Aleksandra Wozniak lance une campagne GoFundMe pour l’aider à poursuivre sa carrière

Drama
Crédit photo - Tennis Canada

Décidément, les joueuses de tennis canadiennes font parler d’elle cette semaine. Après Françoise Abanda qui a affirmé être victime de racisme, voilà qu’Aleksandra Wozniak lance elle aussi un cri du cœur.

La joueuse de 30 ans demande l’aide du public afin de la soutenir financièrement. Aleksandra Wozniak est actuellement 336e au monde et souhaite revenir dans le top 100, qu’elle n’a pas atteint depuis 2014. Celle qui a déjà été 21 au monde a été passablement ralentie par les blessures souhaite revenir en force, mais elle affirme ne plus avoir aucun appui financier.

C’est pourquoi elle a lancé une campagne de sociofinancement sur le site GoFundMe. En 12 heures, elle a franchi la barre des 1000 $ amassés. Son objectif est d’aller chercher 50 000 $.

 

Wozniak et Abanda VS Eugenie

Je ne crois pas que ce soit une coïncidence si on a eu droit à deux sorties de la part de Françoise Abanda et Aleksandra Wozniak cette semaine. Les deux ont choisi de lancer un appel à l’aide de deux façons bien différentes, mais le fond du problème semble être le même. Depuis qu’Eugénie Bouchard a connu une éclosion extraordinaire en 2013 et 2014, les amateurs de tennis du Canada (et même ailleurs dans le monde) et les médias ne semblent avoir de yeux que pour Genie. Elle a connu la gloire qu’aucune autre joueuse canadienne n’a jamais eue avant, elle a attiré les commanditaires et une immense dose d’amour des fans. Malgré ses insuccès répétés depuis plusieurs années, elle demeure encore la joueuse canadienne qui suscite le plus d’intérêt.

On peut donc facilement comprendre qu’un sentiment d’injustice et, disons-le, de jalousie s’est installé au sein des autres joueuses de tennis Canada. Françoise Abanda et Aleksandra Wozniak n’ont pas le quart de la visibilité qu’Eugenie possède. Et que dire de Carol Zhao, qui est présentement 136e au monde et dont absolument personne ne parle!

Or, au tennis, comme dans plusieurs sports, la visibilité est le nerf de la guerre, puisqu’elle permet d’aller chercher des commanditaires. Une athlète peut beaucoup plus se monnayer quand les médias parlent abondamment d’elle, même si elle connaît de mauvaises performances.

Eugénie Bouchard déçoit par ses performances, mais elle continue d’attirer les projecteurs, laissant dans l’ombre les Françoise Abanda, les Aleksandra Wozniak et les Carol Zhao du Canada. C’est pour cette raison que certaines se sentent forcées de demander l’aide du public.

 

Françoise Abanda et le racisme

La déclaration de Françoise Abanda a suscité beaucoup de réactions cette semaine. Celle-ci a déclaré qu’elle n’aurait jamais le même traitement qu’Eugenie Bouchard, parce qu’elle était noire. Je crois qu’il s’agit d’une déclaration maladroite. Ce n’est pas la couleur de sa peau qui l’empêche de jouir du même succès d’Eugenie. Cette dernière a grimpé jusqu’au 5e rang mondial et a bien su monnayer son image en multipliant les apparitions médiatiques et en étant très active sur les médias sociaux.

De son côté, Françoise Abanda n’a jamais été plus haut que le 111e rang. Tout part de là. Néanmoins, je suis convaincu que la jeune joueuse est victime de racisme de façon générale. Malheureusement, je pense qu’on peut dire que toutes les personnalités sportives, artistiques et médiatiques qui ont la peau noire doivent subir du racisme. Des commentaires, des insultes, des regards, le racisme est présent dans notre société; une personnalité publique va assurément et surtout tristement en subir pendant sa carrière. Toutefois, je ne crois pas que ce soit le racisme qui fasse en sorte que Françoise Abanda n’a pas toute l’attention qu’elle mérite.

Aleksandra Wozniak est blanche, elle a déjà été 21e au monde et n’a jamais eu le même traitement que Genie. C’est le joli minois d’Eugénie, ses performances étincelantes en 2014 et sa capacité d’en tirer profit qui lui ont permis d’attirer autant les projecteurs. On peut toutefois se questionner sur la pertinence d’accorder tout notre attention à une joueuse qui est en chute libre depuis plus de trois ans. Est-ce que c’est correct ? Certainement pas. C’est injuste et ça mérite d’être décrié, mais de la bonne façon.