Le Canadien a tout à gagner avec l’arrivée de Jake Allen

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Marc Bergevin n’est peut-être pas le meilleur directeur général de la LNH, mais son taux de réussite lors des transactions est très élevé.

Le DG du CH a réussi à mettre la main sur Tomas Tatar, Nick Suzuki, Phillip Danault, Alexander Romanov, Shea Weber, Jeff Petry et Max Domi, en cédant souvent peu à l’autre équipe. La vaste majorité, voire la totalité, de ces transactions ont été nettement à l’avantage du tricolore.

En janvier, Bergevin a tenté sa chance avec Ilya Kovalchuk. Le joueur russe a connu des débuts intéressants à Montréal. Sa valeur a grimpé et le Canadien l’a échangé contre un choix de troisième ronde, alors qu’il n’avait rien donné pour l’obtenir.

C’est avec ce choix des Capitals que Marc Bergevin est allé chercher le gardien Jake Allen mercredi.

On ignore si le Néo–Brunswickois réussira à devenir le gardien substitut qu’on attend depuis longtemps à Montréal. Mais même si Allen se révèle être un flop, on ne pourra pas parler d’un échange raté de la part du CH.

Tout à gagner, rien à perdre

En effet, le gardien de 30 ans arrive à Montréal avec une expérience de près de 300 matchs dans la LNH, auxquels s’ajoutent 24 rencontres éliminatoires.

Jake Allen a eu le rôle de numéro 1 pendant plusieurs années à St-Louis. Depuis l’an dernier, il a été relégué à un rôle de numéro 2.

Néanmoins, il a conservé une excellente fiche cette saison (12-6-3, 92,7% d’efficacité et 2,15 buts alloués par match). D’accord, il avait une très bonne équipe devant lui, mais ses statistiques sont à tous le moins encourageantes. On ne parle pas d’un gardien en déroute comme Keith Kinkaid lorsqu’il a signé avec le Canadien l’été dernier.

Si Jake Allen est capable de jouer autour de 25-30 matchs l’an prochain, tout en donnant une chance de gagner au Canadien, ce sera une importante amélioration pour le tricolore.

Si ça ne fonctionne pas, son contrat expire à la fin de la saison 2020-2021. Dans le pire des cas, il aura quitté Montréal dans moins d’un an.

On s’en fiche du salaire

C’est vrai que 4,35 millions de dollars, c’est beaucoup pour un numéro 2. Avec le salaire de Price, le Canadien dépensera presque 15 millions devant son filet.

Ouin, pis?

Premièrement, ce n’est que pour un an et deuxièmement, le CH a beaucoup de place sous le plafond salarial. En gros, le tricolore a toute la marge disponible pour se payer ce gardien substitut. Alors pourquoi s’en priver?

Actuellement, Karl Alzner et ses 4 625 000$ sont inclus dans la masse salariale du Canadien. Même chose pour Dale Weise et son salaire de 2,35 millions.

Il serait surprenant que Weise soit de retour avec ce salaire l’an prochain. Dans le cas d’Alzner, il serait étonnant qu’on le revoit à Montréal tout court.

Selon le site CapFriendly, on pourrait s’attendre à ce que le tricolore se retrouve avec un espace de 16,6 millions sous le plafond salarial lorsque le marché des joueurs autonomes s’ouvrira.

Il y a Max Domi qui demeure un point d’interrogation; quittera-t-il ou restera-t-il?

S’il part, ça laissera encore plus de marge de manœuvre à Marc Bergevin. Si Domi reste, on a de la difficulté à imaginer qu’il pourra aller chercher plus de 6 millions par saison. Ses 44 points en 71 rencontres cette année ont refroidi les ardeurs de ceux qui croyaient que le fougueux attaquant ferait sauter la banque.

Avec tout cet argent, le directeur général du Canadien doit maintenant tenter d’améliorer son équipe, notamment en défensive. On sait que les joueurs autonomes les plus appétissants n’ont pas coutume de signer à Montréal, mais Marc Bergevin aura les moyens de faire une surenchère intéressante à un joueur qu’il désire vraiment. Sinon, il pourra utiliser son espace sur la masse salariale pour « aider » une autre formation davantage coincée sous le plafond.

Du temps pour Primeau

L’arrivée de Jake Allen chez le Canadien devrait également enlever de la pression sur les épaules de Cayden Primeau. Le jeune gardien pourra profiter d’une année de plus chez le Rocket, et surtout, espérons-le, une saison complète et une participation aux séries.

Le cerbère américain a démontré de très belles choses à Laval en 2019-2020, mais la COVID-19 nous a empêché de mesurer l’ampleur de son potentiel. Normalement, il sera devant la cage du Rocket pour une majorité de rencontres en 2020-2021.

Trop de choix de repêchage

Il n’y a pas non plus de raison de s’offusquer du choix cédé aux Blues. Cette sélection en sera une de milieu de troisième ronde. Le Canadien pourra de toute façon repêcher dans ces eaux-là avec son propre choix de troisième tour.

De plus, le CH avait 13 choix de repêchage avant d’en envoyer un à St-Louis. Quant on sait qu’un majorité des joueurs repêchés n’atteignent jamais la LNH, il vaut parfois mieux miser sur un Jake Allen, dont on sait qu’il est de calibre pour la Ligue nationale.

13 choix, c’est trop. Le CH n’aurait jamais pu signer tous ces joueurs au moment venu. Avoir une banque de choix aussi garnie, c’est bien, mais il faut savoir s’en servir pour améliorer l’équipe et parfois, ça implique de transiger certains de ses choix.

En conclusion, l’arrivée de Jake Allen représente un pari sans véritable risque, mais qui pourrait potentiellement donner un bon coup de main au Canadien la saison prochaine.