Chroniqueur du jeudi vendredi, Rémi Villemure viens déposer son opinion, sa vision ou son analyse d’un sujet qui l’a touché dans l’actualité sportive.
Dans une famille, le plus difficile est souvent d’installer une discipline. Plus particulièrement quand on a affaire à des enfants. Si l’aîné de la famille agace la plus jeune, il faut le punir et ça reste la meilleure façon de lui faire comprendre que c’est mal et qu’il n’a pas intérêt à recommencer. C’est un peu la même chose dans le sport. Quand un joueur met en échec un gardien de but dans une course pour la rondelle et que le joueur en question ne manifeste clairement aucune intention d’éviter le gardien, la seule solution est une punition ou comme on le dit dans le langage hockey, une suspension.
Si vous ne me voyez pas venir, lâchez un peu Occupation Double…Le préfet de discipline de la LNH Brendan Shanahan avait la « difficile » tâche de juger si oui ou non, Milan Lucic méritait une suspension pour son coup porté à l’endroit de Ryan Miller. Shanahan a encore une fois semé la controverse en décidant de ne pas être régulier dans sa « nouvelle politique ». Il a blanchi le gros ailier des Bruins de Boston.
Je commence à me questionner sur les véritables intentions de monsieur Shanahan. A-t-il vraiment l’intention de changer le visage de la ligue? Ce n’est certainement pas en banalisant un tel geste qu’il le démontre en tout cas.
Il y a plusieurs choses qui m’ont énervé dans cette décision. Tout d’abord, il y a la décision en tant que telle. Aucune suspension pour avoir clairement tenté de blesser un gardien de but, c’est absurde, à mon sens. Si la mise en échec avait été distribuée à un défenseur des Sabres, on n’en aurait pas parlé et avec raison. Un gardien, en raison du poids et de la grosseur de son équipement, est beaucoup plus vulnérable dans une telle situation. Quand Miller a vu arriver les 220 livres de muscle vers lui, même avec de la bonne volonté il n’aurait pas pu les éviter. Un gardien de but ne peut pas décider de bouger à droite ou de bouger à gauche aussi facilement qu’il le souhaite. Il a tout de même une vingtaine de kg de plus sur le corps. Parions que Lucic le savait très bien.
La décision m’a déplu, mais ce sont les explications qui m’ont encore plus choqué. Je cite Brendan Shanahan, préfet de discipline de la ligue nationale de hockey :
« J’avais certaines questions concernant ses intentions et je voulais entendre les réponses directement de Lucic, a dit-il. Je voulais savoir à quel moment il savait qu’il y aurait une collision, et s’il avait l’impression qu’il aurait eu le temps de l’éviter. Ses réponses m’ont satisfait. »
Bon, on va mettre quelque chose, qui m’apparait pourtant très simple, au clair. En demandant la version des faits de Milan Lucic, à quoi Brendan Shanahan s’attendait-il? À des excuses? Non, je sais : à des remords? Voyons donc! Lucic est l’un des joueurs les plus importants chez les Bruins de Boston, il est clair qu’il avait uniquement comme intention de se défendre et dans le contexte, de bullshitter Brendan Shanahan. Je ne dis pas que le préfet de discipline ne devrait pas s’entretenir avec les joueurs dans de pareilles situations, mais il me semble que s’il prend l’initiative d’interroger « l’agresseur », il devrait avoir la décence d’en faire de même avec la « victime ». À ce que je sache, deux joueurs ont été impliqués dans cette histoire-là.
Lucic a sûrement confié à Shanahan qu’il n’avait pas vu venir la collision et qu’il n’aurait pas eu le temps de l’éviter, pourtant, le commun des mortels (qu’il soit montréalais ou bostonien d’ailleurs) a pu remarquer que la peste des Bruins n’a jamais changé sa trajectoire ou simplement essayé d’éviter Miller. Il a même fait complètement l’inverse en présentant son avant-bras à la hauteur du casque de Miller. Come on. Ça prend quoi de plus? Une blessure? Pourtant c’est ce qui est arrivé.
Je ne crois pas que Shanahan devrait se laisser influencer par les conséquences des gestes qu’il étudie. Ce n’est pas objectif, mais il a, un peu plus tôt, cette année justifier une suspension par le fait qu’il y avait eu blessure sur le jeu. Je ne suis pas d’accord avec cette façon de faire, mais il reste que la fonction principale d’un préfet de discipline, c’est d’être constant. Il ne peut pas pénaliser un jour un geste sous prétexte d’une blessure et l’autre jour, mentionner ceci :
« C’est dommage que Miller soit blessé, mais je ne vois rien dans ce geste qui mériterait une suspension »
Ça frôle la contradiction.
Peter Chiarelli et l’art de parler quand ce n’est tellement pas nécessaire
Le DG des Bruins de Boston est un bon élève. Il a bien appris de son président, Cam Neely. Voici la réaction de Peter Chiarelli à l’annonce de la décision de Brendan Shanahan :
« Nous sommes satisfaits de la décision rendue par la LNH et nous respectons le processus qui a été suivi pour arriver à cette conclusion, a déclaré le directeur général des Bruins, dans un communiqué. Je suis également fier de l’attitude de Milan, qui a choisi de ne pas s’engager dans une guerre de mots après les commentaires malheureux faits à son endroit après le match dont il est question. »
Y-a-t-il quelqu’un qui pourrait passer le message à Peter Chiarelli selon lequel il n’est pas obligé de parler? Il peut parler, on ne lui demande pas d’être muet comme Pierre Gauthier, mais quand on parle pour ne rien dire, ça donne de tels résultats. Il est fier de l’attitude son joueur qui a choisi de ne pas s’engager dans une guerre de mots. Vrai, mais Chiarelli qui a l’habitude d’assister à tous les matchs de son équipe à domicile a-t-il vu les images de son joueur durant le trajet vers le banc des pénalités? Gros sourire, l’air pédant, et de ne pas savoir pourquoi un zébré le prend par le bras… Évidemment, ça fait partie de la culture des Bruins de Boston que de frapper – souvent dans l’illégalité – et de sourire de loin, l’air d’avoir fait quelque chose de super bien…
Une autre chose, Chiarelli devrait s’abstenir de commenter les guerres de mots, car son équipe aligne tout de même une bonne bande de « trash talkers ». Personne n’a à recevoir ne serait-ce qu’une leçon de la part de cet homme-là, à ce niveau. Le seul point positif de cette histoire-là, c’est que « l’objectif et neutre » commentateur de NESN, Jack Edwards, n’a pas profiter de cette situation pour nous démontrer encore une fois qu’il n’a pas sa place derrière un micro de télé. Y a toujours du positif!
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Photo: Ultrawig