Le talent caché de Mike Weaver

Mike Weaver

Les chiffres de ce texte proviennent du livre Hockey Abstract 2014 de Rob Vollman. C’est le livre parfait pour en apprendre plus (ou pour apprendre à aimer) les statistiques avancées du hockey.

Mike Weaver

Mike Weaver est l’exemple parfait d’un défenseur qui joue dans l’ombre. Le joueur de petit gabarit est un gars de 3e paire qui joue surtout sur le désavantage numérique. Quand il est arrivé à Montréal, la majorité des fans ne le connaissaient pas et un journaliste pensait même qu’il était un centre.

Tout de même, le défenseur a fait un travail honnête pour le Canadien et cette prestation lui a même valu un contrat d’un an qui le paiera 1,75 M$. Tout comme Weaver, cette signature n’a pas fait couler trop d’encre même si elle est excellente pour le Canadien. Malgré ça, Weaver est un joueur très important pour le tricolore.

Il est excellent dans sa zone et pendant le désavantage numérique, mais il a également un talent caché qui aide grandement le Canadien; c’est un des meilleurs défenseurs pour attirer et éviter les punitions.

En effet, dans les 3 dernières saisons, Weaver a été le 3e meilleur défenseur de la ligue au niveau du différentiel de punitions (Punitions prises contre lui – Punitions prises). À l’aide d’un calcul qui a permis de mettre en contexte l’utilisation des joueurs de la ligue, l’analyste Rob Vollman a trouvé que Weaver a un différentiel de 12,9 punitions supérieures à la moyenne de la LNH pendant une saison de 82 matchs.

Cela place Weaver en 3e position au niveau des défenseurs. Encore mieux, il est le meilleur au niveau des défenseurs défensifs alors que les deux seuls qui le dépassent sont Brian Campbell et Jared Spurgeon. Weaver est tout juste devant Marc-Édouard Vlasic.

Comment est-ce qu’il a réussi ça?

C’est un peu bizarre de voir Weaver dans l’élite de la ligue, mais quand on plonge dans les chiffres, on comprend pourquoi. Comme on le sait, il est surtout utilisé en tant que défenseur défensif, donc il joue seulement à 5 contre 5 et à 4 contre 5. Or, ce sont les deux situations où les défenseurs de la LNH prennent le plus de punitions.

Weaver

Malgré les conditions qui font en sorte que le défenseur du Canadien devrait avoir un différentiel amplement négatif, Weaver a forcé l’adversaire à prendre 32 punitions et n’en a pris que 19 pendant les 3 saisons étudiées.

C’est donc dire que le talent de Weaver n’est pas nécessairement d’attirer des punitions, mais bien de ne pas en prendre autant que ses collègues dans certaines situations. Bien évidemment, le fait qu’il réussisse à forcer les adversaires à commettre des actes illégaux de temps en temps l’aide également à ce niveau.

C’est beau être discipliné, mais qu’est-ce que ça vaut?

C’est là que ça devient intéressant pour le Canadien. Au hockey, il y a une règle qui estime que chaque 3 buts supplémentaires rapportent un point de plus au classement et devraient coûter un million sur le plafond salarial. Au cours des dernières années, avec la baisse de l’attaque dans la ligue, ce chiffre est maintenant en bas de 2,8 buts.

Pourquoi est-ce que je mentionne ça? Parce que les 12,9 punitions que Weaver ne prend pas pendant une saison font en sorte que le tricolore évite d’encaisser un peu plus de 2,3 buts supplémentaires (si l’on se fie à la moyenne de la ligue sur l’avantage numérique). C’est donc dire que si l’on se fie à la règle du 2,8-1-1, la discipline de Weaver vaudrait autour de 821 000$ sur le plafond salarial.

Bien évidemment, ce n’est qu’une estimation et ce n’est pas parce que Weaver fait ça depuis 3 ans, qu’il va faire exactement la même chose en 2014-2015. Toutefois, il y a certainement une valeur à la discipline du défenseur et c’est une bonne nouvelle pour le Canadien qui compte sur 2 autres défenseurs (Subban et Emelin) qui sont parmi les 5 meilleurs de la ligue pour attirer des punitions. Malheureusement pour ces deux-là, les punitions qu’ils prennent font en sorte que leur différentiel est loin de celui de Weaver.