La chance du Canadien a tourné

Therrien

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Avec une seule victoire en 7 matchs, la grogne commence à s’installer à Montréal. Le Tricolore, qui était au premier rang de la LNH il n’y a pas si longtemps, est maintenant au 3e rang de la division Atlantique 3 points derrière le Lightning et les Red Wings qui ont tous deux un match en main sur le Canadien.

Tous les amateurs ont leur explication pour cette mauvaise passe du Tricolore, mais celle que je n’entends pas souvent est la malchance (ou la régression). Lorsqu’on regarde les chiffres, on se rend compte que la chance du Canadien a simplement tourné depuis la victoire de 2-0 contre les Bruins à Boston le 22 novembre dernier.

Avant de continuer, c’est important de qualifier ce qu’est la chance dans la LNH. Rob Vollman a établi 5 facteurs qui nous permettent d’évaluer quelles équipes du circuit Bettman ont été chanceuses pendant une saison. Aucun de ces facteurs n’est parfait puisqu’ils sont tous des mélanges de talent et de chance (comme tous les résultats au hockey), mais quand on les assemble, on voit qui joue au-dessus de leur tête.

Ces facteurs sont la réussite sur les unités spéciales, le PDO, la fiche dans les matchs avec un écart d’un but, la fiche dans les matchs en surtemps et les blessures. Il y a du talent d’impliqué dans tous ces facteurs, mais au cours des dernières années, on  a vu que c’était pratiquement impossible de mener ces catégories de façon décisive et constante. Les équipes qui mènent à ces chapitres ont tendance à retomber sur Terre éventuellement.

C’est ce qui est arrivé au Canadien dans ses 7 derniers matchs et c’est arrivé de façon brutale alors que les 4 facteurs les plus importants ont planté en même temps. Cette régression est certainement une raison majeure qui explique cette mauvaise passe de l’équipe, donc on va aller voir ce qui s’est passé.

La fiche dans les matchs se soldant avec un but d’écart

C’est là que la baisse fait le plus mal. Le 22 novembre, le Canadien avait une fiche de 7-0-1 dans les matchs se décidant par un but. Depuis ce temps-là, l’équipe a maintenu une fiche de 1-3-1 dans cette situation. Cette statistique est importante puisque les matchs se décidant par un but sont ceux qui sont le plus affectés par la chance. Après tout, un mauvais bond peut changer le résultat de la rencontre.

Les joueurs du Canadien ont eu un rappel brutal de cet aspect au cours des derniers matchs. On n’a qu’à penser à la défaite à Buffalo où un bond bizarre sur la baie vitrée a coûté la victoire au Canadien où à celle contre le Wild où le but gagnant de Pominville a été accordé parce qu’il n’y avait pas d’angles concluants pour le refuser. L’autre défaite par un but en temps régulier a été contre les Hawks où Saad a donné la victoire à son équipe à la dernière minute.

Sans ces mauvais bonds, le Tricolore aurait certainement amassé plusieurs points supplémentaires, mais c’est ce qui arrive quand tu gagnes tous tes matchs par un but. Le Canadien a ouvert la porte à la malchance et elle est rentrée avec détermination le 23 novembre.

Les blessures

Montréal est l’équipe la plus en santé depuis le début de la saison et cette chance commence à s’estomper. On l’a vu lorsque Eller s’est blessé alors que Bournival jouait son premier match depuis sa blessure (à Hamilton). Ça s’est empiré le lendemain lorsque Weaver s’est blessé à son tour. L’équipe de Marc Bergevin a une bonne profondeur et elle pourrait résister à une vague de blessures, mais ils n’avaient pas eu à le faire jusqu’à tout récemment et c’est plus facile de gagner quand tu as tous tes joueurs.

Le PDO

Le 22 novembre, l’équipe avait un PDO (l’addition du taux de conversion et du % d’arrêts à 5 contre 5) de 102.1, ce qui les classait au 4e rang de la LNH. Avec Price devant le filet, on pourrait penser que c’est normal, mais ce n’est pas le cas même si le gardien procure un certain avantage à l’équipe de ce côté.

Au cours des 7 derniers matchs, le Canadien a le 3e pire PDO de la LNH à 95,36. Qu’est-ce qui explique cette régression? Le % d’arrêts des gardiens est passé du 9e rang de la LNH au 26e rang (93,27% vs 89,94%). Également, au lieu de marquer sur 8,84% de leurs lancers (7e de la ligue) comme c’était le cas jusqu’au 22 novembre, les gars marquent sur 5,42% de leurs lancers au but (25e dans la LNH).

Ça peut sembler alarmant, mais les données des années précédentes nous montrent que la majorité des équipes connaissent des mauvaises passes à ce niveau au cours d’une saison. Ces données nous montrent également que les chiffres de Montréal jusqu’au 22 novembre ne pouvaient pas se maintenir et que cette régression était inévitable. Le PDO du Canadien devrait revenir à un niveau entre les deux extrêmes que l’on a vu depuis le début de la saison tôt ou tard.

La fiche en surtemps

Parmi les facteurs mentionnés, c’est celui qui a eu le moins d’impact sur la mauvaise séquence du Canadien puisque l’équipe n’a joué qu’un pile ou face (plus communément appelé fusillade). Le Tricolore s’est fait battre par les Sabres dans cette fusillade. Ça ne change pas grand chose à cette séquence, mais le Tricolore avait gagné 5 de ses 6 matchs en surtemps avant la séquence et c’est pratiquement impossible à maintenir.

Qu’est-ce que tout ça veut dire?

Le Canadien n’est pas aussi mauvais que sa fiche dans ses 7 derniers matchs. Toutefois, l’équipe n’est pas aussi bonne que ce que sa fiche indiquait lorsqu’elle était au sommet de la ligue. Ça devrait revenir à la normale sous peu, mais si tu t’attends à ce que l’équipe retourne au sommet de la LNH ou même de la division, tu risques d’être déçu.

C’est intéressant de noter que les chiffres de possession du Canadien sont meilleurs depuis le 22 novembre (50,3% vs 48,4%). Les matchs des Sabres ont quelque chose à voir là-dedans, mais ça montre que la régression était inévitable et que l’équipe ne joue pas si mal que ça dernièrement. Maintenant que tout est arrivé en même temps, on va pouvoir voir le caractère des joueurs et si les chiffres de possession continuent à rester supérieurs à ce qu’on avait vu en début de saison, cette mauvaise séquence pourrait être très bénéfique pour le Canadien.

Données du texte via War-on-Ice et Fenwick Stats