Cinq choses à savoir sur les contrats de la LNH

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Comme tu le sais, c’est l’été et le contenu de hockey commence à manquer. Un de nos lecteurs a pensé que ce serait le bon temps pour expliquer des concepts que l’on utilise à tous les jours lorsqu’on parle de contrats, mais qui ne sont peut-être pas clairs pour tout le monde. Je trouvais que c’était une bonne idée, donc je vais en explorer cinq assez communs. Si tu maîtrises déjà bien la convention collective, ce texte-là n’est pas pour toi, mais sinon, ce n’est jamais une mauvaise idée de relire sur ces concepts.

Les contrats à deux volets

On commence avec l’aspect qui est probablement le moins compris du groupe. Je blâme EA Sports qui nous a longtemps donné la mauvaise application dans ses jeux. Un contrat à deux volets n’affecte pas l’éligibilité d’un joueur au ballottage. Celle-ci est déterminée par l’âge du joueur, son nombre d’années dans la ligue et le nombre de matchs auxquels il a participé. CapFriendly a un bon tableau qui résume le tout de ce côté.

Tout ce que le contrat à deux volets affecte, c’est le salaire d’un joueur. Un joueur avec un contrat à un volet fera le même salaire dans la LNH ou dans la AHL (même qu’il en fera un peu plus dans les mineures à cause de l‘escrow dont on va aussi parler) alors qu’un joueur avec un contrat à deux volets verra son salaire diminuer s’il est rétrogradé. Son salaire sera calculé selon le nombre de jours qu’il passera dans une ligue ou l’autre. C’est pour cette raison que certains joueurs avec des contrats du genre se négocie une garantie supérieure à leur salaire dans la AHL au cas où ils resteraient pris là tout au long de l’année.

La différence entre les agents libres avec ou sans compensation

C’est le concept que l’on utilise le plus souvent. En gros, quand tu es agent libre sans compensation, l’équipe n’a plus aucun droit sur toi une fois que ton contrat est terminé le 1er juillet. Quand tu es avec compensation, ta formation a encore tes droits de négociation, ce qui veut dire qu’une autre équipe qui te signe devrait le faire avec une offre hostile et si l’équipe originale n’égale pas l’offre, elle recevra une compensation en choix au repêchage.

Le problème, c’est que la dernière offre hostile qui a fonctionné (Dustin Penner) date de plus de 10 ans, donc quand tu es agent libre avec restriction, tu restes avec ton équipe. Ce pouvoir de négociation diminué fait en sorte que ces années dans la carrière d’un joueur valent beaucoup moins cher comparativement à celles où il peut tester le marché. Il y a plusieurs façons de devenir agent libre sans compensation, mais la plus commune est un joueur d’au moins 27 ans ou qui a sept ans d’expérience dans la LNH.

L’escrow

C’est un concept dont on entend moins parler pour le moment, mais comme il va causer le prochain lock-out, c’est le temps d’en parler. C’est un peu compliqué, mais en gros, les joueurs ne touchent jamais le montant pour lequel ils signent leur contrat dans la LNH. Comme c’est une entente entre la ligue et les joueurs, ça n’affecte pas les gars qui écoulent leur contrat dans la AHL. En gros, la convention collective stipule que les joueurs ont droit à 50% des revenus de la ligue et ils séparent ce 50% entre eux selon le salaire pour lequel ils ont signé. Pour ce faire, ils ne peuvent pas recevoir ce montant brut parce que la ligue paierait trop cher et les joueurs dépasseraient le 50% dans la séparation des revenus.

À la place, ils placent entre 10 et 20% de leurs salaire en fiducie (que l’on appelle escrow) et lorsque les calculs finaux rentrent, la ligue redistribue l’argent qui revient aux joueurs dans ce qu’ils avaient placé auparavant. Comme tu peux t’imaginer, les joueurs n’aiment pas placer autant d’argent de côté en sachant qu’ils n’y toucheront pas complètement et qu’ils ne savent même pas quand ils la verront. C’est donc un sujet très sensible pour eux.

Ça a augmenté au cours des dernières années puisque le montant à placer en fiducie est plus important. C’est ainsi parce que les revenus de la ligue nationale n’augmentent pas vraiment, mais le plafond salarial doit le faire pour permettre aux agents libres de signer à des montants raisonnables. À cause des équipes trop près du plafond, une année sans augmentation ralentirait énormément ce marché et ces agents libres perdraient une tonne d’argent à cause d’un timing malheureux. Malgré eux, les joueurs votent donc pour cette augmentation à chaque année même si ça ne fait qu’ajouter au problème. Lors de la prochaine convention collective, ils vont certainement vouloir négocier un plafond sur ce montant et les propriétaires ne voudront rien savoir, donc prépare toi à en entendre parler.

Le bonus de signature

Le bonus de signature a le mauvais nom parce que les gars ne reçoivent pas l’argent quand ils signent leurs contrats. C’est plutôt un montant qui rentre à chaque 1er juillet et qui ne peut pas être racheté. Ils sont de plus en plus populaires puisqu’ils sont plus ou moins la seule protection que les joueurs ont contre un rachat et ils sont avantageux quand on sait qu’un lock-out s’en vient en 2020.

Les types de clause

Les clauses de non-échange peuvent parfois être frustrantes parce qu’elles laissent la chance aux joueurs qui les ont de choisir leur destinée. Il existe toutefois plusieurs types de clause. La plus commune est la clause de non-échange qui fait en sorte que le joueur doit entériner toute transaction le concernant. Il y a aussi des clauses de non-échange limitées où le joueur peut soumettre une liste d’équipes (dont le nombre est pré-déterminé dans le contrat) auxquelles il acceptera ou non d’être échangé. L’autre clause est la seule qui protégeait les joueurs du repêchage d’expansion. C’est celle de non-mouvement qui fait en sorte qu’en plus de ne pas pouvoir être échangé, le joueur ne peut pas être envoyé dans les mineures.