La LNH met beaucoup d’accent sur l’expérience lors de l’embauche de ses dirigeants

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La LNH ne fait jamais vraiment rien comme les autres et un partisan qui se spécialise dans les visualisations l’a bien illustré mardi. Jason Paul a seulement regardé le nombre de DG dans la LNH, la NBA et la MLB qui ont eu une carrière professionnelle comme joueur avant de prendre le contrôle d’une équipe et il les a comparé. Comme tu peux t’en douter, les résultats ne sont pas édifiants pour la LNH.

Alors que les anciens joueurs devenus DG sont en voie d’extinction dans la MLB et la NBA, ils excellent dans la LNH. En fait seulement huit équipes de la ligue comptent sur un DG qui n’était pas un joueur professionnel et ça compte cinq gars dont le père a travaillé dans la ligue (Stan Bowman, Chuck Fletcher, Pierre Dorion, Doug Armstrong et Ray Shero) ainsi que Toronto où Brendan Shanahan est le patron de Lou Lamoriello. Ça laisse donc deux gars qui viennent « de l’extérieur ». Il s’agit de John Chayka en Arizona et Jeff Gorton avec les Rangers.

On parle donc d’un club sélect où il est extrêmement difficile d’entrer sans contact et c’est curieux considérant tous les millions en jeu. Comme on le voit avec les autres ligues, ce n’est plus vraiment comme ça que ça se passe ailleurs à cause des enjeux, mais la LNH prend plus de temps à s’adapter.

Il y a certainement un lien à faire avec l’adoption lente des statistiques avancées dans la LNH comparativement à la MLB et la NBA, mais ce n’est pas tout ce qui explique ça. Le hockey reste un petit monde et même si c’est certain qu’il y a de bonnes idées qui viennent de gens ayant grandi à l’extérieur du sport, les propriétaires y vont habituellement avec le choix safe lors de l’embauche de ceux qui guideront leur équipe.

C’est compréhensible parce que c’est plus facile à vendre aux fans (après tout, le joueur vient souvent du passé de l’équipe) et que c’est un moins gros risque. On voit cette deuxième partie avec les Coyotes présentement où John Chayka n’arrive pas à faire lever son équipe et la pression externe vient plus rapidement qu’en Floride par exemple où Dale Tallon est téflon avec les médias. Ceci étant dit, on voit que ça fait en sorte que la LNH tire de l’arrière par rapport aux autres ligues.

Ça ne veut pas dire que les gens de l’extérieur n’ont pas accès aux emplois décisionnels dans la ligue. On le voit de plus en plus notamment avec les Maple Leafs et les Hurricanes, mais c’est clair que cet élan de nouveauté ne s’est pas encore rendu au sommet de la pyramide.

La bonne nouvelle, c’est que ça crée des opportunités pour les propriétaires qui voient ce changement d’air venir puisqu’il y a des bonnes têtes de hockey qui n’ont probablement pas reçu la promotion méritée à cause de cette tendance. À Montréal, c’est difficile de ne pas penser à Julien Brisebois si jamais Marc Bergevin perdait son emploi…

Tout cela ne veut pas dire qu’il ne devrait pas y avoir d’anciens joueurs à la tête des équipes de la LNH. Ça signifie seulement que l’expérience comme joueur est probablement sur-évalué présentement et que ça offre plus d’opportunités à ceux qui ont joué à un haut niveau. Ça fait en sorte que ce ne sont pas nécessairement les dirigeants les plus méritants qui sont en poste dans la ligue. Plus la ligue va s’ouvrir à cette nouvelle réalité, plus ça va être facile pour ceux qui viennent de l’extérieur de grimper les échelons et c’est probablement une bonne nouvelle pour les fans de l’organisation qui les emploie parce qu’il y a clairement une opportunité de ce côté.

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