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Martin Brodeur est un grand gardien de but, il faudrait tout un argument pour me prouver le contraire. Les statistiques le démontrent (769 victoires en 1396 départs, une impressionnante moyenne de 2,23 buts accordés en saison régulière, 143 jeux blancs – un blanchissage à toutes les cinq victoires de son équipe), mais il y a plus que cela.

Les Devils ont remporté plusieurs coupes Stanley, mais Brodeur a joué un important rôle dans chacun des championnats acquis. Est-ce même vrai de prétendre que sans Brodeur, les Devils n’auraient peut-être jamais remporté la coupe?

En 1994-95, les Devils remportent le championnat en défaisant les Red Wings de Détroit en quatre parties ; Brodeur n’alloue que sept buts. En En 1999-00, New Jersey l’emporte en six rencontres face aux Stars ; Brodeur n’alloue que neuf buts. À noter que durant les matchs 5 et 6, Brodeur est d’office pour onze périodes de jeu (5 périodes de prolongation plus 6 périodes de jeu réglementaires). En 2002-03, on se rappelle du brio du Montréalais. Il effectue trois jeux blancs en sept rencontres.

C’est un grand gardien et il mérite de se retirer dans de grandes circonstances. Me voyez-vous venir? Il vient de célébrer son 40e anniversaire de naissance, il devra choisir cet été s’il revient dans la LNH, puisqu’il signe depuis quelques années des contrats d’une seule saison. S’il veut revenir, c’est évident que Lou Lamoriello et les Devils en seront ravis. Par contre, a-t-il intérêt à jouer une 18e saison? Bien sûr que financièrement, six millions de dollars ne peuvent pas faire mal au compte de banque de Martin Brodeur, mais à 40 ans, parions que ce n’est plus un facteur.

Martin Brodeur est très bien entouré – notamment par son père Denis – et ce qu’on lui dira dans les prochaines semaines, c’est qu’il a intérêt à se retirer dans des circonstances glorieuses. Ce que ça signifie? Si Brodeur n’est pas convaincu qu’il aura une autre chance un jour de remporter une quatrième coupe Stanley ou d’atteindre à nouveau la série finale, il devrait accrocher ses jambières.

Ce qui est cruel dans le sport, c’est qu’on se souvienne souvent des athlètes pour ce qu’ils ont accompli à la fin de leur parcours. Parlez-en à Nicklas Lidstrom. À 42, il savait pertinemment que les Red Wings n’étaient plus maîtres absolus dans l’Ouest. Il a donc décidé de se retirer pensant probablement qu’il n’aurait plus la chance de remporter la coupe Stanley.

Brodeur mérite qu’on se souvienne de lui pour les bonnes raisons et avec ce qu’il a accompli avec les Devils en séries cette saison, je n’imaginerais pas de meilleures circonstances possibles pour une retraite.

*Photo: Ultrawig