Le désavantage numérique du Canadien n’a rien de rassurant

Lorsque le Canadien a procédé au rappel de Jacob de la Rose il y a maintenant plus d’une semaine, Michel Therrien avait justifié le geste en parlant notamment de son désavantage numérique qui en arrachait. Il avait alors l’une des pires unités à ce chapitre dans la ligue et même si le Canadien n’a pas accordé de but dans cette situation en 4 matchs depuis le rappel du Suédois, il y a encore lieu de s’inquiéter par rapport à cet aspect du jeu.

Depuis le début de la saison, le Tricolore a écoulé 79,8% de ses punitions sans accorder de but ce qui le place à égalité au 22e rang dans la LNH. Ce n’est pas bon, mais ça ne semble pas si mal. Ça devient problématique lorsqu’on fouille plus loin dans les chiffres et qu’on parle en termes de buts.

Cette saison, le Tricolore a alloué 34 buts en désavantage numérique alors qu’il n’en a marqué que 3. Seulement 5 équipes ont un différentiel pire que celui du Canadien (-31) cette année et aucune d’entre elles ne sont en séries (Stars, Jets, Sabres, Avalanche et Coyotes). Si on voulait être optimiste, on pourrait se dire que Montréal est à égalité avec les Hawks et les Penguins à ce chapitre, ce qui est bon considérant la solidité de leurs places en séries (tout comme celle du Canadien d’ailleurs). Ça montre quand même à quel point c’est difficile de maintenir une bonne fiche malgré une unité aussi médiocre.

D’ailleurs, comment se fait-il que le Canadien a un différentiel aussi mauvais tout en étant capable de maintenir le 22e rang en termes d’efficacité en désavantage numérique? La réponse est bien simple; l’indiscipline. Les Canadiens ont été en désavantage numérique à 168 reprises cette saison. Les Flames, les Jets, les Ducks et l’Avalanche sont les seules formations à avoir fait pire cette saison et à l’exception du Colorado, ils ont tous joué plus de matchs que le Canadien cette saison.

À ce niveau, les joueurs qui font mal à l’équipe ne sont pas ceux auxquels on penserait initialement en s’attardant aux problèmes de désavantage numérique du Canadien. En effet, les acquisitions de l’été (Radulov et Weber) ont le pire différentiel de punitions de l’équipe depuis le début de la saison selon Corsica Hockey. Les deux sont à -11 tout juste devant Emelin à -10 alors que Radulov a pris un total incroyable de 23 punitions depuis le début de la saison. C’est un sommet à Montréal. La situation est un peu moins pire lorsqu’on regarde ces chiffres relativement à leur temps de glace, mais ce n’est quand même pas ce que tu veux de la part de joueurs qui étaient supposés aider l’équipe au niveau des unités spéciales.

Au moins, ils font le travail sur l’avantage numérique. Avec un taux de réussite de 22,4%, le Canadien a le 5e meilleur avantage numérique de la ligue et lorsqu’on regarde le différentiel de buts de cette unité (+30), Montréal se retrouve à égalité au 6e rang, ce qui est très bon lorsqu’on parle d’une facette du jeu qui était problématique au cours des dernières campagnes.

Par contre, si tu suis encore ce texte et que tu es capable de faire une addition, tu te rends compte que cette renaissance de l’attaque à 5 n’est pas suffisante pour soulever le différentiel d’unités spéciales du Tricolore, qui est de -1. C’est donc dire que Marc Bergevin a réglé un problème cet été en se donnant les atouts pour rebâtir un bon avantage numérique (Weber, Radulov et Muller), mais que ce beau travail est anéanti par un désavantage numérique qui, malgré 4 matchs consécutifs parfaits, est absolument terrible.

Ça fait en sorte que le Tricolore vient à égalité au 16e rang au niveau du différentiel de buts sur les unités spéciales. Ce n’est pas si mal, mais cet aspect du jeu est tellement important que seulement 2 formations occupant présentement une place en séries sont derrière la troupe de Michel Therrien dans ce classement (les Sharks à -6 au 21e rang et les Blackhawks à -10 au 26e échelon). Considérant le nombre d’équipes qui manquent les séries dans la LNH, c’est une statistique assez incroyable. Seulement 12 équipes ont différentiel inférieur à celui du Canadien sur les unités spéciales et 10 d’entre elles manqueraient les séries si elles commençaient immédiatement.

Cette stat démontre à quel point le Canadien est chanceux de s’en tirer aussi bien au classement avec une unité aussi putride. Pour les éternels optimistes, c’est un signe extrêmement positif puisque Montréal a pris une solide avance sur le reste de la division malgré cette situation grâce à du jeu exemplaire à 5 contre 5 et c’est ce qui te fait gagner en séries. Maintenant, le Canadien a 34 matchs pour trouver une solution afin de s’assurer que leur désavantage numérique ne coule pas leurs chances en avril, mai et qui sait? peut-être même juin.