L’impact des voyages sur les performances des équipes de la LNH

Drama

C’est une question qui revient régulièrement: est-ce que les équipes de la LNH qui voyagent le plus sont désavantagées ? Dans un monde idéal, chaque formation passerait environ le même nombre d’heures dans un avion, mais pour des raisons géographiques, c’est impossible. Lorsqu’on regarde le nombre de kilomètres parcourus par les 31 clubs de la ligue cette saison, on peut facilement remarquer qu’il y a eu plus souvent qu’autrement apparence de corrélation entre les équipes qui ont le plus voyagé et celles qui ont été exclues des séries.

 

Grandes voyageuses, grandes perdantes

Parmi les 10 formations qui ont parcouru le plus de kilomètres cette saison, 7 d’entre elles ont été exclues des séries. au premier rang, on retrouve l’exception qui confirme la règle. L’Avalanche (48 639 km) est l’équipe qui a franchi la plus grande distance totale cette saison. Pourtant, malgré cette donnée et un alignement qui n’a rien de très impressionnant sur papier, la formation du Colorado s’est taillé une place en séries.

Outre l’Avalanche, les équipes situées du 2e au 7 rang parmi les formations qui ont le plus voyagé sont toutes exclues des séries.

AVALANCHE – 48 639 KM
FLAMES – 47 931 KM
BLACKHAWKS – 47 926 KM
COYOTES – 46 856 KM
OILERS – 46 815 KM
PANTHERS – 44 395 KM
CANUCKS – 44 285 KM
WILD – 43 970 KM
STARS – 43 929 KM
SHARKS – 43 457 KM

Ainsi, des équipes telles que les Blackhawks, les Panthers et les Stars ont peut-être ici un élément qui expliquent leur insuccès malgré le talent de ces formations. Bien sûr, il y a plusieurs autres facteurs à prendre en considération pour évaluer l’échec ou le succès d’une équipe. La distance parcourue n’est pas la seule raison qui peut expliquer une mauvaise saison.

Le paradoxe des équipes de l’Ouest

N’empêche que 6 des 7 plus grandes voyageuses de la ligue ne se sont pas qualifiées pour les séries. Les plus fins observateurs auront remarqué que les équipes de l’Ouest sont en forte présence parmi les équipes qui voyagent beaucoup. Encore une fois, la géographie est la grande responsable. Dans l’Est, la plupart des équipes sont situées sur la côte Atlantique, dans le même fuseau horaire. Alors que dans l’ouest, il y a des équipes sur le bord du Pacifique, mais aussi dans le Midwest. Plusieurs formations sont même beaucoup plus à l’Est qu’à l’Ouest des États-Unis. On n’a qu’à penser à Chicago, Nashville et St-Louis qui passeraient certainement moins de temps dans l’avion si elles jouaient dans l’Est.

Ce qui est paradoxal avec cette situation, c’est que théoriquement, une équipe de l’Ouest a plus de chances de participer aux séries qu’une équipe de l’Est. C’est mathématique: vu le nombre d’équipes (15 dans l’Ouest, 16 dans l’Est), une formation de l’Ouest a 53,33 % de chances de participer au tournoi printanier. Dans l’Est, cette chance est de 50%. Or, sur les 7 formations de l’Ouest qui n’ont pas fait les séries, 6 d’entre elles font dans le top 10 des équipes qui voyagent le plus dans toute la ligue. La seule exception est St-Louis, qui arrive tout de même au 12e rang pour les kilomètres parcourus cette saison.

 

Petites voyageuses, grandes gagnantes

À l’inverse, les 4 équipes de l’Ouest ayant le moins voyagé se sont toutes qualifiées pour les séries. Hormis l’Avalanche, le Wild est la formation de l’Ouest ayant le plus voyagé tout en réussissant à se qualifier pour les séries éliminatoires. À ce chapitre, le Wild est 9e sur 15 clubs avec un total de 43 970 km parcourus.

 

Moins de conséquences chez les équipes de l’Est

Dans l’Est, cette tendance est moins claire. Tout de même, les deux équipes qui ont le moins voyagé dans la LNH cette saison sont des séries. Il s’agit des Penguins et des Devils. Après ces deux formations, la tendance est moins claire. Ainsi, parmi les 10 équipes qui ont le moins voyagé cette saison, 6 on accédé aux séries.

PENGUINS – 34 041 KM
DEVILS – 34 052 KM
SABRES – 34 175 KM
RED WINGS – 34 759 KM
MAPLE LEAFS – 35 689 KM
FLYERS – 36 003 KM
BLUE JACKETS – 36 486 KM
CANADIENS – 37 087 KM
CAPITALS – 37 351 KM
RANGERS – 37 622 KM

 

Une division plus faible, peu importe le kilométrage

La division Atlantique a vraiment été l’anomalie parmi les 4 divisions de la ligue cette saison. 3 des 7 meilleures équipes au classement cette saison proviennent de cette division (Lightning, Bruins et Maple Leafs). À l’inverse, 4 des 5 pires formations de la ligue en font également partie (Sabres, Sénateurs, Canadiens, Red Wings).

Si on revient aux équipes ayant le moins voyagé cette saison, on remarque qu’au sein de l’Atlantique, il ne semble pas y avoir de corrélation nette entre les kilomètres parcourus et le rendement en saison régulière. Les deux formations ayant passé le moins de temps dans un avion (Sabres et Red Wings) ont été exclues des séries par une bonne marge, alors que celle qui a voyagé le plus (Panthers) s’est battue jusqu’à la fin pour une place en séries. Et Tampa, qui arrive au second rang de la division pour les kilomètres parcourus, a dominé sa division avec une récolte de 113 points.

 

La division Métropolitaine plus affectée par les voyages

Dans l’autre division de l’Est, on peut clairement voir un rapport entre la distance parcourue et les performances sur la glace. Les 5 équipes de la division qui ont accédé aux séries sont aussi les 5 qui ont franchi le moins de kilomètres cette saison: les Penguins, les Devils, les Flyers, les Blue Jackets et les Capitals. Les trois autres formations de cette division (Rangers, Islanders et Hurricanes) ont toutes été exclues du grand tournoi.