andrei markov

Cette semaine, Andrei Markov a donné une belle leçon aux journalistes affectés aux activités du Canadien et plus particulièrement aux jeunes qui apprennent leur métier sur le tas – c’est le moins qu’on puisse dire. Après s’être fait demander de commenter le développement de P.K Subban, le défenseur russe a tout simplement exigé qu’on passe à la question suivante. La journaliste a immédiatement répliqué  en lui demandant de confirmer qu’il ne voulait pas parler de P.K Subban. Markov ne voulait véritablement pas en parler.

Certains y ont vu la preuve d’une tension entre les deux joueurs. D’autres ont tout simplement voulu rappeler que Next question est une réponse habituelle de Markov. Pourtant, si celui qui est revenu au jeu il y a quelques semaines n’a pas voulu parler de Subban, ce n’est pas à cause de tout ça.

Serait-ce possible que Markov n’accepte tout simplement pas pourquoi on lui pose de telles questions? Serait-ce possible qu’il ait raison après tout? Est-ce pertinent de poser des questions de ce genre à un joueur comme lui?

Markov ne parle pas beaucoup, il n’a pas joué de la saison ou presque, il ne s’est pas entraîné souvent avec ses coéquipiers cette année. Bref, il est le moins bien placé pour évaluer le développement de P.K Subban. Cette question-là était inutile dans les circonstances. C’est comme si la journaliste l’avait posée juste pour pouvoir dire à son patron qu’elle avait posé une question. À quoi s’attendait-elle? Next question était la seule possibilité.

Il y a certains joueurs qui manquent de respect envers les journalistes – Tomas Kaberle, par exemple, qui est allé dire à Chantal Machabée qu’il avait été blessé après qu’elle lui ait demandé de justifier son absence. Andrei Markov en a surement marre de se faire demander de commenter des sujets qu’il ne maîtrise pas. Ce n’est pas à lui de commenter le développement de P.K Subban et sa réponse n’aurait pu être meilleure.

J’ai beaucoup de respect pour le métier de journaliste sportif, mais j’ai de plus en plus l’impression que les questions se répètent, ne volent pas haut en pertinence et sont parfois posées pour la simple forme. Comme l’a dit Jacques Martin à Tout le Monde en Parle dimanche dernier : « Si les journalistes posaient des questions plus créatives, peut-être que nos réponses seraient plus intéressantes ». Pour une fois, il a bien parlé et avait raison. Que le message se rende jusqu’à nos élites journalistiques.

*Photo: Ultrawig