Serait-ce la Latendressisation de Louis Leblanc?

Canadiens

Je ne suis pas du genre d’émettre des opinions sur l’actualité du hockey parce que je trouve que c’est trop facile de faire ça. Mais émettre des opinions sur la construction d’opinion, c’est plus mon genre en tant que sociologue… C’est pourquoi au lieu de vous parler d’un gardien de but des Blackhawks des années 50 (allez sur mon blogue si vous le voulez), permettez-moi de poser une question d’actualité : Est-on en train de vivre la Latendressisation de Louis Leblanc ?

Je m’explique…

On connaît tous l’histoire de l’arrivée de Guillaume Latendresse chez le Canadien de Montréal. C’était il y a déjà un bon bout de temps, en 2006. Ayant connu un bon camp d’entraînement l’année précédente mais ayant été retourné à son club junior, Guillaume est arrivé au camp d’entraînement avec un vent de sympathie du public. Tous les médias, probablement même les Kiwis et les Hommes, un émission dont les animateurs aiment dénoncer les choses pas correctes dans le monde, criaient à la nécessité de garder le jeune joueur, à l’injustice de ne pas garder ce « ti-québécois » avec le Grand Club quand on en a un qui enfin semble être bon après une décennie de joueurs québécois moyens (ou mauvais) ou de joueurs venant de pays comme la Yougoslovaquie comme dirait Jean Perron… Non seulement les médias s’y sont mis, mais la foule également lors des matchs pré-saison en scandant le légendaire « Guy, Guy, Guy », si bien que cette pression aidant, Guillaume Latendresse, 19 ans, a fait l’équipe pour la saison 2006-07… Vous le voulez, vous l’avez… C’était l’ordre du jour…

Vous savez la suite, Guillaume est arrivée dans une équipe mal coachée (disons les vrais choses, Carbo était un mauvais coach, rappelez-vous le système avec les ailiers qui attendaient à la ligne bleue adverse) et s’est vu attribué des rôles qui n’était pas le sien, si bien qu’au lieu de parfaire son développement dans la Ligue Américaine comme il aurait dû y être, il a vite stagné avec le triste résultat qu’on a connu. Il s’Est souvent plaint de ne pas jouer de la manière dont il voudrait, étant assigné à un rôle plus défensif, s’est vite blasé et sa qualité de jeu est allée en descendant. Quand le Canadien l’a échangé au Wild en retout du (mettez votre adjectif qualificatif préféré) Benoît Pouliot en novembre 2009, on ne pouvait qu’admettre le constat d’échec dans le développement de ce jeune joueur…

C’est triste mais c’est ça…

(Finalement, le changement vers le Junior était pas si drastique du côté esthétique…)

Nous sommes 5 ans plus tard et le jeune joueur sous lequel sont les « spotlights » s’appelle Louis Leblanc. Choix de première ronde en 2009, on nous en fait l’apologie depuis tellement longtemps qu’on ne peut que s’impatienter de le voir arriver avec le Canadien et pour cause. Pour avoir vu évoluer Louis Leblanc à quelques reprise avec le Canadien et avec le Junior de Montréal, j’ai pu constater personnellement qu’on a affaire à un joueur assez exceptionnel. Pas un Wayne Gretzky ni un Crosby (pour les plus jeunes), mais un joueur très intelligent et très talentueux avec un physique potentiellement imposant. Il est donc normal de suivre son cheminement avec beaucoup d’intérêt comme on le fait depuis son passage remarqué avec les Lions du Lac St-Louis il y a quelques années…

Comme je l’ai insinué plus haut, Leblanc a connu un assez bon camp l’année dernière avec le Canadien avant d’être cédé à son club junior, le Junior de Montréal. Il a connu un relativement bonne saison avec le Junior avant de se blesser et de rater la fin de la saison.

Nous sommes donc ici en septembre 2011 et le camp des recrues du Canadien s’est ouvert hier et déjà on voit poindre une question d’intérêt nationale : « Est-ce que Louis Leblanc va commencer la saison avec le Canadien? » C’est là que tout peut prendre des proportions hallucinantes… On sait tous que Leblanc en plus d’être un bon joueur est un joueur dont on attend beaucoup, après tout il fut le premier joueur québécois repêché en première ronde par le Tricolore depuis 1996. On a donc des attentes, on nous le vend depuis des années et c’est là que le cas de Louis Leblanc peut titiller…

C’est donc au tour de Louis Leblanc d’avoir sur le dos la pression d’être un prospect québécois avec le Canadien, chose pas évidente. Déjà hier on nous servait dans les bulletins de nouvelles du « Puis, Louis Leblanc? », à TVA Sport on nous faisait un sondage à savoir si Louis Leblanc devrait jouer avec le Canadien cette saison (51% oui). La machine est partie… J’ai juste l’impression que dans les prochains jours ou les prochaines semaines cette question reviendra quotidiennement en prenant des proportions exponentielles avec l’avancement du camp du Canadien. Sachons seulement que l’opinion publique ça se travaille. Revenons seulement à la construction de l’opinion des médias québécois lors des dernières élections avec le NPD, après un sondage douteux de la Presse mettant le NPD en avance au Québec, tout a déballé. Alors est-ce qu’on aura droit à la Latendressisation de Louis Leblanc?

Je ne suis pas habilité à y répondre, mais personnellement, je ne croit pas que Leblanc devra se retrouver avec le Canadien et surtout, je ne crois absolument pas que ce dernier retourne dans le circuit junior. Leblanc a évolué avec quatre équipes différentes lors des quatre dernières années, il a donc connu quatre entraîneur différents, quatre systèmes différents. C’est clair qu’il a besoin de plus de stabilité et de se fondre dans un système de jeu pour parfaire son développement. Il a donc eu un parcours pas très normal (bien que la normalité soit un concept relatif) et selon moi, la meilleure manière de développer ce petit joyau est de l’envoyer regarder le feu qui sort des aciéries d’Hamilton, surtout si il est encore blessé…

(Vous voyez, c’est presque un chandail des Bulldogs d’Hamilton… Ça lui fait bien.)

Parce que si c’est pour le faire évoluer sur le troisième ou quatrième trio du Canadien, comme ce fut le cas avec Guillaume Latendress, vaut mieux lui faire visiter Rockford, Peoria ou encore Bridgeport… (Il va a-do-rer le Connecticut.) Au pire on le rappellera plus tard s’il performe bien avec les Bulldogs…

Donc calmons-nous le pompon avec les « pour une fois qu’on en a un bon qui vient de chez nous » et soyons patients avec Louis Leblanc comme nous l’avons été avec PK Subban et Carey Price et ne faisons pas un Latendresse de cet attaquant prometteur aux joues rouges… Je pense que la patience peut être une vertu…

Mais je suis certain qu’avec l’explosion des canaux spécialisé en sport, on a probablement pas fini de se faire garrocher des opinions et des « zexpertizes » à propos de Louis Leblanc… Laissons-les donc parler pour une fois…

 

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Ah…

Et tant qu’à parler d’un Louis, pourquoi pas écouter ce classique… Cette version en particulier de 1963 des Kingsmen est un véritable classique du rock garage…