Le top six du Canadien est l’un des pires de la ligue

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Lentement, mais sûrement, la saison perdue du Canadien suit son cours. Il ne reste plus beaucoup de suspense dans ces dernières parties puisqu’on sait que le club sera bien positionné au repêchage et qu’il manquera les séries. On sait aussi qu’à la fin de l’année, tout le monde va identifier des coupables différents pour expliquer le fiasco de cette année.

Tyler Dellow, anciennement des Oilers et maintenant avec l’Athlétique, a pris de l’avance en identifiant un problème inquiétant pour le Canadien. Selon les calculs de Dellow, le top six du Canadien a été le deuxième pire de la LNH à 5 contre 5 cette saison. Ils ont marqué environ 12 buts de moins que le top six moyen de la ligue et lorsqu’on ajoute leur impact défensif, on se retrouve avec un différentiel de 23,6 buts derrière la moyenne de la ligue.

Ce dernier chiffre est intéressant puisque comme le note Dellow, normalement, on évalue que chaque trois buts valent un point au classement. Or, si on applique cette méthode ici, avec un top six moyen à cinq contre cinq, le Tricolore aurait présentement 58 points au classement, ce qui les classerait à égalité avec les Blue Jackets et les Islanders. Ce sont les deux équipes qui occupent les dernières places en séries dans l’Est, donc Montréal serait au cœur de la course aux séries au lieu de rêver à Rasmus Dahlin.

Lorsque l’analyste plonge un peu plus dans ces chiffres, il note une tendance aussi inquiétante. Celui qui tire le top six vers le haut est celui qui est dans les rumeurs de transaction cette saison (Max Pacioretty). À cause du cycle de l’équipe, c’est compréhensible que l’on le retrouve là, mais ça nous rappelle aussi à quel point il sera difficile à remplacer lors de son départ.

Normalement, la présence de Jonathan Drouin rassurerait, mais celui qui fait des miracles sans Shea Weber sur l’avantage numérique ne réussit pas à faire la même chose à cinq contre cinq. C’est une tendance dans son cas parce que c’était la même situation à Tampa l’an passé.

La bonne nouvelle de ce côté, c’est qu’une bonne partie de l’absence de sa production à cinq contre cinq depuis le début de sa carrière est reliée aux % de conversion. Éventuellement, ces chiffres devraient s’améliorer alors qu’il prendra de l’expérience dans la ligue, mais on doit aussi espérer voir la même chose avec ceux de ses coéquipiers parce que leurs chiffres plantent lorsqu’ils jouent avec lui (par exemple, Galchenyuk marque sur 8,6% de ses tirs sans Drouin sur la glace et 4,9% lorsqu’il est là).

Ce que tout ça veut dire, c’est que nos yeux ne nous mentent pas quand ils nous disent qu’il manque un joueur d’impact au top six du Tricolore. Ceci dit, il faut également se rappeler qu’il y en a déjà un là en Max Pacioretty et que son départ ferait en sorte que le top six serait encore plus sous pression.

L’émergence de Drouin pourrait régler une partie du problème, mais pour l’instant il fait justement partie du problème plutôt que de la solution. Ce n’est pas la situation dans laquelle Marc Bergevin voulait se trouver, mais comme c’est ce qui fait la différence entre les séries et le top 10 du repêchage, il devra trouver une solution même si c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire.