Dossier Gallagher: Marc Bergevin n’avait pas le choix

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Le Canadien a réglé un important dossier mercredi en accordant une prolongation de contrat à Brendan Gallagher.

La veille, les médias rapportaient que les négociations étaient rompues entre le clan Gallagher et le CH. Clairement, les choses ont évolué et lorsqu’un agent fait ce genre de déclaration, c’est généralement pour provoquer les choses. Cette tactique a visiblement porté fruit, pour le bénéfice des deux parties.

Brendan Gallagher voulait s’entendre avec le tricolore. C’est à Montréal qu’il a passé l’ensemble de sa carrière, mais c’est surtout là que sa valeur est la plus élevée.

Un leader à ne pas sous-estimer

De l’autre côté, le Canadien ne pouvait se permettre de perdre les services de Brendan Gallagher. Non seulement a-t-il le talent pour marquer 30 buts pas saison, mais son leadership est incontesté et incontestable au sein du vestiaire du CH. L’apport du numéro 11 est beaucoup plus grand que ses simples statistiques. Il constitue la bougie d’allumage du club, celui qui se sacrifie sans arrêt, se bat devant le filet avec des joueurs qui mesurent plusieurs pouces de plus que lui.

Combien de joueurs comme lui compte le tricolore? La réponse est aucun. Souhaite-t-on en avoir plus? Évidemment. Mais pour le moment, l’équipe en a un seul et si elle veut que d’autres joueurs aient le même niveau d’engagement que Gallagher, il faut récompenser ce style de jeu. Ça veut dire sans doute surpayer un peu un attaquant qui ne pourra probablement pas maintenir le rythme durant toute la durée de son contrat.

Brendan Gallager aura 35 ans lorsque le contrat qu’il a signé hier sera terminé. On peut facilement s’imaginer qu’il ralentira considérablement d’ici là. En attendant, le fougueux attaquant a certainement encore plusieurs bonnes campagnes à offrir au CH.

Le plus important, c’est toutefois le message que cette signature lance à ses coéquipiers. Le tricolore veut être compétitif dès la prochaine saison. Si le dossier Gallagher avait été laissé en suspens, on peut facilement penser que ça aurait affecté la concentration du vétéran et donc de la formation.

Marc Bergevin a payé cher pour améliorer le club en accordant d’imposants contrats à Tyler Toffoli et Josh Anderson. Lorsqu’un directeur général pose ce genre de gestes, c’est qu’il veut gagner tout de suite. Laisser traîner le dossier Gallagher aurait miné les efforts du CH pour bâtir un club gagnant à court terme.

Maintenant, le noyau du Canadien est scellé pour plusieurs saisons. Les nouveaux venus et les vétérans auront maintenant de la stabilité à toutes les positions. En bref, il n’y a aucune excuse pour rater les séries en 2020-2021.

Réputation

En plus d’améliorer la situation à l’interne, la signature de Gallagher contribue à redorer l’image du tricolore.

On dit depuis des années que Montréal n’est pas une destination attrayante pour les joueurs de la LNH. Il y a l’hiver, les taxes, les partisans parfois trop intenses, l’imposante couverture médiatique, etc.

Dans ce contexte, Marc Bergevin doit faire valoir les avantages de venir jouer pour le CH. En récompensant un joueur comme Brendan Gallagher, le Canadien projette l’image d’un club stable qui traite bien ses vétérans et ses leaders.

Est-ce que ça veut dire que les agents libres vont désormais se précipiter à Montréal? Non, mais le tricolore améliore sa réputation et ses chances d’attirer des joueurs intéressants.

Le Canadien est désormais coincé légèrement au-delà du plafond salarial. L’équipe aura certainement des choix déchirants à faire dès l’été prochain. La formation perdra peut-être certains joueurs (comme Tomas Tatar) pour rien, mais on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Sur papier, Montréal a actuellement la meilleure équipe qu’elle a eu depuis un bon moment. Désormais, ça prend des résultats.