Le fameux dossier des reprises vidéo

Drama
Anaheim Ducks v Phoenix Coyotes

On le répète souvent : les arbitres pratiquent un métier extrêmement difficile, basé presque entièrement sur leur jugement. Un jugement facilement remis en question fait d’eux des cibles de choix. Ils ne sont donc pas étrangers aux critiques, que ce soit de la part des partisans ou même du personnel d’entraîneurs. En gros, ils ont le dos large.

Deux ligues majeures, la NBA et la MLB, ont emboîté le pas afin d’aider les officiels à rendre de meilleures décisions en plus de donner plus de pouvoir aux  entraîneurs. Cette saison par exemple, les gérants du baseball majeur auront le pouvoir d’aller à la reprise vidéo une fois durant la partie et si le jugement est renversé, ils auront le luxe de récupérer leur demande de reprise, un peu comme c’est le cas au tennis avec les « challenges » et même dans la NFL et la LCF avec le principe des mouchoirs que détiennent les entraîneurs et qui fonctionne très bien jusqu’à présent. Les arbitres auront même droit, une fois rendu à la 7e manche, d’aller eux-mêmes à la reprise vidéo, et ce, même si aucune équipe n’a demandé de révision du jeu. C’est ce que j’appelle avoir confiance en ses arbitres.

Arbitre MLB

Bien que déjà existante dans de très rares cas (notamment lors des jeux, le long des lignes), la reprise vidéo au baseball s’est vue donnée un plus grand cadre opérationnel, ayant dorénavant la possibilité de véritablement changer le cours d’un match. Dans la NBA, c’est un officiel situé à proximité du terrain qui s’occupe des reprises vidéo et non simplement un employé vidéo. Il possède donc les connaissances nécessaires afin de rendre un bon jugement. Le baseball majeur a quant à lui investi de fortes sommes en ce sens (on parle ici de plus de 10 millions de dollars US en fibres optiques disposées à travers les 30 stades de la ligue) alors qu’a vu le jour le ROC (Replay Operations Center) à Manhattan, un centre de visionnement flambant neuf et à la fine pointe de la technologie qui aura comme mission d’analyser les jeux des quelque 2430 parties de la prochaine saison afin d’éviter un mauvais jugement, ce qui s’est déjà produit dans le passé et avait entre autres coûté un match parfait au lanceur des Tigers de Détroit Armando Galarraga, en 2010. C’est le genre d’exploit qu’on ne veut pas amenuiser.

Image provenant du site: http://www.theglobeandmail.com/sports/baseball/a-look-inside-mlbs-replay-operations-center/article17693022/

Lien de l’image : http://www.theglobeandmail.com/sports/baseball/a-look-inside-mlbs-replay-operations-center/article17693022/

Autre différence avec le hockey : les quatre mêmes officiels de la Major League Baseball travaillent ensemble toute l’année et ont comme mandat, en plus de l’arbitrage des matchs, d’assister leurs collègues du ROC affiliés à la reprise vidéo deux fois au courant de la saison pour une période d’une semaine. C’est donc des arbitres actifs qui ont leur mot à dire et rendent les décisions.

On en a donc la preuve : plusieurs ligues professionnelles en Amérique du Nord adoptent déjà cette plus grande liberté vidéo. Pourquoi ne pas en faire autant dans la LNH? Pourquoi ne pas aider nos arbitres à rendre le meilleur verdict possible? Comme tout être humain, ils ne sont pas parfaits et il se peut qu’ils en échappent une ou deux une fois de temps en temps, même dans des moments aussi critiques que dans les séries éliminatoires. Vous en parlerez à un certain Daniel Brière (voir vidéo plus bas). Alors, pourquoi pas se munir de ce moyen technologique efficace et dorénavant disponible?

Daniel Brière offside goal playoffs 2012 against Penguins

Certains pensent que cet ajout aurait pour effet de ralentir le rythme des matchs et qu’il finirait nécessairement par y avoir des abus. Pourtant, si on imitait la mesure adoptée par la MLB qui prévaut une seule demande de visionnement par match, je ne vois vraiment pas où est le problème. Le sujet a d’ailleurs été mis à l’ordre du jour de la dernière réunion des directeurs généraux ayant eu lieu plus tôt en mars à Boca Raton en Floride. C’est un début ! Ce qui est sûr, c’est qu’un certain Dan Bylsma serait enchanté qu’une décision en faveur d’une plus grande utilisation des reprises vidéo soit rendue, lui qui s’est récemment confié au journaliste de Pittsburgh Josh Yohe quant à la nécessité de pouvoir accéder aux reprises lorsqu’il y a interférence avec le gardien. Selon lui, ce type de jugement est trop difficile à rendre pour les officiels étant donné la vitesse du jeu. Nombre de buts ont été refusé cette saison en raison d’un contact avec le gardien et selon l’entraîneur des Penguins, ils auraient mérité une révision car plusieurs de ces contacts peuvent avoir été causés par un joueur de l’équipe adverse.

Bref, les reprises vidéo au hockey, est-ce pour bientôt? C’est un dossier chaud qu’il sera intéressant de suivre au courant des prochaines années, j’en suis convaincu…