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Quand Geoff Molson et Serge Savard promettent que le prochain directeur général du Canadien sera bilingue, je me demande bien s’ils le font par principe ou parce qu’ils savent qu’ils vont essuyer d’innombrables critiques en engageant le meilleur candidat disponible, mais qu’il est unilingue.

On s’entend que l’important dans tout cela, c’est qu’à la fin, le DG soit bilingue, mais je pose quand même la question : Savard et Molson sont-ils d’honnêtes défenseurs du fait français ou ils n’ont tout simplement pas envie de se faire critiquer? Poser la question est y répondre.

Si Geoff Molson a laissé Pierre Gauthier remplacer Jacques Martin par un entraîneur-chef unilingue anglophone, c’est qu’à la base, l’idée ne le dérangeait pas. Quand il a constaté tout le brouhaha que cette embauche a créé, il a réalisé que de tels gestes ne se faisaient pas au Québec. Maintenant que tout ça est derrière lui, en tant qu’homme d’affaires compétent, il ne commettra pas deux fois la même erreur. Mais c’est triste qu’il n’y ait pas pensé plus tôt. C’est triste de constater que Geoff Molson n’a pas pensé aux francophones dès la première décision d’importance qu’il a eu à prendre cette saison.

Je suis tanné d’entendre les gens dire : « Molson est un Québécois, il a grandi à Montréal. » Tout cela est vrai, mais si Geoff Molson était véritablement un Québécois, il saurait qu’au Québec, près de 80% des gens ont comme langue maternelle le français. Il saurait aussi que le français est la seule langue officielle au Québec. Dans cette optique, il aurait dû imposer son droit de véto quand Gauthier est arrivé avec cette proposition.

N’allez pas me dire que Randy Cunneyworth était alors le seul candidat disponible s’il vous plaît. Combien d’équipes remplacent un entraîneur licencié par l’entraîneur de leur filiale dans la Ligue américaine chaque saison dans la LNH? C’est une tendance remarquée depuis bon nombre d’années. Le hasard fait bien les choses : l’entraîneur-chef des Bulldogs de Hamilton est Clément Jodoin. Molson aurait dû pencher de ce côté-là.

Ce qui m’énerve dans toute cette histoire-là, c’est que le prochain DG et le prochain entraîneur seront bilingues non pas parce que Molson considère le fait français comme important, mais plutôt parce que nous avons suffisament chiâlés pour qu’il le fasse. Il paraît que le Québécois francophone obtient toujours ce qu’il veut en criant et en se plaignant Ce n’est pas une réputation que j’accepte de me faire coller. Quand comprendront-ils que nous ne chiâlons pas? Nous survivons.