Comme nous sommes dans la saison creuse en matière d’information hockey, pourquoi pas un petit exercice de linguistique en quelques parties.

L’être humain est un animal qui communique, mais surtout qui utilise un certain niveau d’abstraction pour pouvoir représenter des choses pour les faire comprendre à un interlocuteur. Un peuple militaire utilise des termes martiaux afin d’expliquer des choses, des peuples religieux utilisent des termes religieux, ne faites que penser aux sacres québécois ou aux métaphores religieuses que l’on trouve dans notre langage courant, mais souvent, le sport est une manière assez facile d’expliquer des choses… Ici nous sommes des fans de hockey et dans notre langage, il y a beaucoup d’expressions de hockey qui peuvent servir à expliquer des choses. On peu même utiliser des noms de joueurs afin d’expliquer des attitudes comportementales de certains individus…

Je vous propose donc un glossaire de noms de joueurs de hockey que l’on peut utiliser. Nous appellerons ça des « joueurs-métaphores ». L’exercice est assez facile, vous allez comprendre en lisant. Je remercie d’ailleurs les lecteurs de mon blogue La Vie Est Une Puck pour l’aide! N’hésitez pas également à contribuer…

Voici les 7 premiers, vous comprendrez que l’ordre est un peu chaotique :

1- Wayne Gretzky – À tout seigneur, tout honneur. Wayne Gretzky est, statistiquement du moins, le plus grand joueur de tous les temps. De là l’expression « être le Wayne Gretzky de… » qui veut dire que la personne qui est le Wayne Gretzky de cette discipline est incontestablement le meilleur dans sa discipline. À noter par contre qu’on peut utiliser des alternatives comme « Être le Sidney Crosby » pour ceux qui n’ont jamais vu le numéro 99 évoluer dans l’uniforme des Oilers, « Être le Gordie Howe » si vous êtes nés avant 1955 ou encore « Être un Mario Lemieux ». Quoi que la référence à Sidney Crosby peut être utilisée pour définir le meilleur dans le moment présent dans une discipline. Mais reste que « Être le Wayne Gretzky » signifie être le meilleur dans une chose…

2- Brian Savage – Brian Savage sera toujours reconnu comme ayant été un joueur qui était bon en début de la saison, mais qui ralentissait en fin de saison. Alors « faire un Brian Savage de soi-même » signifie entreprendre quelque chose en grandes pompes pour ralentir la cadence par la suite au point de presque abandonner. Un de mes lecteurs me parlait du fait qu’il était le Brian Savage du ménage : je commence fort mais je toff pas le rythme pis je fini sur le divan juste avant que la visite arrive quand c`est le temps de clancher…

3 – Steve Bégin : On a tous aimé l’ancien numéro 22 du Canadien et pour cause, il était un joueur au talent limité mais qui se donnait corps et âme pour l’équipe. Donc, « Être un Steve Bégin » ça veut dire qu’on a un coeur gros comme le Soleil. Le problème avec le joueur-métaphore Steve Bégin, c’est que bien qu’on sous-tend que vous avec beaucoup de courage et de volonté, on laisse entrevoir que vous avez un talent limité dans cette discipline où vous êtes un Steve Bégin… Mais vous avez de la volonté, c’est déjà ça…

4 – Alexandre Daigle – Pauvre Alexandre Daigle. Je crois que même quand il restera 4 humains sur la terre, on utilisera son nom à titre de joueur-métaphore pour décrire a priori un espoir raté. Mais en plus, « être un Alexandre Daigle » signifie que, malgré vos talents exemplaires, vous n’avez pas le profil du métier ou que vous n’avez pas le feu sacré pour l’emploi, l’anti-Steve Bégin, ce qui est pire qu’être une déception… Bref, que vous n’êtes pas à votre place. Remarqué que les gens de plus de 40 ans peuvent utiliser le joueur-métaphore différent, le Doug Wickenheiser… Donc si on vous dit que vous êtes le Alexandre Daigle du bureau, je crois que les patrons ne sont pas aussi enthousiastes à propos de vous qu’ils l’étaient lors de votre embauche…

5 – Martin St-Louis – Être un Martin St-Louis, c’est être la personne à qui on a souvent dit qu’il n’avait pas le profil de l’emploi mais qui, à bout de persévérance et de courage, s’est glissé parmi les meilleurs de sa profession, donc qui a su faire mentir les spécialistes. Remarquez qu’on peut également parler de David Desharnais maintenant, mais Martin St-Louis a fait ses preuves… On peut également utiliser le terme Martin St-Louis ou David Desharnais pour illustrer l’expression « Dans les petits pots les meilleurs onguents », mais selon moi résumer le nom de ces joueurs à leur taille est faire fi du fait qu’ils ont travaillé fort pour atteindre les sommets en dépit des pronostics…

6 - Lyle Odelein - Lors d’un match de février 1994 contre les défunts Whalers d’Hartford, le célèbre numéro 24 du Canadien égala un record d’équipe pour les défenseurs du grand Doug Harvey avec 5 passes dans un match. Ce joueur connu pour être un défenseur robuste joua, l’histoire d’une soirée, au défenseur offensif. Donc, « Faire un Lyle Odelein de soi-même« , ça veut dire, le temps d’un moment, non seulement agir différemment, mais y être excellent. Ça signifie du même coup que vous êtes pas mal ordinaire la plupart du temps quand vous êtes à votre naturel…

7 – Jim Carey – Rappelez-vous de la saison 1995-96, c’était l’année de Jim Carey. Ce gardien au nom similaire à un acteur qui était au zénith de sa carrière fut lui aussi au sommet de sa carrière. Malheureusement, Jim Carey au début de sa carrière dans la NHL. Rappelez également que Jim Carey fut impliqué par la suite dans un échange avec les Bruins de Boston dnas l’échange qui amena Adam Oates à Washington où il tomba vite dans l’oubli. Donc, « Être un Jim Carey« , ça veut dire qu’on a été le meilleur dans sa discipline le temps d’un moment et que l’organisation dont vous êtes associé à a utilisé vos succès pour augmenter son profil à vos dépends… Autrement, vous êtes un Steve Mason…

Il y aurait probablement quelque chose aussi à développer avec le fait d’avoir un homonyme plus connu qui agit dans un autre domaine qui vous mets de l’ombre. On peut également parler du fait que votre organisation a eu à choisir entre vous et un autre et a choisi l’autre qui est devenu le bon gardien… Mais je vais m’en tenir au statut de one hit wonder sur lequel on capitalise pour qualifier Jim Carey.

Vous pouvez m’en recommander d’autres joueur-métaphore en me faisant vos recommandations sur Twitter @PuckTaVie