Max Pacioretty parmi l’élite de la LNH?

Pendant que JT est en vacances, le 25stanley poursuit sa série d’articles sur les joueurs du Canadiens évaluées par des statistiques « avancées », ou comme on les appelle, les statistiques que vous n’entendrez jamais à l’Antichambre. Lundi, on vous a parlé de Tomas Plekanec et hier c’était au tour des Gallys. Aujourd’hui, on s’attarde à Max Pacioretty.

Le tableau ci-dessus nous provient d’Hockey Abstract en collaboration avec Behindthenet. Comme vous pouvez le voir, il classe Max Pacioretty en bonne compagnie lorsqu’on évalue la ligue selon le Corsi Relatif des 5 dernières saisons de la LNH.

Mais qu’est-ce que le Corsi Relatif ?

C’est la première question qui peut venir en tête et c’est bien normal. Comme son nom l’indique, le Corsi Relatif est là pour mettre en contexte, en quelque sorte, le Corsi d’un joueur. Le Corsi d’un joueur est le +/- de lancers que son équipe tente par rapport à l’autre équipe. Ces lancers incluent les lancers bloqués, manquant le filet, arrêtés par le gardien et qui se retrouvent au fond du filet. On ramène ce +/- à une moyenne par 60 minutes pour chaque joueur, question de mettre tout le monde sur le même pied d’égalité. Donc, si un joueur est à +24 en 240 minutes jouées, son Corsi sera de 6.

Le Corsi est utile, car il permet de quantifier la possession de rondelle en zone offensive qui a une forte corrélation avec les succès des équipes dans la ligue.

Le Corsi Relatif est calculé à partir du joueur. On prend le Corsi du joueur puis on le soustrait au +/- des lancers tentés de l’équipe lorsqu’il n’est pas sur la glace. Encore là, on ramène le tout à chaque 60 minutes pour faire une soustraction qui fait du bon sens. Si on prend l’exemple précédent du joueur au Corsi de 6 et on le fait jouer dans une équipe qui fut +408 pendant les 2040 minutes où le joueur en question n’était pas sur la glace, cela fait un Corsi Relatif de -6 au joueur (6 – 12).

Bref, le Corsi Relatif est là pour comparer ta performance à celle de l’équipe quand tu n’es pas sur la glace. Ça permet donc de voir à quel point se situe un joueur par rapport à ses coéquipiers et l’importance qu’un joueur a pour les siens.

Qu’est-ce que ça veut dire pour Pacioretty ?

Maintenant qu’on comprend la statistique en tant que telle, on peut voir ce que ça veut dire pour Pacioretty qui se retrouve au 5e rang de la ligue lorsqu’on prend en compte les 5 dernières saisons.

La première chose que l’on remarque est le % de mises au jeu offensives que prend Max Pacioretty. Il se retrouve à 50%, ce qui est moins que les 4 qui se retrouvent devant lui. La différence est particulièrement marquante avec les Sedin qui ont été bien placés par Alain Vigneault au cours des dernières années. Ce chiffre est intéressant, car plus tu commences en zone offensive, plus tu as de chances que ton équipe lance plus que l’équipe adverse. C’est logique puisque tu te retrouves du côté où le filet est situé. Cela te donne donc un avantage indéniable au niveau du Corsi et des joueurs comme les Sedin, Marc-André Bergeron, Nikolai Zherdev et Jonathan Toews en ont profité.

Pacioretty est également très peu payé lorsqu’on le compare aux joueurs qui se retrouvent autour de lui dans le classement. Seul Justin Williams le devance avec un plus faible salaire et le fait que Ryan Getzlaf se retrouve tout juste au-dessous de Pacio aide à relativiser le salaire de l’attaquant américain.

Mais qu’est-ce que cela veut dire? Ça veut dire que, depuis 5 ans, Pacioretty est un des joueurs qui domine le plus le reste de son équipe en ce qui concerne l’attaque et la possession de rondelle en zone offensive. Il le fait sans monopoliser les mises au jeu offensives et sans commander un trop gros salaire. C’est donc dire que Pacioretty est un des joueurs qui mérite le plus son temps de glace, car il représente une claire amélioration par rapport à ses coéquipiers.

Par contre, il semblerait que les entraîneurs de Pacio n’aient pas compris le message. Depuis 2008-2009, Pacioretty s’est classé 12e (08-09), 10e (09-10), 6e (10-11), 2e (11-12) et 4e (12-13) au niveau du temps de glace par match à égalité numérique chez les attaquants du Canadien. C’est donc dire que, selon cette statistique, Pacioretty s’est classé au 5e rang en ce qui concerne le mérite de son temps de glace dans la ligue, mais qu’il n’a craqué le top 5 de l’ÉQUIPE qu’à 2 reprises et n’a jamais été au sommet du temps de glace des attaquants pour l’équipe. Pourtant, le seul autre attaquant qui a évolué avec le Canadien qui a craqué le top 40 est Scott Gomez.

C’est donc une bonne nouvelle pour Pacio, mais pas nécessairement pour le Canadien, qui lui offre un Corsi d’équipe qui lui permet de se classer si haut dans la ligue. Ça nous dit également que Pacioretty est sous-utilisé chez le Canadien. Selon cette statistique, Pacioretty devrait être l’attaquant le plus utilisé, et de loin, mais ce ne fut pas le cas l’an dernier alors que Michel Therrien lui a préféré Brian Gionta, Tomas Plekanec et David Desharnais à égalité numérique.

Si l’on se fie à cette statistique, Pacioretty serait le joueur le plus utile du Canadien de Montréal. Bien évidemment, il ne faut pas baser notre jugement seulement sur cette statistique, mais on peut certainement mentionner que Pacioretty a sa place dans la discussion. On peut également croire que l’attaquant est une aubaine pour le Canadien et que son impact sur le club est plus grand que ce que l’on perçoit. Ce qu’on veut dire, c’est que la majorité des partisans du CH vous diront que Pacioretty est un bon attaquant, mais vous ne trouverez pas grand monde qui le placeront comme candidat au titre de MVP de l’équipe alors qu’il mérite de faire partie de la discussion.