Il ne faut pas paniquer avec l’attaque du Canadien

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Après trois matchs, le thème récurrent lorsqu’on parle du Canadien est le manque d’attaque. C’est bien normal puisqu’on parle d’une équipe qui n’a que trois buts en trois matchs et deux d’entre eux sont venus sur le désavantage numérique. C’est en partie ce qui explique pourquoi le Canadien n’a qu’une victoire en fusillade en trois parties depuis le début de la saison.

Même Claude Julien qui a refusé de paniquer en changeant ses trios a mis l’accent sur le fait que les joueurs devaient aller et couper au but en zone offensive, donc il y a clairement des problèmes qui se font sentir au niveau de l’attaque.

Ceci étant dit, comme tu t’en doutes déjà à cause du titre, ce n’est pas quelque chose qui m’inquiète trop. J’ai deux raisons bien simples pour expliquer mon calme et malheureusement, elles ne plairont pas à tout le monde; les pourcentages et la taille de l’échantillon. La deuxième est plus facile parce qu’en tant que fan de hockey, on sait tous que les équipes connaissent des mauvaises passes alors que d’autres explosent, donc on ne peut pas trop tirer de conclusions après quelques matchs.

Par contre, les pourcentages sont pas mal moins populaires. Pourtant, ils sont tout aussi importants si ce n’est pas plus. Il faut comprendre que les meilleurs attaquants de la ligue sont capables d’influencer le pourcentage de conversion des tirs de leur équipe, mais malgré ça, l’écart entre les équipes de la LNH est très mince au cours d’une saison. L’an passé, on ne parlait même pas d’une différence de 3% entre les meilleurs (Capitals à 9,18%) et les pires (Kings à 6,21%) de la ligue à ce niveau.

C’est ce qui fait en sorte que je ris quand je vois des statistiques comme celle ressortie par Justin Bourne de l’Athlétique qui dit que les Blackhawks ont déjà marqué 15 buts de plus que le Canadien même s’ils ont pris 19 tirs de moins depuis le début de l’année. C’est le genre de truc qui revient à la norme et c’est Montréal qui va se gâter pendant que Chicago va trouver le temps long.

Ce n’est pas comme s’il y avait une grosse différence de talent de ce côté puisque les Hawks avaient un avantage de 0,67% à ce chapitre sur Montréal l’an passé. Cette année, Chicago marque sur 21,67% de ses tirs à cinq contre cinq, la meilleure marque de la ligue, tandis que le Canadien est à 1,18%, bon pour le 31e échelon. Montréal est tout juste devancé par Dallas, qui compte notamment sur Benn, Séguin et Radulov, donc ce chiffre ne vaut pas grand chose à ce temps-ci de l’année.

Je t’entends déjà me dire que ce faible pourcentage peut être expliqué par ce que Julien expliquait, soit une équipe qui a peur de couper au centre, mais c’est là que les statistiques avancées peuvent nous aider. Selon le xGF de Corsica Hockey qui calcule le nombre de buts qu’une équipe devrait marquer selon le type et l’emplacement de ses tirs, Montréal aurait dû marquer 2,44 buts par 60 minutes de jeu à cinq contre cinq depuis le début de la saison. À la place, ils en ont marqué 0,43 et c’est ce qui fait passer une attaque qui devrait être 20e à la 31e position.

Je ne dis pas que l’attaque de Montréal est au niveau des Leafs ou des Jets, mais ce n’est pas la pire de la ligue non plus et les rondelles vont finir par rentrer. À ce moment-là, les craintes par rapport à l’attaque vont se transformer en textes sur la renaissance de Plekanec ou l’acquisition incroyable de Jonathan Drouin.

C’est plate à dire, mais c’est probablement de la malchance qui afflige le Canadien présentement et le meilleur exemple est survenu dimanche avec les buts refusés. Si ces buts sont accordés, le discours est différent à Montréal actuellement et on parle probablement d’une équipe qui arrive en confiance pour son premier match local. Encore une fois, on ne parlerait pas d’une machine offensive, mais il y aurait quelques buts de plus au compteur et ça mettrait un baume sur les plaies. Comme ils ont été refusés, c’est plus difficile de rester calme, mais ces chiffres nous disent que ça ne durera pas.