C’est dur, dur de couvrir le Canadien

Canadiens
Crédit photo - Capture d'écran Facebook

Jonathan Bernier est l’un des journalistes affectés à la couverture du Canadien.

Mercredi, l’employé du Journal de Montréal s’est vidé le cœur lors de l’émission Les Partants, à TVA Sports. Il a déclaré que lorsqu’il commençait à avoir du plaisir à pratiquer son métier seulement lorsque le Canadien ne fait pas les séries ou lorsque le CH est éliminé.

Il dit que ce n’est qu’à partir de ce moment qu’il se sent libre de faire du journalisme. Le reste du temps, ses collègues et lui doivent supporter la peur qui règne au sein du tricolore. Les joueurs et membres de l’organisation craignent de parler aux médias. Les communications de l’équipe exercent un contrôle excessif du message, des entrevues et discussions entre joueurs et journalistes.

 

Chantal Machabée abonde dans le même sens

Jeudi matin, Chantal Machabée a tenu le même discours lors de sa chronique sur les ondes du 91,9 Sports. La journaliste de RDS avoue que c’est toujours beaucoup plus difficile de parler aux joueurs du Canadien qu’aux autres hockeyeurs de la LNH.

Tout comme Bernier, elle affirme que les Québécois des autres formations sont toujours heureux de parler aux médias du Québec. Elle a notamment raconté qu’au printemps dernier, elle n’avait eu aucune difficulté à discuter une quinzaine de minutes avec David Perron alors que les Blues étaient en séries et qu’ils se préparaient à affronter les Jets.

Même chose pour Marc-André Fleury et Jonathan Marchessault chez les Golden Knights. Lorsque les Penguins affrontent le CH, Chantal Machabée affirme qu’elle réussit sans problème à parler à Kristopher Letang ou même à Sidney Crosby.

 

L’épisode Corey Crawford

La journaliste de RDS a raconté qu’une fois, le responsable des communications des Blackhawks avait refusé qu’elle pose des questions en français au gardien québécois Corey Crawford. Ce dernier est toutefois intervenu et a insisté pour accorder une entrevue en français. Il a expliqué au relationniste des Hawks que lorsqu’il parlait à une journaliste du Québec, ça lui permettait de s’adresser directement à sa famille et ses amis qui vivent là-bas.

Selon Chantal Machabée, c’est le sentiment qui habite la plupart des joueurs québécois de la LNH. Ceux-ci comprennent l’importance de parler aux médias du Québec afin de transmettre de l’information à leurs proches et leurs fans québécois.

 

L’après-Bob Gainey

Tout comme Réjean Tremblay, du Journal de Montréal, Chantal Machabée estime que l’omertà qui règne au sein du CH s’est amorcé sous le règne de Bob Gainey. Ce dernier a tranquillement réduit le nombre de joueurs francophones dans le vestiaire, puis a commencé à éloigner du vestiaire les ex-joueurs du tricolore.

Cette tendance s’est accentuée avec les années pour en arriver à la situation actuelle où les joueurs sont tenus dans un climat de peur. Ils n’osent plus livrer leur état d’âme aux journalistes, privant ainsi les partisans d’un lien solide et profond avec leurs joueurs préférés.