Eugenie Bouchard répond à toutes les questions suite à son élimination

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Coup de théâtre hier à la Coupe Rogers, Eugénie Bouchard a été éliminée lors de son premier match. Après coup, la joueuse de tennis a répondu à de nombreuses questions, en anglais et en français. Voici l’intégralité de ses propos lors de sa conférence de presse d’après-match gracieuseté d’un transcript de Tennis Canada.

Q. Pouvez-vous nous dire à quel point la pression a joué dans ce match?

R. C’est certain, je ressentais la pression. Je dois m’habituer à gérer la pression dans des matches comme celui-là. J’ai beaucoup à apprendre de ce match.

Q. Mais vous avez réussi à revenir après avoir perdu le premier set 6/0, pouvez-vous expliquer comment vous avez réussi à renverser la vapeur?

R. Je savais que je devais rentrer dans ce match après avoir perdu le premier set. J’étais dans une situation difficile et le moins que je pouvais faire était de revenir dans le match et je l’ai fait dans ce deuxième set, c’est au moins un point positif que je peux tirer de ce match.

Q. Puis vous êtes retombée, pouvez-vous nous dire ce qui s’est passé?

R. Ce sont de choses qui arrivent. Je n’ai pas joué mon meilleur tennis pendant tout le match. J’ai perdu un peu ma concentration au troisième set, et de son côté, elle a été solide pendant tout le match, elle était là pour le prendre.

Q. Etiez-vous à 100% physiquement, pas de blessures?

R. Je me sentais bien. Mais c’était mon premier match depuis Wimbledon et je n’étais pas vraiment prête à jouer un vrai match. C’était difficile pour moi après Wimbledon.

Q. Quel est le niveau de votre déception? Vous deviez ressentir une responsabilité vis-à-vis des organisateurs, de tous ceux qui attendaient beaucoup de vous ?

R. Je veux toujours faire de mon mieux. J’essaie de faire tout ce que je peux sur le court, mais parfois, cela ne tourne pas comme je le voudrais. J’aurais voulu faire beaucoup mieux ici, à Montréal. Alors oui, je suis très déçue pour cela.

Q. Vous avez dit ne pas être prête pour ce match, mais vous avez beaucoup joué dernièrement. Qu’auriez-vous pu faire différemment?

R. Il y a une grande différence entre un match et un entrainement. Le dernier vrai match que j’ai joué était en finale à Wimbledon. C’était dur pour moi de jouer ici, mais le programme était ainsi, je devais jouer. Dès le début, j’ai su que ce serait difficile. C’est comme cela.

Q. Pouvez-vous comparer le stress d’une finale à Wimbledon et un match ici devant votre public?

R. C’est similaire, effectivement. Wimbledon était un moment très important pour moi. Ici, ce n’était qu’un deuxième tour, mais je savais qu’il y avait énormément d’attentes de beaucoup de personnes. Je pense aussi que le fait que je sois entrée dans les dix meilleures et le fait que je sois arrivée en finale à Wimbledon ont contribués à ces attentes qui pesaient sur moi.

Q. Quand vous êtes entré sur le court, le public vous a accordé une longue ovation, et même si vous n’avez pas bien joué, il vous a soutenue. Pouvez-vous nous parler du public ?

R. J’ai été surprise ! J’ai terriblement mal joué au premier set, et le public est malgré tout resté avec moi pendant tout le match. C’était vraiment bon de sentir leur soutien.

Q. Votre premier match depuis Wimbledon. Cela a évidemment joué un rôle. Vous avez un peu arrosé, fait quelques doubles fautes, c’était les nerfs ou l’adrénaline ?

R. J’ai senti un peu la pression sur le court. J’avais l’impression d’être un peu rouillée, en manque de matches. Je le savais même avant d’entrer sur le court, je ne peux donc pas invoquer cette excuse. Je savais que la situation allait être difficile à gérer. Mais je suis contente de m’être prouvé à moi-même que je pouvais renverser la situation et ne pas passer complètement à côté de mon match. C’est un élément positif dans ce match.

Q. Les conditions ont été vraiment étranges, avec un début de match tardif, pas d’électricité, pas de tableau d’affichage pour le score… Avez-vous eu du mal à vous concentrer ?

R. Cela m’a un peu déconcentrée parce que je n’entendais pas l’arbitre aussi fort que d’habitude, parfois je ne l’entendais pas du tout. Et pas de tableau d’affichage… Mais bien entendu, c’était pareil pour les deux joueuses. N’empêche que cela n’aide pas. C’était un peu la série noire !

Q. Comme vous le disiez, vous avez pu renverser la situation, pourquoi n’avez-vous pas continué sur la même lancée au troisième set ?

R. Elle a été assez solide pendant tout le match, alors… elle n’a pas raté beaucoup de balles et elle était toujours présente. Dès que je me relâchais un peu, comme au troisième set, elle était partout. Elle a vraiment pris ce match.

Q. Parfois, quand on a une longue pause, on travaille sur certaines choses pour améliorer son jeu. Avez-vous travaillé sur certains coups après Wimbledon ?

R . Après Wimbledon, j’ai pris deux semaines de repos, donc à l’entrainement, je voulais surtout retrouver mon niveau, et progresser encore. Je voulais travailler un peu tout, la régularité, frapper la balle très tôt, des choses comme cela que je fais bien, tout en les améliorant encore. Je ne me sentais pas très bien sur le court, mais je peux tirer de nombreuses leçon de ce match, pas forcément sur le tennis, mais sur tout le reste.

Q. Après avoir renversé la situation et remporté le deuxième set, avec l’ovation du public, vous êtes-vous dit : « ça y est, je suis dedans, je peux le gagner » ?

R. J’essayais de ne pas voir trop loin après ce deuxième set. Je n’ai pas commencé le troisième set très fort, ce qui aurait probablement était important. Je me suis retrouvée comme au premier set à nouveau, avec des hauts et des bas. Ce n’est pas comme cela que je dois jouer. Je dois être beaucoup plus régulière.

Q. Une carrière est pavée de hauts et de bas. Est-ce la plus grande déception de votre carrière ?

R. Je ne pense pas. C’est juste un match. J’ai bien joué toute cette année, c’est normal d’avoir des hauts et des bas. Je vais beaucoup apprendre, mais je suis toujours heureuse de vivre !

Q. Est-ce un match qui peut vous motiver ou vous faire progresser, ou bien un match à oublier ?

R. Ce match va me motiver. Même vers la fin du troisième set, j’ai fait de beaux points, je sentais bien mes coups. Cela me motive à rejouer des matches, des tournois. C’est ce que je vais faire.

Q. Aussi décevant que cela puisse paraitre, puisque vous jouez à domicile, c’est aussi un match de préparation pour l’US Open. Pensez-vous arriver en bonne forme à New York ? Cette défaite change-t-elle votre préparation ?

R. Je ne sais pas, le plan est de jouer la semaine prochaine. J’espère pouvoir jouer davantage de matches. Je vais me préparer pour l’US Open, c’est le grand objectif. Mais je veux bien faire dans tous les tournois que je vais jouer. C’est mieux que cela soit arrivé avant un Grand Chelem car cela me permettra d’en tirer les leçons et de me réajuster pour l’US Open.

Q. Vu tous les changements que vous avez connus en dehors des courts dans cette dernière année, quel effet ont-ils eu sur votre capacité à rester concentrée sur l’entrainement et les matches ?

R. J’ai effectivement constaté un changement dans ma vie depuis le début de l’année, encore plus depuis Wimbledon. Il va falloir que je m’y habitue, surtout en venant à Montréal où tout est encore plus fou que dans les autres tournois. Mais je pense que j’ai bien géré. Je ressens quand même la pression et le reste, mais c’est une bonne position, c’est là où je veux être. Il faut seulement que j’apprenne à mieux gérer.

Q. Gérer la pression et les attentes est ce dont vous avez besoin pour aborder l’US Open, pour passer cette prochaine étape, celle du titre ?

R. Je pense, oui. Plus on réussit, plus il faut gérer de choses. Mais je l’ai dit, c’est là que je veux être. Le tout est de s’y habituer et de rester concentrée sur le tennis, qui doit être la priorité.

Q. Vous paraissiez avoir des problèmes avec votre service aujourd’hui, votre genou vous a-t-il gêné ?

R. Mes problèmes de service n’ont rien à voir avec mon genou.