Une étude statistique nous permet de mieux comprendre le système défensif du CH

Tyler Dellow, de Mc79Hockey, est un blogueur de Toronto qui se concentre dans l’étude des statistiques avancées dans la LNH. En fin de semaine, il s’est penché sur l’étude des lancers bloqués lors de la dernière saison. Ses chiffres nous permettent de comprendre un fait intéressant sur la défensive du Canadien.

Dellow s’est concentré sur les lancers bloqués à 5 contre 5 pendant la dernière saison. Ça nous permet de nous rendre compte d’une tendance chez l’équipe entraîné par Michel Therrien.

Habs 1

En effet, l’an dernier, le Canadien a terminé 2e au chapitre des lancers bloqués à égalité numérique, tout juste derrière les Rangers de New York connu pour cet aspect du jeu. C’est légèrement surprenant puisqu’on savait que le club bloquait pas mal de lancers, mais pas qu’il se retrouvait dans les meilleurs de la ligue de ce côté. Pour toute l’attention que Tortorella et son style reçoivent, c’est bizarre que Therrien évite le tout.

C’est encore plus intéressant lorsqu’on regarde les chiffres de Dellow lorsqu’il sépare les lancers des attaquants adverses de ceux des défenseurs adverses. Commençons avec les chiffres pour les lancers des attaquants adverses.

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Comme on peut le voir, le Canadien est une des équipes qui bloquent le plus de lancers provenant des attaquants adverses. Ils font partie d’un top 4 qui se distance pas mal du reste de la ligue. Cela ne se fait pas par hasard.

On remarque que ce graphique ressemble beaucoup au précédent qui englobait tous les lancers. Certains croient que c’est le cas parce que c’est la mentalité des équipes qui bloquent le plus de lancers. Ceux qui sont dans cette catégorie vont tenter de tout bloquer et vont donc se retrouver au sommet dans tous les graphiques. Si c’était le cas, on retrouverait les mêmes équipes au sommet lorsqu’il est question des lancers des défenseurs adverses. Pourtant…

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Le Canadien se retrouve dans le dernier tiers des lancers par les défenseurs adverses bloqués. On remarque que c’est le cas pour plusieurs équipes qui bloquent beaucoup d’attaquants. Donc, comment cela arrive-t-il ?

C’est impossible d’avoir la réponse exacte (sans une étude vidéo qui prendrait des jours), mais on peut certainement avoir des hypothèses basées sur les données dont nous disposons. Selon ce qu’on voit avec ces données, le Canadien est une des équipes qui favorise un système défensif qui demande à ses attaquants de rester plus bas dans la zone pour mettre la pression sur les attaquants adverses. En faisant cela, les défenseurs adverses ont plus d’espace dans le haut de la zone offensive et voient donc leurs lancers se rendre au filet plus souvent lorsqu’ils s’élancent.

Le dernier tableau de Dellow semble aussi nous pointer vers cette direction.

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En effet, en bloquant beaucoup de lancers des attaquants adverses, le Canadien force les équipes adverses à les attaquer à partir de la ligne bleue et de leurs défenseurs. On peut dire cela puisque le % des lancers adverses qui vient des attaquants est bas lorsqu’on compare aux autres équipes de la ligue.

Cela va dans la direction de notre hypothèse puisqu’en apportant plus de pression que la majorité des autres équipes sur les attaquants adverses, le Canadien laisse plus de place aux défenseurs tout en limitant les attaquants.

Donc, en jouant plus bas dans la zone (pour mieux couvrir les attaquants), les joueurs du CH ouvrent plus les lignes de passe et de tir aux défenseurs adverses. Cela créera donc plus de lancers de la part des défenseurs pendant que les attaquants devront attendre la bonne occasion avant de s’élancer.

On remarque la même chose pour des équipes comme les Rangers, Sharks, Ducks et Blue Jackets qui semblaient tous utiliser la même tactique que le CH. Dans tous les cas, les lancers des attaquants sont bloqués plus souvent et sont, du même coup, tentés moins souvent.

Ce n’est pas une situation qu’on peut qualifier de bonne ou mauvaise. C’est simplement un résultat du système de Therrien qui semble mettre l’accent sur les attaquants adverses que sur les défenseurs. Bref, le succès offensif contre le Canadien devra venir des défenseurs, car ils auront plus l’opportunité qu’à l’habitude de s’inscrire au pointage.

C’est notre hypothèse. Et vous, quelle est votre hypothèse par rapport à ces données sur le jeu défensif du Canadien?