Le Canada de moins en moins présent dans la LNH

Drama

La LNH ne veut pas envoyer ses joueurs aux prochains Jeux olympiques et pourtant, elle n’a jamais été aussi internationale. La ligue regroupe des joueurs provenant de 16 pays différents: un chiffre qui devrait augmenter au cours des prochaines années.

Le site EliteProspect a compilé la nationalité des joueurs de la LNH depuis les années 80 afin d’en dresser l’évolution et c’est franchement fascinant.

Premier constat: la ligue est de moins en moins canadienne. En 1980, plus de 82% des joueurs de la ligue étaient nés au Canada, alors qu’aujourd’hui, ce chiffre a baissé à 45,9%.  On parle d’une réduction d’environ 36%. Il s’agit de la plus grande fluctuation en terme de pourcentage au cours des 40 dernières années. Plus affolant encore: entre 2015 et 2017, le Canada a reculé de 3,6%. La diminution du nombre de joueurs canadiens est un phénomène qui donc s’accélère de plus en plus.

Du côté des États-Unis, on constate une lente progression. En 1980, 11,9% des joueurs de la LNH étaient américains. Ça augmenté tranquillement jusqu’à 15,5% en 2000. À partir du 21e siècle, la présence américaine a explosé: en 10 ans, le pourcentage de joueurs nés aux États-Unis a grimpé de presque 9% pour atteindre les 24,2% en 2010. Cette poussée s’est toutefois ralentie, parce que depuis 2010, ça n’a augmenté que de 1,5%. Gary Bettman a certainement plusieurs détracteurs au Canada, mais on ne peut nier que son objectif de populariser le hockey aux États-Unis a fonctionné au moins en partie. Sa ligue a réussi à s’établir dans des villes comme Nashville et maintenant Las Vegas, tout en augmentant le nombre de joueurs américains et on ne parle pas que d’employés de soutien. Le repêchage d’Auston Matthews en 2016 est la cerise sur le sundae: même s’il joue dans un marché canadien, le jeune attaquant né aux États-Unis est déjà l’un des meilleurs joueurs de la ligue. Matthews devrait inspirer plusieurs jeunes Américains à se tourner vers le hockey. On peut facilement passer que l’effet Matthews aura des retombées sur la popularité du hockey chez nos voisins du sud.

La situation russe est tout sauf ennuyante. Dans les années 80, l’essoufflement de la guerre froide a tranquillement permis à certains joueurs de quitter la Russie pour venir jouer dans la LNH. En 10 ans, la ligue est passée d’aucun joueur russe à une présence de 1,6%. Le chiffre a atteint un sommet de 7,3% en 2000, mais l’arrivée de la KHL en 2008 a fait chuter ce pourcentage à 3,3%. La fragilité et la fiabilité inégale de la ligue russe a toutefois fait en sorte qu’en 2015, il y avait dans la LNH 4% de joueurs provenant de la Russie et c’est assez stable depuis.

D’autres pays ont un portrait comparable à celui de la Russie: la République tchèque, la Slovaquie et la Lettonie ont toutes connu un sommet au tournant des années 2000, mais depuis, le nombre de joueurs provenant de ces pays a plutôt tendance à diminuer lentement.

Pour sa part, la Suède est de plus en plus présente. Depuis 1990, on peut voir que la progression est constante: une augmentation d’environ 2% à chaque décennie. Avec une présence d’un peu plus de 10% en 2017, il n’y a jamais eu autant de joueurs suédois dans la LNH.

À plus petite échelle, plusieurs autres pays sont également en ascension constante depuis 2000: la Suisse, le Danemark et même la France.

Les rivaux des Suédois, les Finlandais, sont eux aussi en progression lente mais constante. Les 4,3% de joueurs finlandais cette année constituent un sommet pour la présence de ce pays dans la LNH.