Trop de joueurs canadiens chez le Canadien?

Canadiens

Au hockey, on associe le 1er juillet à l’ouverture du marché des joueurs autonomes. Le 1er juillet, c’est la journée des déménagements au Québec, mais c’est aussi la Fête du Canada.

Malheureusement, aucune équipe canadienne n’a mis la main sur la coupe Stanley depuis le CH en 1993. Malgré tout, les amateurs de hockey du Canada se targuent que si ce sont des équipes américaines qui remportent les honneurs année après année dans la LNH, ils sont en majeure partie composées de joueurs canadiens. C’est vrai, mais la présence canadienne dans la LNH faiblit d’année en année, en raison de l’émergence de plusieurs autres puissances du hockey, telles que la Suède, la Finlande, les États-Unis et plusieurs autres.

On n’a qu’à regarder le plus récent repêchage pour remarquer que la diversité s’empare de plus en plus de la ligue. Sur les 31 joueurs sélectionnés en première ronde, on compte 10 Canadiens, 6 Suédois, 6 Américains, 4 Russes, 2 Finlandais, 2 Tchèques et 1 Allemand.

 

Plus de diversité = plus de chances de gagner la coupe Stanley

Les formations comprennent davantage qu’elles doivent élargir leurs horizons si elles souhaitent demeurer compétitives. Parmi les aspects qui font cruellement défaut au Canadien, il faut ajouter justement cette notion de diversité. Sur les 26 joueurs ayant endossé l’uniforme du tricolore l’an dernier, 18 d’entre eux proviennent du Canada. Les 8 autres sont issus des États-Unis (3), de la Finlande (2), de la Suède (1), de la Russie (1) et de la République tchèque (1). 69% des joueurs du tricolore la saison dernière sont nés au Canada. C’est bien faible si on compare la situation du CH à celle des meilleures équipes de la ligue.

 

Les Capitals de 2017-2018

Les champions en titre ont un bien meilleur équilibre quant à l’origine de ses joueurs. Sur 25 joueurs, les Caps on compté sur 8 canadiens (32%), 6 américains (24%), ainsi que 3 Russes (12%) et 3 Tchèques (12%). Washington a en plus mis sur la glace 2 Suédois, 1 Autrichien, 1 Anglais et 1 Danois.

Les finalistes de la Coupe Stanley ont fait moins bien en terme de diversité, mais ça reste beaucoup mieux que le CH. Les Golden Knights ont utilisé 41 joueurs cette saison. Dans le lot, on compte 24 Canadiens (59%), 7 Américains (17%) et 4 Suédois (10%). On peut ajouter à ça 2 Tchèques, 1 Finlandais, 1 Français, 1 Slovaque et 1 Italien.

 

La diversité au sein des 10 derniers gagnants de la Coupe Stanley

Si on regarde les 10 derniers champions de la LNH, on remarque aussi que la diversité est presque toujours au rendez-vous. Les Penguins de 2016-2017 disposaient de 16 Canadiens, 15 américains, 3 Suédois, 1 Tchèque, 1 Russe, 1 Suisse, 1 Allemand et 1 Finlandais.

L’année d’avant, les mêmes Penguins avaient mêmes plus d’Américains (16) que de Canadiens (14) au sein de son club., en plus de 3 Suédois, 2 Russes, 1 Finlandais, 1 Néerlandais, 1 Tchèque et 1 Allemand

Les Blackhawks de Chicago, qui ont remporté la coupe Stanley 3 fois en 6 ans avaient eux aussi compris que la diversité était importante. En 2014-2015, ils ont aligné 15 Canadiens, 10 Américains, 6 Suédois, 3 Finlandais, 1 Slovaque et 1 Danois.

Lors de la saison 2012-2013, 16 joueurs des Blackhawks étaient canadiens, 8 étaient américains, 4 étaient suédois et il y avait aussi 2 représentants de la Slovaquie et 2 de la République tchèque.

En 2009-2010, on a vu à Chicago 19 joueurs canadiens, 5 américains, 2 suédois, 2 slovaques, 1 finlandais, 1 tchèque et 1 français.

La presque exception des Kings de 2014

La plus faible diversité au sein des 10 derniers gagnants de la coupe Stanley, ce sont les Kings qui, en 2014, comptaient sur 20 Canadiens, 5 Américains ainsi qu’un représentant pour chacun de ces quatre pays: la Slovaquie, la Russie, le Brésil et la Slovénie.

Lors de leur précédent championnat, en 2012, les Kings avaient 17 joueurs canadiens, 9 américains, 2 russes et 1 slovène.

En 2011, les Bruins avaient dans leur alignement 20 Canadiens, 6 Américains, 2 Tchèques, 1 Slovaque, 1 Finlandais et 1 Allemand. L’année d’avant les Penguins avaient remporté la coupe Stanley au terme d’une saison durant laquelle 21 Canadiens, 12 Américains, 2 Russes, 1 Finlandais, 1 Ukrainien, 1 Slovaque, 1 Tchèque et un joueur né au Brunei.

 

Le CH doit regarder ailleurs

Bien sûr, la diversité ne fait pas foi de tout, mais ça serait définitivement un avantage pour le CH d’être en mesure de recruter et développer des joueurs de diverses origines, avec des mentalités, des aptitudes et une culture différente. L’union fait la force et plus on ratisse large, plus on est en mesure d’ajouter des atouts différents à la formation.

Les meilleures équipes de la LNH ne sont plus canadiennes. Elles ne sont pas américaines non plus; elles sont internationales.