Les 5 problèmes de Geoff Molson

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Ça va bientôt faire 20 jours que Pierre Gauthier a été congédié. Depuis, les seules nouvelles que l’on apprend font état de candidats qui se désistent pour ce prestigieux poste. Quand même étrange qu’on ne se précipite pas à genou devant la porte du bureau laissé vacant par Pierre Gauthier. Il faut toutefois admettre que les critères de sélection de Geoff Molson pour son prochain directeur-gérant limitent le nombre de candidats. Quand Pierre McGuire est dans la ligne de mire, un homme qui a cogné aux portes de toutes les équipes de la NHL plus souvent que Guy Carbonneau l’a fait pour un poste d’assistant entraineur dans la AHL, tu sais qu’il y a un manque de talent pour travailler à Montréal. Se trouver un bon directeur-gérant : le problème de Geoff  Molson en 5 points.

Critères de sélection

À Montréal, il faut un directeur-gérant expérimenté qui parle français. Le dossier de la langue n’aurait pas autant d’importance si Geoff Molson n’avait pas fait la gaffe de mettre Randy Cunneyworth à la barre du CH sur un coup de tête en pleine saison. Les médias ont fait tellement peur à Geoff Molson cet hiver que celui-ci doit faire des cauchemars dans lesquels il donne une conférence de presse et nomme un nouveau directeur-gérant unilingue anglophone.

Pour ceux qui doutent de l’importance du bagage d’expérience du prochain directeur-gérant, pensez aux commentaires de Brian Burke lorsqu’il a engagé Randy Carlyle au lieu de l’entraineur des Marlies de Toronto. Questionné à savoir pourquoi, Brian Burke avait répondu : êtes-vous malade d’envoyer un homme sans expérience au milieu de piranhas? Il va se faire bouffer vivant. Un DG sans expérience significative à Montréal va se faire bouffer tout rond.

Contrôle Freak

Le vrai problème dans le dossier du prochain directeur-gérant du Canadien est la façon de gérer de Geoff Molson. Geoff Molson veut tout contrôler. Tout savoir. Tout décider. Geoff Molson donne l’impression qu’il est un bon président qui délègue en faisant des conférences de presse solennelle en annonçant qu’il s’entoure de gens compétents, mais le problème de Geoff Molson est que peu importe les conseils qu’on lui donne, il fait à sa tête. C’est correct. Le gars vient de payer 575 millions pour un club qui en vaut maintenant 445M$. Geoff Molson écoute les autres, mais il agit en fonction de la petite voix dans sa grosse tête.

En quoi un bon gestionnaire d’équipe de hockey est-il intéressé à travailler pour un patron qui va lui souffler dans le cou constamment?

Lorsque Ray Lalonde était le vice-président markéting du Canadien, on le décrivait comme étant un micro-manager. Il voulait tout savoir, tout décider, et tout contrôler dans son département! Geoff Molson, lui, veut tout contrôler de A à Z.  Il met son nez dans tous les départements.

Gestionnaire de buffet

Geoff Molson est un gestionnaire de type buffet. Vous savez, l’avantage lorsqu’on mange dans un buffet est qu’on goute à toutes sortes de choses. Il y a du choix en masse. On choisit ce qu’on veut manger au moment présent. La bouffe est bonne au gout, mais il n’y a rien d’excellent. Malheureusement, dans un buffet, il y a des éléments qui sont négligés. J’ai appris le terme « gestionnaire buffet » dans mon premier cours de management aux HEC. Vous doutez que Geoff Molson est un gestionnaire de type buffet?

Bref, Geoff Molson s’implique dans le département des relations publiques en répliquant sur Twitter aux allégations des journalistes. Geoff Molson joue au préfet de discipline de la NHL en publiant de grosses lettres. Geoff Molson joue à l’entraineur adjoint (voir Kirk Muller) en espionnant ses joueurs sur Twitter. Geoff Molson joue au directeur-gérant en obligeant Pierre Gauthier à congédier Jacques Martin. Geoff Molson fait du markéting en allant à Tout Le Monde en Parle. Geoff Molson est promoteur de spectacle chez Evenko. Geoff Molson est vendeur de hot dog dans les estrades du Centre Bell. OK, celle-là je viens de l’inventer. C’est drôle, on n’a jamais vu Pierre Boivin intervenir dans ces facettes de l’univers du Canadien.

L’entraineur

Même si les deux parties nient s’être parlés (et c’est probablement vrai puisqu’il y a des limites à mentir en pleine face à la population du Québec), le choix de Geoff Molson pour l’entraineur du Canadien est Patrick Roy. Les rumeurs sont intenses et persistantes dans le dossier de Patrick Roy. Les deux hommes n’ont pas discuté, mais Geoff Molson a certainement dit à une bonne douzaine de personnes que l’homme qu’il voulait derrière le banc et devant les caméras est Patrick Roy. Quel homme de hockey est intéressé à être directeur-gérant d’une équipe en sachant que sa première décision, celle avec laquelle il va composé 24 h/7, ne sera pas la sienne?

Conseiller

En date d’aujourd’hui, Geoff Molson a deux conseillers. Serge Savard et Kevin Gilmore.

Serge Savard pourrait être nommé vice-président opération hockey? Com’on. On parle de Julien Brisebois comme candidat au poste de DG. Julien Brisebois est l’ancien vice-président opération hockey du Canadien. Mettre Serge Savard à ce poste est une excellente de façon de reculer en arrière jusqu’à l’époque où Serge Savard était le DG du Canadien. Je suis complètement en accord avec les interrogations de Mathias Brunet concernant les capacités de Serge Savard de bien conseiller Geoff Molson. Le rôle de Serge Savard au sein du Canadien devrait se limiter à convaincre Patrick Roy à revenir à Montréal avant le retour des Nordiques.

Un ami du président du Canadien, Kevin Gilmore, a droit à son grain de sel à l’occasion. Vous ne connaissez pas Kevin Gilmore?  Il est vice-président exécutif et chef de l’exploitation. Qu’est-ce que cet homme a accompli cette saison mis à part ramener l’orgue au Centre Bell et le chant de célébration après les buts du Canadien? Pendant que j’y suis avec Kevin Gilmore, je dois dire que je suis déçu de sa performance sur les réseaux sociaux. Depuis deux ans, le Canadien était chef de file à travers la NHL sur les internets. En date d’aujourd’hui, le Canadien n’est même pas sur Instagram ou Tumblr. Pendant ce temps, au sein de la nouvelle acquisition d’un milliard de dollars de Facebook, des équipes comme les Red Wings nous montrent ce que Pavel Datsyuk fait dans l’avion après les matchs et comment Benoit Pouliot se prépare dans le vestiaire des Bruins. De leur côté, les Kings font des « meme » pour se moquer de Ryane Clowe. Parlant de «meme», en voici un comparant la démarche de Geoff Molson avec celle de Leonardo Dicaprio. Le Canadien n’est plus d’avant-garde en cette matière, il est maintenant un follower.

Il y a exactement un an, le Canadien menait sa série 2-0 contre Boston. Il y a un an. Pas 5 ans. Aujourd’hui, le Canadien n’a même pas d’entraineur, ni de directeur-gérant pour le repêchage qui a lieu dans 65 jours. Yeah right qu’on va faire les séries en 2012-2013.

Je sais que plusieurs vont trouver que je suis extrêmement négatif par rapport à Geoff Molson, mais regardez à quel point la business du Canadien est rendue désastreuse. En l’espace d’une saison avec Geoff Molson comme président, le Canadien a passé de leader marketing à follower, a raté les séries pour la 1re fois depuis 2007, a vu ses cotes d’écoute chuté de 100 000 auditeurs par match, a mis un terme à sa série de salles combles, a encaissé une diminution de ses profits, une réduction considérable de la vente de jerseys, jusqu’à entendre ses anciens joueurs traiter l’organisation de zoo, etc.

Le prochain directeur-gérant du Canadien est mieux d’être bon, parce que ça va devenir difficile d’attirer de bons joueurs de hockey à Montréal.

P.-S. Je me suis vraiment retenu pour ne pas traiter Geoff Molson d’enfant-roy dans ce texte.