Le gardien Robin Lehner raconte ses problèmes de consommation et de santé mentale

Drama
Crédit photo - NHL.com

Le gardien Robin Lehner livre un percutant témoignage aujourd’hui sur le site The Athletic. Le vétéran de 27 ans lève complètement le voile sur son dur combat face à sa dépendance à l’alcool et aux médicaments, ainsi que ses problèmes de santé mentale.

 

Le 29 mars 2018: le jour où tout a basculé pour Robin Lehner

La veille du 29 mars 2018, Robin Lehner appelle son entraîneur des gardiens pour lui dire qu’il ne se sent pas bien et qu’il ignore s’il sera en mesure de jouer le lendemain.

Le jour du match, Lehner lui dit que tout est correct, même s’il sait au plus profond de lui que c’est faux. Il débute le match face aux Red Wings. Après seulement quelques minutes, il se sent déjà très fatigué et commencer à ressentir une douleur à la poitrine. Sa respiration se met aussi à être de plus en plus forte. Les Sabres ont pris les devants 2-1, mais lors du premier entracte, le gardien suédois sent que quelque chose ne tourne pas rond. Il débute tout de même la période médiane, mais sa situation empire. Sa douleur s’accentue, il a de la difficulté à rester focus et même sa vision s’embrouille. Il accorde deux buts; les Red Wings prennent les devants 3-2 et lors du second entracte, il est frappé d’une crise de panique. Les médecins et entraîneurs des Sabres réussissent à le calmer. Lehner est renvoyé chez lui.

Sur le chemin du retour, il s’arrête acheter de la bière. une fois chez lui, il se met à boire… beaucoup. Il réveille sa femme au beau milieu de la nuit et lui dit : «je dois m’en aller».

 

Un problème de consommation

Robin Lehner raconte avoir eu un problème d’alcoolisme pendant plusieurs années, mais que celui-ci s’est accentué au cours de la dernière année. Il pouvait boire une caisse de bière par jour. Il prenait aussi des pilules pour dormir pratiquement chaque nuit… depuis 7 ans. Le vétéran raconte avoir passé l’ensemble de sa carrière professionnelle avec un problème de consommation de médicaments et d’alcool. C’était une façon de chasse les démons dans sa tête. En effet, il a eu des pensées suicidaires à de très nombreuses reprises et raconte être passé près de mettre fin à ses jours à plus d’une occasion.

Après une discussion avec son avocat à propos de police d’assurance, il a compris qu’il devait aller en désintoxication. Robin Lehner a fait appel au programme de la NHL et de l’Association des Joueurs. Sans tout dévoiler, il leur a dit qu’il avait besoin d’aide. Cette décision a réjoui sa femme, qui s’inquiétait beaucoup pour lui.

Même s’il était conscient qu’il faisait du tort à sa famille, il ne pouvait s’empêcher de s’enfoncer. Il avait perdu le contrôle sur sa propre vie.

 

Une cure difficile, mais bénéfique

Il s’est donc rendu dans un centre de désintoxication en Arizona. Juste avant de partir, il s’est saoulé encore une fois. La désintox a duré 3 semaines. Trois semaines très difficiles. Il raconte n’avoir sensiblement pas dormi durant cette période.  Il avait des hallucinations, il faisait régulièrement des cauchemars lors de ses très courts épisodes de sommeil. Le gardien décrit cette période comme s’il avait été sur le pilote automatique en plein brouillard pendant 3 semaines. Éventuellement, les médecins ont compris qu’il n’avait pas seulement un problème de consommation. Il y avait un autre problème davantage ancré à l’intérieur de l’athlète.

Après 5 semaines de traitements, Lehner a été diagnostiqué bipolaire de type 1 avec épisodes maniaques. Plusieurs mauvaises décisions dans sa vie ont été causées par son état mental. Il croyait que c’était normal et l’acceptait. Sa vie était une constante montagne russes peuplées d’épisodes maniaques où sa confiance était au maximum. Il n’avait peur de rien, même pas des conséquences de ses gestes. Puis, il y avait les épisodes de dépression où chaque épreuve lui semblait insurmontable, chaque tâche lui paraissait  titanesque. Sa famille, tout comme le reste, n’avait plus d’importance. Il devenait également paranoïaque, croyant que tous cherchait à lui faire du mal. Le vétéran de la LNH était constamment irrité et fatigué. Il ne voulait plus participer aux pratiques et voulait à peine disputer les matchs.

Le Suédois a ensuite décidé d’étirer son séjour de 4 semaines. Cette prolongation lui a été bénéfique: il a commencé à vouloir ressentir du bonheur à nouveau. Il se dit désormais enfin heureux. Il ne souhaite pas refaire vivre ce genre de situation à sa famille.

 

Un combat qui n’est pas terminé

Robin Lehner dit avoir reçu beaucoup de soutien de la part des Sabres, même s’ils ne lui ont pas renouvelé son contrat à la fin de la dernière saison. Il préfère voir ce changement comme providentiel: une occasion de réellement repartir à neuf.

Après plusieurs rencontres infructueuses avec d’autres équipes, il a eu des dicussions positives avec Lou Lamoriello et les Islanders, qui se sont montrés très compréhensifs à sa situation.  L’athlète de 27 ans a signé une entente d’un an avec la formation new-yorkaise. Il est heureux d’avoir une nouvelle chance et se sent réellement confiant. Même s’il sait que chaque jour sera une bataille, il se sent prêt à mener le combat.

 

Via The Athletic