Des gais et des noirs aux Jeux olympiques

Drama
Crédit photo - Gus Kenworthy via Instagram

On a tendance à l’oublier, mais les Jeux olympiques ont une importante fonction sociale. Lorsqu’on voit les meilleurs de la planète accomplir des prouesses qu’on n’oserait tenter nous-mêmes, nous avons tendance à oublier que ce sont des êtres humains, qui ont grandi et continuent de grandir dans le même monde que nous.

Les Jeux olympiques constituent une vitrine exceptionnelle pour des athlètes qui n’ont souvent pas la reconnaissance qu’ils méritent en-dehors des éjeux. Cet événement doit nous permettre de les connaître, les acclamer, mais aussi de faire avancer l’ensemble des sociétés qui y participent.

 

Un baiser inspirant

Dimanche, avant d’effectuer sa descente, le skieur freestyle américain Gus Kenworthy est allé embrasser son copain, Matt Wilkas. Ce petit baiser est passé à la télé en direct un peu partout dans le monde et depuis, il enflamme le web. Ce n’était pas un baiser passionné, mais néanmoins particulièrement inspirant et nécessaire.

En entrevue, Matt Wilkas s’est dit heureux de l’effet positif de ce baiser. Il a apporté un petit bémol: s’il avait su que c’était filmé et que ça ferait le tour du monde, il en aurait fait un bien plus langoureux!

La communauté LGBT a reconnu ce moment comme une source de grande fierté qui, souhaitons-le, permettra d’abattre des barrières. Parce que oui, il y a des homosexuels aux Jeux olympiques, au même titre qu’il y en a dans les milieux artistiques, politiques, etc. Ils font partie de notre société, bien que malheureusement encore victimes d’intolérance et d’exclusion dans de très nombreux pays. Dans un monde idéal, on ne ferait pas de cas de ce baiser. Des athlètes qui vont embrasser leur conjoint ou leur conjointe, c’est monnaie courante. Dans un monde idéal, ce baiser ne serait pas devenu viral, mais nous ne vivons pas dans un tel monde. Nous vivons dans un monde où il font montrer cette réalité à une partie de la planète qui ne veut pas l’accepter. Il faut montrer ce baiser pour tous les jeunes homosexuels qui vivent dans la peur qu’on découvre leur secret et qui pensent qu’ils ont pas le droit de rêver aux Jeux olympiques.

 

Le bobsleigh et les noirs aux Jeux olympiques

En ce mois de l’histoire des Noirs, il sera particulièrement inspirant de voir aller l’équipe canadienne de bobsleigh à 4, ce vendredi. Le quatuor compte trois athlètes noirs: Lascelles Brown, Neville Wright et Bryan Barnett.

 

C’est certainement un pas dans la bonne direction. La bonne direction étant: une plus grande diversité aux Jeux d’hiver. Après tout, sur près de 3000 athlètes réunis à Sotchi, on ne compte seulement qu’une quarantaine de noirs. Bien sûr, il faut prendre en considération qu’il n’y a que 92 pays qui participent aux Jeux de PyeongChang, contre plus de 200 présents habituellement aux Jeux d’été. Dans la délégation canadienne de 225 athlètes, il y a 6 noirs, dont 5 bobeurs. Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont aussi une forte proportion de noirs parmi leurs équipes de bobsleigh. La plupart de ces athlètes ne pratiquent pas le bobsleigh depuis qu’ils sont petits. La majorités des bobeurs proviennent du monde de l’athlétisme.

 

Le bobsleigh: fer de lance de la diversité aux J.O.

Le bobsleigh a été l’un des premiers sports d’hiver à inclure des athlètes noirs. Pour les jeux de Lake Placid, en 1980, le Canada et les États-Unis ont eut l’idée de recruter des joueurs de football et des sprinteurs. C’est ainsi que 56 ans après les Jeux de Chamonix, Robert Wilson (Canada) ainsi que Jeff Gadley et Willie Davenport (États-Unis) sont devenus les premiers athlètes noirs à participer aux Jeux d’hiver.

Aujourd’hui, il faut que les autres sports d’hiver emboîtent le pas au bobsleigh. Les athlètes noirs des J.O. doivent faire l’objet d’une plus grande promotion. Il faut accentuer leur visibilité dans les médias pour inspirer les jeunes garçons et filles noir(e)s à vouloir les imiter. Le sport est avant tout un monde de héros. Les Jeux olympiques doivent faire ce que Marvel a fait avec Black Panther: proposer des modèles noirs à un public habitué de ne voir que des blancs.