parce que c’est violent, cruel et agressif. Oui, oui, avec le temps j’en suis venu à apprécier d’autres subtilités; comme la complexité du jeu aérien, l’efficacité du zone bloc sur les courses au sol et la rapidité des quarts-arrière à lire le blitz, mais tout c’est rien comparé au rush d’adrénaline qui traverse mon corps quand je vois un maraudeur prendre un élan de 10 verges et écraser un porteur de ballon dans le flanc. Merci football, grâce à toi je n’ai pas besoin d’essayer l’héroïne.

J’ai eu de la difficulté à me scandaliser avec l’histoire des Saints parce que ce n’est rien de nouveau. John Madden, a qui on doit le jeu Madden et les annonces de poudre contre le pied d’athlète les plus surréalistes, avait en place lorsqu’il était coach des Raiders d’Oakland, le même genre de système de récompense à ses joueurs défensifs que les Saints. Et tout comme les Saints, les Raiders ont gagné un Super Bowl. Les équipes cherchent depuis toujours des manières, à la limite de l’éthique et de l’égalité, à avoir un avantage. Dans les années 80, le secondeur Lawrence Taylor des Giants de New York ne se cachait pas d’envoyer des escortes dans les chambres d’hôtel des joueurs offensifs adverses la veille d’un match – question de les épuiser un peu pour l’affrontement du lendemain après-midi.

Le vrai scandale dans la NFL c’est qu’il y a toujours des scandales dans la NFL. Chaque année il y a une histoire effroyable qui sort. Vick est impliqué dans les combats de chien, Ben Roethlisberger viole des employés de chambre d’hôtel, les Pats filment les pratiques de leurs adversaires, maintenant les Saints récompensent avec de l’argent leur joueur d’en blesser d’autre. La NFL est un soap : à chaque deux épisodes, il doit un rebondissement inusité – sauf qu’au lieu d’une sœur jumelle diabolique qu’on croyait morte qui ressort du coma, c’est un receveur de passe qui se tire une balle dans la cuisse.

La NFL est la ligue professionnelle après l’entre-saisons la plus longue, elle ne peut pas sombrer dans l’oubli pendant 6 mois, elle se doit de faire parler d’elle sans arrêt. En ce moment c’est une période creuse : pu personne de parle des Champions du Super Bowl, le repêchage est dans un mois et la période se signature des agents libres n’est pas encore commencée. C’est difficile de parler football ces jours-ci.

Eh puis arrive l’histoire des Saints. Soudainement, une ligue dans laquelle il se passe rien, occupe toute la place aux lignes ouvertes. C’est la même chose chaque année : Dès que la NFL dort tranquille dans son coin, une histoire rocambolesque la ramène à l’avant-plan.Vous remarquerez que ce n’est jamais des histoires qui remettent en question l’intégrité du sport. Aucun fan ne va être choqué d’apprendre que des coachs encouragent leurs joueurs à casser les os de leurs adversaires. Mais ils vont en parler. Même chose pour Vick, pour le Spygate, pour Roethlisberger…C’est un sujet de conversation, pas d’indignation. On est loin des cas du dopage au Tour de France ou de ces boxeurs qui se font payer pour perdre des combats. Je ne dis pas que la NFL a orchestré cette affaire, seulement elle n’est pas malheureuse qu’elle soit sortie dans les médias. Parce que c’est quand même fou : c’est bientôt les séries au hockey, en plein milieu de la saison de la NBA et la première histoire à ESPN c’est le football. Chapeau.

Au Super Bowl dernier je comprenais pas pourquoi Madonna était au spectacle de la mi-temps. Je voyais pas le lien entre des athlètes aux maximum de leur capacité physique qui donnent tout ce qu’ils ont et une vieille de 50 qui fait du lip-sync. Mais à y réfléchissant comme il faut, Madonna est la meilleure ambassadrice pour la NFL. Ils vivent selon le même mantra : parlez de moi en bien ou en mal, mais parlez de moi.

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