La barrière de la langue et la forteresse de l’intolérance

Drama

La journaliste de ESPN Emily Kaplan a réalisé un article très intéressant sur la barrière de la langue dans la LNH. La présence de joueurs russes, suédois, finlandais et d’autre origines fait en sorte que parfois certains nouveaux venus en Amérique du Nord ont de la difficulté à entrer en communication avec leurs coéquipiers. Après tout, la LNH est encore en grand majorité constituée d’hommes blancs nés en Amérique du Nord et parlant l’anglais.

Malgré tout, la ligue compte cette saison 109 joueurs nés en Suède, 66 provenant de la Russie, 44 de la République tchèque et 30 de la Finlande. La diversité est une excellente chose pour la ligue, ça améliore le spectacle grâce à l’arrivée de joueurs de grand talent et ça prouve que la LNH est encore la meilleure ligue au monde.

Le joueur de centre des Coyotes Max Domi estime que parfois la langue peut être une barrière, mais qu’au final, des joueurs provenant de pays différents arrivent à assembler une seule équipe et que c’est ce qui fait la force de ce sport, de cette ligue.

D’autres joueurs, comme Tyler Seguin, n’ont malheureusement pas la même ouverture d’esprit. Dans l’article de ESPN, on peut lire cette choquante déclaration de l’attaquant des Stars:

«Guys always talk in different languages. Sometimes you just put your foot down. We’re in North America, we’re not going to have a team of cliques»
– Tyler Seguin

 

En gros, il dit que d’entendre des joueurs russes ou suédois parler leur langue entre eux dans le vestiaire, sur le banc ou sur la patinoire, ça le dérange. Selon lui, les joueurs anglophones doivent mettre leur pied à terre et imposer l’anglais à tous, parce qu’on est en Amérique du Nord.

Quelle belle déclaration de colon!

Et quand je dis colon, je parle de ceux qui sont arrivés en Amérique il y a plus de 500 ans et qui ont imposé leur langue, leur religion et leur mode de vie aux peuples autochtones qui vivaient ici bien avant eux. Ces colons qui ont massacré des milliers d’Amérindiens Aztèques et Incas en Amérique au Mexique en Amérique du Sud; ces colons qui ont évangélisé de force les Premières Nations en Amérique du Nord, pour ensuite les isoler dans des réserves et les exclure le plus possible de la société.

Les propos de Seguin sont révoltants et inacceptables. Il est vrai que tous les joueurs doivent apprendre l’anglais pour communiquer avec leurs coéquipiers, leurs entraîneurs et leurs fans. Ils le font tous éventuellement, mais ce n’est pas toujours une chose facile. Ils doivent faire l’effort d’apprendre la langue prédominante dans leur nouvel environnement, mais on ne peut certainement pas leur reprocher d’établir des liens plus facilement avec d’autres joueurs provenant du même pays qu’eux. On ne peut pas non plus leur en vouloir de parfois vouloir s’exprimer entre eux dans leur langue maternelle. C’est un réflexe parfaitement normal.

La LNH doit demeurer une ligue ouverte au reste du monde et il faut continuer d’encourager les joueurs des autres pays à venir jouer en Amérique du Nord. Imaginez une LNH sans Ovechkin, Karlsson, Kutcherov, Kopitar, Tarasenko, Forsberg, Bobrovsky, Lundqvist et tous les autres joueurs nés ailleurs qu’en Amérique du Nord. Il est clair que les partisans de hockey seraient perdants si on n’avait que des joueurs nés ici.