Les mises au jeu, le vrai problème du Canadien?

Embed from Getty Images

Tout le monde a son opinion sur la cause des problèmes du Canadien cette saison. Marc Bergevin, Claude Julien et Geoff Molson sont les responsables les plus souvent nommés, mais ça divague aussi dans certains cas. Comme d’habitude, la vérité est probablement un mélange de plusieurs facteurs, mais la théorie de Tyler Dellow à ce propos est très intéressante.

Le chroniqueur de l’Athlétique a écrit un superbe texte que tu devrais aller lire si tu as l’abonnement et que tu es à l’aise de lire en anglais, mais si ce n’est pas le cas, voici sa théorie. Selon Dellow, le problème du Canadien est aux mises au jeu et ce n’est pas nécessairement à cause du taux de succès de l’équipe lors de celles-ci (4 joueurs de Montréal sont dans le top 55 parmi les centres ayant pris au moins 50 mises au jeu dans la LNH cette saison).

Le problème se passe plutôt après ces mises au jeu. Depuis le début de la saison, Montréal a un différentiel de buts de -11 15 secondes après les mises au jeu à 5 contre 5. C’est la pire marque de la ligue et de loin alors que les Sabres et l’ancienne équipe de Claude Julien, les Bruins, viennent à égalité au 29e rang à -4. Comme le différentiel de buts du Canadien à 5 contre 5 est de -13, c’est un chiffre notable.

Lorsqu’on creuse plus loin, soit dans les séquences non-OTF (que Dellow classifie comme une présence qui commence avec une mise au jeu), on voit que le Canadien a accordé 32 buts et en a marqué seulement 11, ce qui est atroce. Encore une fois, c’est le pire différentiel de la ligue, six buts derrière les Coyotes. Lorsqu’on prend les séquences ne commençant pas par une mise au jeu, donc quand il y a eu un changement au banc pendant l’action, le Canadien se retrouve avec le 5e meilleur différentiel de la ligue.

Dellow s’est penché sur ces séquences et il a trouvé que peu importe la zone, gagne ou perd la mise au jeu, le Canadien fait moins bien que la moyenne de la ligue. En plus, l’équipe n’a pas de différentiel positif dans les six situations possibles.

C’est dans la zone offensive où on se serait attendu au contraire, mais après avoir perdu une mise au jeu de la sorte, Montréal a marqué deux fois tout en allouant autant de buts. Ce sont les mêmes chiffres après une victoire de mise au jeu offensive, ce qui est plutôt perturbant. Lorsqu’on compare ça aux chiffres dans la zone défensive, le problème est encore plus évident puisque le Canadien est à -6 après les défaites au cercle (1 but pour, 7 contre) et -7 après les victoires (1 but pour, 8 contre).

La bonne nouvelle, c’est que si c’est vraiment le problème du Canadien, et Dellow présente bien son point pour nous convaincre que c’est le cas, le personnel d’entraîneurs peut travailler sur ces lacunes et corriger la situation. Identifier le problème est une grosse partie du processus et quand c’est tangible, c’est plus facile à corriger.

Ce n’est pas idéal de voir que l’ancienne équipe de Julien souffre aussi de ce côté, mais il y a certainement des ajustements tactiques qui peuvent être apportés. Il reste maintenant seulement à espérer que le personnel soit en mesure de le faire et ça nous donnera certainement quelque chose à surveiller de près lors des prochaines rencontres.