Jacques Martin-Roberto Luongo: même combat?

La semaine dernière, alors que les médias et le public montréalais commençaient à se poser des questions sur l’avenir de Jacques Martin à Montréal, les fans des Canucks en avaient encore contre Roberto Luongo. Le tout a explosé jeudi dernier lorsqu’un éditorial d’un journal à Vancouver a suggéré une transaction Luongo-Lecavalier. Pour bien expliquer la situation, c’est comme si la section éditoriale de La Presse sortait demain matin un article qui suggérerait de congédier Jacques Martin. Mike Gillis, le DG des Canucks, a dû nier cette rumeur en la qualifiant de ridicule. En entrevue à Sportsnet, Gillis a expliqué le problème des fans avec Luongo et j’ai tout de suite fait le lien avec Jacques Martin.

Lors de l’entretien, Gillis a mentionné que Luongo est tellement bon et met la barre à un si haut point avec son jeu habituel que lorsqu’il performe un peu en-dessous des attentes, les fans sont déçus parce qu’ils s’attendent à mieux de sa part. Le lien avec Martin est le suivant. Le coach du CH a fait des petits miracles depuis qu’il est à la barre du tricolore. À sa première année, il a amené son équipe, que plusieurs ne voyaient pas en séries soit dit en passant, en finale de conférence. L’année suivante, donc l’an passé, son équipe en perdu en prolongation en 7 matchs face à l’équipe qui a gagné les grands honneurs. Il a habitué ses partisans à des performances surprenantes de son équipe et il a mis les standards du club assez élevés. D’ailleurs, ces 2 performances ont donné de l’espoir aux fans et aux journalistes qui s’attendaient à une grosse année. On se rappelle encore les papiers de certains journalistes de RDS qui utilisaient souvent le terme “La meilleure équipe depuis 1993”. Et ce n’est pas seulement les employés de Bell qui voyaient un beau futur pour l’équipe de hockey à Montréal, alors qu’un journaliste travaillant pour la NHL, Dave Lozo, les avait choisis pour gagner la Conférence de l’Est. Ce ne sont que des exemples de gens qui voyaient le club aller très loin cette année, malgré, avouons-le, un club qui ne fait pas partie de l’élite de la LNH. Donc, ces attentes élevées de début de saison et les résultats des années précédentes font en sorte que le début de calendrier du CH a l’air encore plus dramatique.

Le lien entre les deux hommes ici, Jacques Martin et Roberto Luongo, est assez évident. Lorsqu’ils performent moins bien, l’équipe au complet dans le cas de Martin, les fans s’impatientent vite à cause des grandes attentes qu’ils ont envers ces deux hommes. De plus, les deux évoluent dans des grands marchés de hockey qui prennent la chose à cœur, Vancouver et Montréal sont les deux dernières places où le hockey a causé des émeutes. Dans les deux cas, les remplaçants sont déjà tous désignés par les partisans et les journalistes. Les fans des Nucks voient Cory Schneider, le gardien substitut, dans leur soupe alors qu’à Montréal on mentionne déjà les noms de Lemaire, Roy et Groulx pour ne nommer que ceux-là.

Pourquoi les Canucks vont et devraient garder Luongo
Mike Gillis a déjà mis au clair qu’il allait garder son gardien partant et qu’il ne comptait pas l’échanger et je crois que c’est la bonne décision. Tout d’abord, Luongo a un historique de lents départs en Octobre. Il se tient toujours dans le 90% pour le pourcentage d’arrêts alors qu’il garde une moyenne de 92% dans sa carrière. De plus, même si certains fans doutent de sa prestation en séries l’an passé, et bien ils ne le font pas à tête réfléchie. L’an passé en série, Luongo est allé chercher 4 blanchissages sur 15 victoires en arrêtant 91,4% des rondelles qui venaient en sa direction, ce qui est loin d’être mauvais. En plus, on a vu aux Olympiques de Vancouver qu’il est capable de bien jouer sous pression, alors qu’il a gagné les 5 matchs auxquels il a pris part. Les dirigeants des Nucks savent donc qu’ils peuvent compter sur un gardien élite dans les gros moments et sur un excellent gardien substitut si jamais Luongo se blesse.

Pourquoi le Canadien devrait garder Jacques Martin

J’en entends déjà m’invectiver simplement pour le fait que je crois que les Habs devraient garder Jacques Martin. La vérité est que le responsable des hautes attentes que les partisans du Canadien ont pu se faire cet été se nomme Jacques Martin. Le fait est qu’il fait des petits miracles depuis qu’il est arrivé avec le club alors que son équipe est dans la conversation pour les équipes les plus dangereuses en début de saison en ayant un alignement qui est très loin de mériter tant d’attentes, mais cette situation sera pour un autre texte. Son système est efficace et ceux qui en doutent sont franchement mal intentionnés. Ce club a réussi à atteindre une finale de conférence en sortant les Caps et les Pingouins grâce à ce système. Il est vrai qu’Halak avait très bien gardé le filet pendant ces séries, mais n’oubliez jamais que rien ne peut bien faire paraitre un gardien comme un système défensif efficace. Les exemples de cela sont nombreux, à commencer par Halak qui n’a jamais retrouvé toute sa magie à St.Louis ou à Scott Clemmensen au New Jersey qui avait connu une année spectaculaire en 2008-2009 en relève de Brodeur qui était blessé cette année-là. Bref, le système de Martin marche très bien depuis le début de son règne à Montréal et un renvoi rapide après quelques difficultés serait une très grosse bourde. Également, lorsqu’on regarde les 5 dernières défaites du club, on se rend compte, que mise à part le match contre les Pingouins, le CH était proche de l’emporter dans tous les matchs. Ils ont perdu en fusillade contre l’Avalanche, sur une rare contre-performance de Carey Price, puis, se sont fait voler par Miller face aux Sabres. Ensuite, le match contre Pittsburgh est à oublier pour le club. Le Canadien a par la suite perdu en prolongation face aux Leafs et hier, Markstrom, un futur grand gardien de la ligue a carrément volé le match contre le Canadien. Il va sans dire que les résultats ne sont pas là et que c’est désastreux en ce moment, mais nous ne sommes qu’en Octobre, et le club ne s’est pas encore fait déclasser cette saison. Le club est près dans tous les matchs, mais ils doivent trouver une façon de gagner. Soit dit en passant, en 2009, la première année de Martin derrière le banc du club, l’équipe a commencé l’année avec une fiche de 2-5 et ont quand même terminé en finale d’association. Certes, la situation est pire présentement, mais c’est simplement un exemple du fait que la saison ne se joue pas en Octobre. La parité de la LNH étant ce qu’elle est, il faut revenir rapidement sur les rails pour revenir dans une course pour une place en séries. Un changement d’entraineur ne provoquerait pas nécessairement cet effet puisque ce club restera ce qu’il est, c’est-à-dire un club de milieu de peloton, basé sur la vitesse et un jeu de transition impeccable. Toutefois, ce club est condamné à toujours rester en milieu de peloton étant donné la situation unique qu’on retrouve à Montréal, mais ce sera aussi pour un autre texte. Tout ce que je peux dire est qu’il est un peu tôt pour s’embarquer dans la course du #Failfornail qui commence à circuler sur Twitter. Pour ceux qui ne le connaissent pas, on parle ici du favori pour sortir premier au prochain repêchage, Nail Yakupov. Je suis persuadé que ce club peut revenir ce qu’il est, c’est-à-dire, un club de 8e place et ensuite causer des surprises en série, sous la barre de Jacques Martin, il faut simplement laisser la chance au coureur. Martin nous a déjà montré qu’il était un entraineur compétent et trouvera une façon de retrouver le chemin de la victoire. Finalement, si le club se met à enchainer 2 ou 3 victoires et se remet à jouer du hockey de qualité, on oubliera rapidement les déboires du début de saison.

Donc, dans les deux cas, les professionnels sont victimes de leurs succès précédents et ont créé des attentes chez leurs partisans et lorsqu’ils ne les remplissent pas la grogne commence chez les partisans et on les veut renvoyer ou échanger.

Même si mon opinion est qu’il faut garder Martin, il est fort possible que ce ne soit pas le cas. On ne connait pas encore le type de Président qu’est Geoff Molson, mais s’il a confiance en son équipe hockey, il les laissera se sortir de ce marasme. S’il ne leur fait pas confiance, et bien les rumeurs de congédiements vont s’amplifier et ce sera la fin de l’ère Gauthier-Martin approchera. Toutefois, les noms de Patrick Roy et Jacques Lemaire me semblent farfelus alors que le premier quittera Québec seulement dans les meilleures conditions possibles et que le deuxième a connu quelques problèmes avec la direction du CH. De plus, si Martin part, Gauthier risque fort de le suivre de près et si on veut attirer un bon DG, il faut lui laisser le choix de choisir son coach. Il faudra voir la patience de Molson dans cette situation puisque leur portefeuille commence à être touché en ne vendant pas tous les billets. Lorsque le portefeuille est touché, c’est là qu’on voit s’il est un président patient ou qui pèse sur le bouton panique rapidement.